« Aucune des décisions » prises pour répondre à la crise lycéenne « n’est une promesse en l’air », a assuré le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 26 octobre, après une réunion à Matignon entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et les organisations lycéennes et étudiantes. À l’issue de ces échanges, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour répondre à leurs revendications.
Parmi les principales annonces figure une refonte de Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, pour la campagne 2027, avant son remplacement prévu en 2028, ainsi que des moyens supplémentaires pour réduire les effectifs par classe et renforcer les remplacements d’enseignants. Pour accompagner le plafonnement des classes de seconde générale et technologique à 28 élèves, prévu à la rentrée 2027 dans les 50 % de lycées les moins favorisés, puis généralisé en 2028, le gouvernement prévoit la création de 500 postes supplémentaires dans le cadre du budget 2027. Il annonce également l’annulation des 836 suppressions de postes initialement prévues dans le second degré public l’an prochain. Enfin, plus de 1 200 créations de postes d’enseignants doivent être proposées au budget pour accompagner l’ouverture de 10 000 places supplémentaires en BTS à la rentrée 2027, selon le communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur.
Édouard Geffray a également défendu son engagement au gouvernement, lundi soir au journal de 20 heures de France 2. Interrogé sur une éventuelle démission, il a reconnu y avoir pensé, tout en affirmant : « Que je sois honoré de continuer à servir l’intérêt général, la réponse est oui. »
Des annonces jugées insuffisantes
Ces engagements n’ont toutefois pas convaincu l’ensemble des organisations mobilisées. Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat dans le second degré, les mesures annoncées restent insuffisantes.
À ce stade, les revendications qui sont portées par la jeunesse et qu’on soutient en grande partie ne sont pas satisfaites, a-t-elle estimé auprès de l’AFP.
Même constat du côté de La France insoumise : « Il faut arrêter de se moquer » de la jeunesse, « il n’y a rien dans les annonces du gouvernement », a réagi Clémence Guetté sur franceinfo. Elle dénonce notamment une réforme de Parcoursup qui se limiterait, selon elle, à « un changement de nom ».
L’avenir de la plateforme doit d’ailleurs être au cœur des discussions parlementaires. Un débat sans vote est prévu ce mercredi 28 octobre à 17 heures à l’Assemblée nationale.
Le gouvernement appelle à la reprise des cours
Face à une contestation qui dure depuis plus d’un mois, l’exécutif entend désormais obtenir la reprise des cours tout en maintenant le dialogue avec les organisations représentatives. Ce mardi 27 octobre, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a appelé, dans l’émission Les 4 Vérités sur France 2, à la reprise du travail lundi 2 novembre.
On a effectivement un droit à manifester, un droit à ne pas être d’accord (…) mais le droit au blocage n’existe pas (…) et je pense qu’il y a un droit à étudier, a-t-il déclaré.
Pour l’heure, les appels à la mobilisation se poursuivent. L’intersyndicale jeunesse, qui rassemble notamment la Fage, l’Union étudiante, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne (USL), a appelé à poursuivre le mouvement. Les organisations Les Lycéens ! et Renouveau lycéen souhaitent également maintenir la mobilisation. Une nouvelle journée de manifestations est annoncée pour ce samedi 31 octobre.




