Triple championne olympique et figure incontournable de l’athlétisme français, Marie-José Pérec poursuit son engagement bien au-delà des pistes. Pour TIME France, elle dévoile son regard sur le sport, l’écologie, ainsi que l’héritage laissé par les Jeux de Paris 2024.

Triple championne olympique, figure légendaire de l’athlétisme français et dernière porteuse de la flamme olympique lors de Paris 2024, Marie-José Pérec poursuit aujourd’hui son engagement loin des pistes. Ambassadrice et actionnaire de Circle Sportswear, l’ancienne sprinteuse défend une pratique du sport plus responsable et plus durable, à l’heure où les enjeux environnementaux s’imposent dans toutes les disciplines.
Pour TIME France, Marie-José Pérec revient sur son nouveau rôle, la popularité croissante de la course à pied, son regard sur les jeunes générations et les habitudes de consommation. Entre souvenirs olympiques, engagement écologique et vie de famille, l’ancienne athlète livre une parole rare, et tournée vers l’avenir.

Vous êtes triple championne olympique, double championne du monde et triple championne d’Europe, dernière porteuse de la flamme olympique lors de Paris 2024… Aujourd’hui, vous êtes aussi ambassadrice de Circle Sportswear. Comment est né ce projet ?

En tant que coureuse, j’étais déjà accompagnée par d’autres marques et j’ai fini par rencontrer les gens de Circle. Tout de suite, je me suis dit que je pouvais avoir un impact positif en faisant quelque chose de bien, où non seulement je vais me faire du bien parce que je fais du sport, mais aussi parce que je vais utiliser un produit qui a un impact positif sur la planète. Aujourd’hui, à l’école, on demande à tous les gamins de faire des efforts sur l’environnement, sur leur consommation quotidienne… Les enfants sont vraiment entraînés à tout ça et viennent demander à leurs parents : « mais qu’est-ce que vous faites vous aussi pour la planète ? ». Quand on ne fait pas ce qu’il faut, les enfants nous tapent sur les doigts. Notre génération n’a pas grandi avec tout ça, mais nous sommes obligés d’enclencher le pas. Les jeunes se demandent ce qu’il va se passer demain, et je pense que si chacun d’entre nous fait des petits efforts, ça devient des habitudes.

Parle-t-on assez de l’environnement dans le sport ?
Je trouve qu’on en parle beaucoup. Les organisations d’évènements sportifs cherchent à s’améliorer, comme le marathon de Paris, qui a interdit les bouteilles de plastique cette année. Désormais, le coureur qui va faire ses 40 bornes doit se débrouiller pour s’hydrater. Je trouve que c’est super. Ça permet aux gens de réfléchir à une autre manière de faire les choses... À partir du moment où on t’explique et qu’on voit ce qui se passe dans le monde, on se dit qu’il faut agir d’une manière ou d’une autre. On doit aller vers ce qui est vertueux.

“Comme dans le sport, en étant actionnaire, on n’est jamais sûr de rien. On prend des risques. Je pense que les sportifs de haut niveau sont habitués à cette manière d’être, de vivre et d’avancer”

En plus d’être ambassadrice, vous êtes également actionnaire. Ressent-on autant l’adrénaline que sur la piste dans un tel rôle ?
Comme dans le sport, en étant actionnaire, on n’est jamais sûr de rien. On prend des risques. Je pense que les sportifs de haut niveau sont habitués à cette manière d’être, de vivre et d’avancer. Avoir cette démarche-là fait partie de mon ADN.
Quand j’y crois, j’y vais. Je ne me pose pas plus de questions que ça parce que j’ai cette habitude d’avancer. 

“Nous sommes ravis quand on voit des gens courir, nager (…) parce qu’on sait que c’est le meilleur médicament”

Le marathon de Paris a rassemblé un peu moins de 60 000 participants cette année. Les coureurs sont toujours plus nombreux et suivent une tendance plus globale : la course à pied est de plus en plus populaire. Que représente pour vous cette pratique sportive : le dépassement de soi ? L’apaisement ?
Courir ne représente pas la même chose pour tout le monde, mais moi, quand je regarde les gens qui pratiquent cette activité, je me dis que ce sont des gens qui se font du bien et font du bien à la Sécurité sociale. Il y a beaucoup de jeunes aujourd’hui qui sont obèses parce qu’ils mangent de moins en moins bien et je pense que c’est une activité qui fait du bien à la population.
Les gamins d’aujourd’hui auront des problèmes cardiovasculaires quand ils atteindront les 25-30 ans. C’est hallucinant. Selon une étude qui a fait des tests sur 181 pays, les enfants d’aujourd’hui perdent une minute en courant sur 800 mètres par rapport à avant. Mais une minute, c’est très long ! Le résultat est affolant et veut dire que les gens bougent beaucoup moins. Nous, sportifs de haut niveau, sommes ravis quand on voit des gens courir, nager ou faire tout ce qu’ils ont envie de faire, parce qu’on sait que c’est le meilleur médicament. Il y a quelques années, je regardais cette activité comme un moyen de battre tous les records du monde, mais j’ai une autre vision de ce que c’est aujourd’hui. Peut-être parce que je vieillis.

Il y a 1 an tout pile sortait votre autobiographie, Ma Vie Olympique. Comment vous sentez-vous depuis ce livre, vous qui livriez très peu d’interviews et d’éléments sur votre vie privée ?
J’ai eu beaucoup de retours positifs et les gens ont vraiment adoré. Moi, je n’aimais pas me raconter : je faisais mes courses, je rentrais chez moi et je trouvais ça très bien comme ça. Mais les gens ont donné des retours très positifs, et ça pousse à plus parler. Ça a agi comme une petite thérapie, quand même !

Si vous deviez retenir un moment fort de votre carrière ?
L’allumage de la vasque à Paris. Franchement, vous imaginez : on vous choisit pour allumer la vasque olympique des Jeux de chez vous ? Si on m’avait dit « tu rends tes trois médailles d’or et t’allumes la vasque », j’aurais dit oui. Je n’y repense pas souvent parce que je ne vis pas dans le passé, mais quand j’en parle, ça me fait vraiment du bien. C’était une « dinguerie » !

Votre journée classique se compose de… ?
J’ai une vie de maman tout d’abord, avec un ado qui a 16 ans. J’ai également une vie de femme, puisque j’ai un mari. Ensuite, je fais beaucoup de choses parce que je suis engagée dans plein de projets. Je suis engagée dans les Étoiles du sport, la Fédération Française d’Athlétisme, Peace & Sport, Circle, Wings For Life… Après, j’interviens en entreprise. Je suis aussi ambassadrice de la région d’Île-de-France. Je fais tellement de trucs que je ne sais même plus… J’ai des journées qui sont harassantes.

Quels projets vous animent aujourd’hui ?
J’ai pas mal de projets ! Il y a des choses que je ne peux pas dire : on en saura plus dans quelques semaines.