Le déplacement était placé sous le signe du « retour de l’ordre », selon l’Élysée. Neuf jours après les violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre, Emmanuel Macron s’est rendu à Marseille, l’une des villes les plus touchées par les débordements. Objectif : réaffirmer l’autorité de l’État et tenter de restaurer la confiance. Annoncée au dernier moment, la visite s’est déroulée à l’hôtel de ville puis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, sans déambulation à la rencontre des habitants.
C’est un aveu attendu après les critiques suscitées par la gestion des manifestations. « À Marseille comme ailleurs », le 17 octobre, les forces de l’ordre n’étaient pas suffisamment nombreuses, a reconnu Emmanuel Macron. « On n’avait pas du tout anticipé ce qui s’est passé », a-t-il expliqué, évoquant notamment la présence de militants violents et de pilleurs venus se greffer aux cortèges.
Cette reconnaissance intervient après les débordements qui ont notamment touché la mairie de Marseille, dont les locaux ont été vandalisés. Le président et le maire de Marseille, Benoît Payan, ont parcouru les locaux endommagés, avant d’échanger sur les moyens de sortir de cette situation.
Pour autant, le président de la République a tenu à mettre en regard de ces défaillances les résultats du samedi 24 octobre. Le dispositif de sécurité renforcé a, selon lui, permis de protéger les personnes, les commerces et les bâtiments publics, tout en maintenant le droit de manifester. Un équilibre que l’exécutif entend désormais préserver lors des prochaines journées de mobilisation.
Des commerçants toujours dans l’attente
À la préfecture, le chef de l’État a ensuite rencontré des commerçants victimes des dégradations et des pillages. Pour certains, les conséquences dépassent les dégâts matériels : selon Jean-Luc Chauvin, président de la chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, interrogé par Le Monde, ces violences ravivent le souvenir des émeutes de 2023, après la mort de Nahel. Les professionnels redoutent désormais une nouvelle dégradation de leur activité, à l’approche des fêtes de fin d’année.
Emmanuel Macron leur a promis le maintien d’un dispositif de sécurité renforcé « dans la durée ». Il a également confirmé que les prochains parcours de manifestation seraient établis à l’écart des rues commerçantes, afin de limiter les risques de nouveaux débordements. « Ça ne se reproduira pas », a-t-il assuré.
Selon Le Monde, les représentants économiques ont demandé un report de TVA, l’accès au chômage partiel et des prêts à taux zéro. Le président n’a pas annoncé de décision précise sur ces demandes. Rodolphe Saadé, patron de CMA CGM, a proposé une aide logistique gratuite aux commerçants pour reconstituer leurs stocks avant Noël.
Maintenir l’ordre sans ignorer la colère sociale
Reste une autre équation pour l’exécutif : empêcher de nouvelles violences sans réduire la crise à une question de maintien de l’ordre. À Marseille, Emmanuel Macron a appelé le gouvernement de Sébastien Lecornu à répondre aux revendications qu’il juge légitimes à l’origine du mouvement social.
Le président a néanmoins prévenu que le samedi 31 octobre serait encore « un samedi à risque ». Une nouvelle journée de mobilisation nationale est également prévue le 5 novembre. L’exécutif entend maintenir les manifestations déclarées, mais avec des parcours éloignés des centres-villes pour protéger les commerces et les bâtiments publics.




