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Kimi Antonelli, 20 ans : comment le prodige italien est devenu le plus jeune champion du monde de Formule 1

Kimi Antonelli devient le plus jeune champion du monde de formule 1 au Mexique. (Crédits : Jayce Illman/Getty Images)
Kimi Antonelli a réalisé dimanche 1er novembre ce que personne n’avait encore accompli à son âge : devenir champion du monde de Formule 1 à 20 ans. Derrière le record, le portrait d’un pilote dont la maturité a fini par dépasser la précocité.

Il ne reste que quelques virages, mais Kimi Antonelli ne voit déjà plus très bien la piste. Les larmes brouillent son regard. « Je pouvais voir les deux Ferrari, d’une certaine manière, à travers mes larmes », raconte-t-il après l’arrivée. À 20 ans et 68 jours, le pilote italien vient de décrocher son premier titre mondial. Troisième du Grand Prix du Mexique, remporté par Max Verstappen devant Lewis Hamilton, il a fait mieux que résister à la pression : il a écrit une nouvelle page de l’histoire de la Formule 1. Le précédent record appartenait à Sebastian Vettel, sacré à 23 ans en 2010. Sur le podium, Antonelli partage son bonheur avec deux champions qui cumulent onze titres mondiaux. L’image résume le vertige de son exploit : un pilote qui n’a que deux saisons dans la catégorie reine se retrouve déjà au sommet. « C’était l’un de mes plus grands rêves », confie-t-il. Mais pour comprendre comment cet adolescent devenu champion a réussi là où tant d’autres échouent, il faut remonter bien avant les circuits de Formule 1.

Un talent repéré dès l’enfance, un pari risqué pour Mercedes

À Bologne, où il naît le 25 août 2006, la course automobile fait partie du décor familial. Son père, Marco Antonelli, est lui-même pilote et dirige une structure engagée dans les compétitions automobiles. Kimi découvre le karting très jeune. Mercedes ne tarde pas à repérer son potentiel : en avril 2019, alors qu’il a 12 ans, il rejoint le programme de formation de l’écurie allemande. Les résultats suivent. Champion de Formule 4 italienne et allemande en 2022, puis champion d’Europe de Formule régionale en 2023, il enchaîne les catégories à un rythme inhabituel. En 2024, il fait même l’impasse sur la Formule 3 pour passer directement en Formule 2.

La véritable bascule intervient lorsque Lewis Hamilton annonce son départ de Mercedes pour Ferrari. L’écurie doit trouver un successeur à l’un des pilotes les plus titrés de l’histoire. Elle choisit un débutant de 18 ans. « Pour Mercedes, c’était un gros risque, mais un risque calculé », expliquait Bradley Lord, directeur adjoint de l’équipe, au Monde. La première saison d’Antonelli en Formule 1, en 2025, ne se déroule pourtant pas sans heurts. Il termine septième du championnat, loin de son coéquipier George Russell, et traverse une période de doute. Mais Mercedes ne renonce pas. Le pari repose moins sur une réussite immédiate que sur une capacité à apprendre vite. Un an plus tard, cette confiance est récompensée au-delà des attentes.

La maturité d’un champion

Le talent ouvre les portes de la Formule 1 ; il ne garantit pas un titre. La différence se joue dans la régularité, la gestion de la pression et la capacité à rebondir après un week-end difficile. Sur ces terrains, Antonelli a franchi un cap en 2026. Là où sa première saison l’avait confronté aux exigences de l’élite, la deuxième révèle un pilote capable de convertir son potentiel en résultats. Max Verstappen, pourtant vainqueur au Mexique, ne cache pas son admiration : « À son âge, être aussi solide, ne pas commettre de grosses erreurs et battre son coéquipier expérimenté, c’est incroyable », salue le quadruple champion du monde. Lewis Hamilton, deuxième de la course, se réjouit lui aussi d’avoir partagé ce podium historique avec le jeune Italien.

Au Mexique, Antonelli devait terminer dans les neuf premiers pour assurer mathématiquement son sacre. Parti quatrième, il termine troisième au terme d’une course interrompue par un drapeau rouge après l’accident de Valtteri Bottas, puis perturbée par une nouvelle intervention de la voiture de sécurité. Il ne remporte pas le Grand Prix, mais il ne lui fallait pas gagner pour entrer dans l’histoire. Il lui fallait garder la tête froide. Pour l’Italie, c’est aussi la fin d’une longue attente : le dernier champion du monde italien était Alberto Ascari, sacré en 1952 et 1953. Soixante-treize ans plus tard, Antonelli redonne au pays un champion dans la discipline reine.

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