Pendant des mois, le Stade de France a chanté « Ousmane Ballon d’or ». Ce 5 octobre, il a changé de refrain. Vers la fin d’une soirée qui sentait la défaite, « Olise Ballon d’or » est tombé des tribunes, et personne n’a eu besoin d’explication. Entré à l’heure de jeu sous une ovation, l’attaquant du Bayern Munich venait de transformer un match poussif contre la Belgique en feu d’artifice, avec une passe décisive puis un doublé. Les Bleus ont fini par s’imposer 4-1 en Ligue des nations, avec quatre buts en quatorze minutes.
Une heure de brouillon, un gardien piégé
Rien ne laissait pourtant présager ça. Pour le dernier rendez-vous d’une longue trêve, Zinédine Zidane avait aligné Estéban Lepaul en pointe, entouré de Dembélé et de Barcola, avec Guillaume Restes et Leny Yoro pour une première sélection. Face à un bloc belge compact, ce trio offensif a manqué de justesse dans les derniers mètres. Les Bleus ont contourné la défense de Mark Van Bommel à la manière d’une équipe de hand, sans jamais la faire trembler.
À la 35e minute, la Belgique a ouvert le score sur un contre fulgurant : Roméo Lavia a lancé Dodi Lukébakio en profondeur, et l’ailier a battu Restes d’une frappe puissante. Au Stade de France, les Bleus ont ensuite couru après le score sans le trouver. Ousmane Dembélé a de nouveau déçu, et le spectre de la défaite semblait se profiler : les Diables rouges, qui n’ont plus battu la France en match officiel depuis 1981, tenaient leur occasion. Il a fallu un pari. À l’heure de jeu, Zidane a lancé un triple changement avec Cherki, Olise et Lucas da Cunha, avant l’entrée de Désiré Doué. L’inverse de la prudence, et la rencontre a basculé.
Quatorze minutes, quatre buts
Le premier signal vient de Doué. Servi par Da Cunha devant la surface, le Parisien se retourne et croise une frappe au sol qui prend de court Maarten Vandevoordt (77e, 1-1). Quatre minutes plus tard, Olise perce sur son aile droite et glisse un ballon en retrait pour Cherki, dont le tir du plat du pied ricoche dans la défense belge avant de finir au fond (81e, 2-1). Les Belges, eux, ne répondent plus de rien.
Puis vient la partie d’Olise. À la 88e, Doué le sert dans la surface et le Munichois, en déséquilibre, pique le ballon dans le bas des filets. Dans les arrêts de jeu (90e+1), la France déroule une longue séquence de possession, Cherki renverse à gauche et Doué enchaîne les dribbles avant de décaler Olise dans la surface. Une feinte, un tir, un doublé. Déjà impliqué dans les trois premiers buts de l’ère Zidane, avec deux réalisations et une passe décisive, l’ailier a de nouveau remis les Bleus à l’endroit, après la victoire au match aller contre la Belgique (1-0) et le nul face à l’Italie (1-1).
Les « Avengers » de Zidane
Au micro de TF1, Cherki a évoqué « une cohésion de groupe extraordinaire », au lendemain d’une rumeur de mésentente avec Olise que le duo a démentie sur le terrain. Côté belge, la presse n’a pas caché son choc. La Dernière Heure a comparé sa défense à une « Tour Eiffel » pendant 75 minutes, puis a baptisé les trois entrants « Avengers du football mondial ».
Pour Zidane, toujours invaincu en quatre matchs, l’enseignement est limpide. Les buts de son équipe sont tous tombés en seconde période depuis son arrivée, et cinq des sept ont été inscrits par des remplaçants. Avec 10 points sur 12 possibles, les Bleus gardent la main sur le groupe à deux journées de la fin. Il leur reste à valider leur billet pour les quarts de finale en Italie le 12 novembre, puis contre la Turquie le 15.



