« Présider Alpes 2030, c’est contribuer à construire des Jeux ambitieux et qui s’ancrent dans leur époque » : Geoffroy Roux de Bézieux a déjà fixé le cap dans un communiqué. Jeudi 29 octobre, l’ancien patron du Mouvement des entreprises de France (Medef) a été désigné à l’unanimité pour prendre la présidence du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver (Cojop) des Alpes françaises 2030. Il succède à Edgar Grospiron, qui a démissionné le 10 septembre, et prendra officiellement ses fonctions lundi 2 novembre.
Du téléphone aux Jeux olympiques, Geoffroy Roux de Bézieux a construit sa carrière dans le monde des affaires. Fondateur de The Phone House France, puis du groupe de télécommunications Omea Telecom, il a présidé le Medef de 2018 à 2023. Habitué aux négociations et aux rapports de force économiques, il connaît également les coulisses des grands événements sportifs : il a siégé au conseil d’administration de Paris 2024 et de France 2023, organisateur de la Coupe du monde de rugby. Depuis avril 2026, il présidait déjà le comité des rémunérations d’Alpes 2030. Une fonction qui lui a permis de se familiariser avec les rouages de l’organisation avant d’en prendre les commandes. « C’est le job d’une vie », a-t-il déclaré après sa nomination, rapporte Le Progrès. Un enthousiasme qui devra désormais se traduire sur le terrain, alors que le comité sort d’une période particulièrement agitée.
Une crise à résoudre
Le nouveau président hérite d’une organisation fragilisée par plusieurs mois de tensions. Depuis l’attribution des Jeux à la France, en juillet 2024, le Cojop a connu plusieurs épisodes de turbulences. En février 2026, le directeur général Cyril Linette avait quitté ses fonctions sur fond de désaccords avec la direction. Quelques mois plus tard, la démission d’Edgar Grospiron, nommé en février 2025, a prolongé cette instabilité.
En septembre, Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), décrivait même l’organisation comme étant dans un « état de crise permanent ». Pour le nouveau président, l’urgence est donc autant managériale que stratégique : stabiliser les équipes, rétablir un climat de travail et redonner de la visibilité aux partenaires.
Un calendrier à tenir
Au-delà de la crise interne, le temps constitue l’autre défi majeur de Geoffroy Roux de Bézieux. À moins de quatre ans de l’ouverture des Jeux, le comité doit accélérer la préparation de l’événement : passer à la préparation opérationnelle des sites, coordonner les territoires hôtes et sécuriser les moyens nécessaires à l’organisation des épreuves. La dispersion géographique des compétitions complexifie la tâche, tout comme la coordination entre les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’État et les instances sportives.
Le nouveau président devra également rassurer les partenaires privés, dont les financements sont essentiels à l’équilibre du projet. Selon Le Progrès, il doit s’adresser aux salariés le 3 novembre et prévoit ensuite de se rendre dans une partie des territoires concernés.




