En 2019, le Sri-Lankais Hafiz Marikar, du Daily News, avait mis Trent Alexander-Arnold en tête de son top 5, devant Pierre-Emerick Aubameyang, Antoine Griezmann, Robert Lewandowski et Marc-André ter Stegen. Seul Lewandowski, huitième, s’est glissé dans les dix premiers d’un scrutin remporté par Lionel Messi, sept points devant Virgil van Dijk. Chaque juré a sa lecture, et celles de 2026 s’écartent plus que d’ordinaire. Verdict ce 26 octobre au London Palladium en fin de soirée, pour le 70e sacre.
Cent bulletins, un barème, aucune formule
Le jury masculin réunit cent journalistes, un par pays du top 100 FIFA, sélectionnés par l’organisateur de l’événement, France Football. Chacun classe dix joueurs parmi les trente nommés : 15 points au premier, puis 12, 10, 8, 7, 5, 4, 3, 2 et 1. En 2019, 176 jurés ne désignaient que cinq noms, le premier valant 6 points. Selon le règlement, une égalité se règle au nombre de premières places, puis de deuxièmes. La liste des trente nommés est établie par la rédaction de France Football, des membres de L’Équipe, au moins un juré de l’édition précédente et les ambassadeurs de l’UEFA Luis Figo et Fabio Capello. Et la plupart des votants, souligne L’Équipe, suivent surtout les compétitions européennes.
Les bulletins devaient être rendus avant le 28 septembre et couvrent du 3 août 2025 au 19 juillet 2026, jour de la finale du Mondial. Le règlement classe trois critères par ordre d’importance : les performances individuelles, avec leur « caractère décisif et impressionnant », puis les résultats collectifs et les titres, enfin la classe et le fair-play. Aucune formule ne convertit ces notions en points. Un joueur classé deuxième ou troisième presque partout peut donc devancer un rival placé premier chez beaucoup, mais absent de nombreux bulletins.
Kane, Yamal, Mbappé : trois dossiers, aucune évidence
Le 19 juillet, l’Espagne a battu l’Argentine 1-0 en prolongation grâce à Ferran Torres. Mais aucun joueur ne s’est détaché à lui seul : Rodri a été élu meilleur joueur du tournoi, Unai Simón a reçu le Gant d’or et Pau Cubarsí le prix du meilleur jeune joueur. Yamal a bouclé la compétition avec un but et l’Espagne compte six joueurs parmi les trente nommés au Ballon d’or, plus que n’importe quelle autre sélection. Ce 19 octobre, Kalshi cotait Kane à 66 %, Yamal à 28 %, aucun autre candidat n’étant au-dessus de 5 %. L’avant-centre du Bayern a marqué 61 buts en club, et 73 avec l’Angleterre comprise. Bundesliga et Coupe d’Allemagne au palmarès, six buts au Mondial, une troisième place avec l’Angleterre. Son point faible : l’élimination du Bayern par le PSG en demi-finale de Ligue des champions. Un sacre ferait de lui le premier Anglais lauréat depuis Michael Owen en 2001.
Yamal, 19 ans, plaide un autre dossier : deuxième Liga consécutive avec Barcelone et titre de joueur de la saison dans ce championnat, 24 buts toutes compétitions confondues avec le Barça. Une blessure musculaire avait toutefois écourté sa saison en club avant le Mondial. Kylian Mbappé a marqué 42 fois pour le Real Madrid et terminé meilleur buteur de la Liga et de la Ligue des champions, avant de remporter le Soulier d’or du Mondial avec 10 buts. Mais Madrid n’a rien gagné et la France a fini quatrième. Sur France Télévisions, Jean-Pierre Papin, Ballon d’or 1991, a jugé sa communication « too much ».
Les précédents ne tranchent rien. En 2018, la France championne du monde a vu le Croate Luka Modrić l’emporter. En 2023, Messi, sacré au Qatar, a devancé Erling Haaland et ses 52 buts du triplé de Manchester City. Ousmane Dembélé, tenant du titre, a assuré à France Football que le trophée « va rester dans les mains d’un joueur du Paris Saint-Germain ». Le cadre londonien, lui, marque les 70 ans du premier trophée, remis en 1956 à l’Anglais Stanley Matthews.




