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De la mobilisation au chaos, la France frappée par une journée dévastatrice

Rédacteur en chef
La place de la République à Paris, le 17 octobre crédit@ Remon Haazen/Getty Images
Au lendemain de la mobilisation du 17 octobre, la France se réveille avec des dégâts considérables dans de nombreuses villes. Et des questions en suspens.  

À six mois des élections qui désigneront un nouveau président, la France fait face à une tension sociale de plus en plus vive qui semble avoir atteint un point de non-retour lors de la mobilisation du 17 octobre.
Dans la foulée de la mobilisation lycéenne qui prend de l’ampleur depuis plusieurs semaines pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement, des centaines de milliers de personnes – gilets jaunes, lycéens et étudiants, salariés, militants pour le climat et antifascistes – (550 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et 800 000, selon les organisateurs) s’étaient réunis partout en France pour faire la synthèse de  revendications et manifester unanimement contre « la vie chère » avant que des débordements d’une violence inouïe se répandent partout en France, donnant plus d’ampleur aux images qu’aux messages.

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Deux jeunes étudiants en marge des manifestations, le 17 octobre à Paris crédit@Richard Bord/Getty Images)

Des scènes d’une violence extrême se sont répondues en écho aux quatre coins du pays : à Limoges, un incendie a en partie brulé le toit de l’hôtel de ville datant du 19e siècle, à Marseille la mairie a été envahie, à Paris des pillages dans de nombreux commerces se sont succédés et les grandes rues de la capitale se sont retrouvées parsemées de débris, de vélos et scooters saccagés, offrant l’image d’une ville détruite sur certaines artères des plus visitées au monde.

 

Des maires réclament des comptes au gouvernement

 

« Des rues entières ont été méthodiquement ravagées », a précisé, le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire qui a interpellé le gouvernement par le biais d’une déclaration commune rédigée aux côtés des maires de Lyon et Marseille, Grégory Doucet et Benoît Payan, dont les villes ont, elles aussi, été particulièrement touchées. « Je demande des comptes, parce que je ne vais pas laisser les choses en l’état. Je veux savoir ce qu’il s’est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser » a précisé l’édile marseillais dont la mairie a été vandalisée.
« Face à l’ampleur des dégâts et à la gravité de la situation, nous demandons à être reçus par le Premier ministre dès le début de la semaine prochaine, en présence des maires des communes touchées. Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, cela ne peut et ne doit pas se reproduire » ajoutent les trois maires.

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Une voiture brûle le long du canal Saint-Martin à Paris, le 17 octobre. Crédit@ Remon Haazen/Getty Images

Du côté de l’exécutif, Sébastien Lecornu s’est rendu dans la nuit aux côtés des forces de l’ordre à Paris où il a assuré qu’il s’agissait d’« un miracle que le bilan ne soit pas plus lourd ».
Dans les premiers chiffres de cette journée, on recensait déjà 1 200 interpellations et de nombreux blessés.
À Saint-Etienne, un jeune de 17 ans a notamment eu la main arrachée par une grenade policière.
« Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis », a assuré, de son côté, le président Emmanuel Macron sur X, et de préciser : « nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions ».

De lourdes conséquences économiques


Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a défilé dans les rues de Paris dans la journée, a assuré que « ceux qui partagent » son combat « n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage ».
« Les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos », a répliqué sa principale opposante, la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen,
De son côté, l’ancien président de la République, François Hollande qui n’a pas encore officialisé sa candidature à l’élection présidentielle souhaite élargir le champ afin « d’ouvrir des négociations sérieuses avec les organisations de jeunesse et avec les centrales syndicales sur les thèmes qui ont justifié l’ampleur des manifestations ».
Alors que les violences se sont prolongées une partie de la nuit, le bilan financier « va être lourd, partout dans le pays », a prévenu Sébastien Lecornu. Le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Alexandre Bompard a, pour sa part, déploré de « lourdes conséquences économiques et financières » pour le secteur.
L’addition d’une journée noire.

 

 

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