« Je travaillais sur mon terrain vendredi lorsque je suis tombé sur une pierre inhabituelle. J’ai prévenu les autorités compétentes, qui sont venues l’examiner. » C’est ainsi que Khaled al-Shahat raconte sa découverte à CBS News. Loin d’imaginer ce qui se cachait sous ses pieds, cet habitant de Behbeit el-Hagar, dans le gouvernorat de Gharbiya, au nord de l’Égypte, vient de contribuer à une importante découverte archéologique.
Alertées, les autorités ont rapidement dépêché une équipe spécialisée sur place. Les fouilles ont alors révélé une tête en pierre de Ramsès II, haute d’environ 1,60 mètre. L’annonce a été faite le 13 octobre par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités.
Le visage est imposant. Le pharaon porte la double couronne, symbole de son autorité sur la Haute et la Basse-Égypte. Mais c’est surtout la taille de la sculpture qui impressionne : d’après les premières estimations, le monument complet, socle compris, aurait atteint environ 8,5 mètres de hauteur. Une partie du pilier dorsal a également été retrouvée. L’inscription qui y figure porte le nom royal d’Horus du souverain, un élément précieux pour confirmer son identification.
Deux statues monumentales sorties de terre
La tête de Ramsès II n’est pourtant pas le seul vestige à avoir émergé du sol. Les fouilles ont également permis de retrouver une seconde statue royale, dont la partie conservée mesure environ 2,40 mètres de long. Elle pourrait elle aussi représenter le célèbre pharaon. Si ses jambes et son socle ont disparu, son visage demeure bien visible, avec des traits qui rappellent ceux de la première sculpture.
À proximité, les archéologues ont découvert un bloc de granite rose d’environ 1,30 mètre de long, gravé d’inscriptions hiéroglyphiques. Deux titres royaux y sont mentionnés : « roi de Haute et de Basse-Égypte » et « fils de Rê », en référence au dieu solaire. Des indices qui viennent renforcer le lien entre ces vestiges et Ramsès II. La découverte a suscité l’enthousiasme de Khaled al-Shahat. « J’ai été surpris et heureux lorsqu’ils ont découvert d’autres antiquités », a-t-il confié à CBS News.
Un site qui pourrait livrer d’autres secrets
Cette découverte prend tout son sens à la lumière de l’histoire de Behbeit el-Hagar. La localité est notamment connue pour les vestiges d’un vaste temple consacré à Isis, l’une des principales divinités de l’Égypte ancienne. Les nouvelles sculptures pourraient ainsi apporter un éclairage supplémentaire sur l’importance religieuse et politique de cette région du delta du Nil.
Ramsès II, qui a régné de 1279 à 1213 avant notre ère environ, demeure l’un des souverains les plus célèbres de l’Égypte antique. Son règne a été marqué par de grandes campagnes de construction, notamment les temples monumentaux d’Abou Simbel. La découverte de ces statues pourrait donc aider les spécialistes à mieux comprendre la présence du pouvoir royal dans cette partie du pays.
Le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, a salué l’initiative de l’habitant, qui a immédiatement signalé sa trouvaille aux autorités. Pour le remercier, les responsables égyptiens ont également tenu à l’honorer publiquement. Les spécialistes on expliqué que cette découverte pourrait « changer l’histoire de la région ». Une perspective qui reste à confirmer, alors que les chercheurs poursuivent leurs analyses pour comprendre l’origine des statues et leur emplacement initial.



