Ads

Édition française du magazine TIME – Abonnement 1 an 4 n°, 41 € (économisez 10%)

« Privilégiés mais pas aveuglés » : les étudiants de HEC rejoignent la colère des lycéens

Poubelles, palettes et banderoles : une vingtaine d’étudiants ont partiellement bloqué l’entrée du campus de Jouy-en-Josas, une première depuis le début du mouvement lycéen. Celui-ci dure depuis plus de trois semaines, à deux jours d’une journée nationale d’action.

« HECoutez les lycéens ». La banderole a été déployée, ce 15 octobre au matin, derrière un amas de poubelles, de palettes en bois et de barrières. Sur les pancartes voisines, un humour de grande école : « Sans les lycéens, on court vers l’écHEC », « Nos valeurs ne sont pas cotées en Bourse ». Selon la préfecture, une vingtaine d’étudiants ont investi l’entrée du campus de Jouy-en-Josas (Yvelines). C’est la première fois qu’HEC est touchée depuis le début du mouvement lycéen. « L’action va se poursuivre dans la matinée, mais on n’a pas prévu de rester toute la journée », a précisé à l’AFP Baptiste Hernandez, étudiant à HEC.

Des « privilégiés » qui n’esquivent pas le mot

Le mot, justement, ils l’ont posé eux-mêmes. « Nous sommes conscientes et conscients qu’en tant qu’élèves à HEC, nous faisons partie des étudiantes et étudiants les plus privilégiés de ce pays », écrivent-ils dans un communiqué transmis à l’AFP, avant de questionner le pouvoir : combien de mains arrachées et de manifestations ignorées faudra-t-il avant qu’il agisse ? Leur prise de parole, assurent-ils, n’a qu’un but : amplifier celle des collectifs lycéens.

L’appel au blocus a circulé dès la veille. Selon Le Figaro Étudiant, une conversation WhatsApp baptisée « Blocus à HEC – Soutien aux lycéens » a réuni plus de 360 membres dès le 14 octobre, avec rendez-vous fixé à 7 h 30 devant l’entrée principale. Les échanges y ont vite tourné au débat. Un élève voulait glisser dans le cahier de revendications les frais de scolarité, jugés « aberrants ». Un autre a tranché : mieux vaut s’en tenir aux lycéens, « pour éviter de passer pour les riches qui se plaignent de leur école super chère ». Un autre participant a ironisé sur le réveil tardif de ses camarades. D’après un élève cité par le quotidien, certains opposants au projet auraient été exclus du groupe.

Le blocus reste d’ailleurs volontairement partiel : l’école est en pleine semaine d’examens et les participants disent vouloir une action pacifique, sans fermer complètement l’accès. Le campus est vaste, ses entrées nombreuses, et un étudiant interrogé par Le Figaro Étudiant doutait que ce public, « assez peu politisé », s’enflamme. La politique, elle, est arrivée par la bande. Jean-Luc Mélenchon, venu donner une conférence sur place le 5 octobre, a ironisé sur X : cela n’a « rien à voir », écrit-il, avec son passage, avant de glisser qu’il est « inutile d’engager des poursuites pour incitation à la rébellion comme comptait le faire Lecornu » contre lui.

Lycées fermés et nouvelle réunion avec le ministre

HEC n’est pas un cas isolé. Ces derniers jours, des blocus ont aussi touché l’Institut catholique de Paris, l’école de commerce Audencia et le lycée Stanislas, des établissements privés rarement concernés par ce type d’action. Ce 14 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, prévoyait « un peu moins de 200 lycées » fermés. La veille, mardi 13 octobre, pour l’« acte V » du mouvement, l’intersyndicale des organisations étudiantes et lycéennes revendiquait 480 000 manifestants, en légère hausse sur la semaine précédente. Le ministère de l’Intérieur en dénombrait 161 500, en baisse. Greta Thunberg était venue soutenir les élèves devant le lycée Paul Éluard, à Saint-Denis, l’un des foyers de la contestation. Concernant les établissements, le ministère de l’Éducation nationale faisait état de 214 lycées fermés mardi, contre 800 le 6 octobre. Selon Le Monde, il ne communique plus sur les établissements bloqués ou perturbés. Le quotidien rapporte également un bilan de la région Île-de-France faisant état, le 13 octobre, de 90 lycées perturbés et de 70 en distanciel sur 468 lycées publics.

La réponse pénale pèse aussi dans le bilan. Selon la Chancellerie, 7 950 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement selon un bilan arrêté au 13 octobre à 17 heures, dont environ 85 % de mineurs. Vingt-six personnes ont été placées en détention provisoire. À titre de comparaison, un bilan de la Chancellerie relayé le 8 juillet 2023 faisait état de plus de 3 700 gardes à vue depuis le 27 juin, dans le cadre des émeutes après la mort de Nahel. Les périodes considérées sont toutefois différentes. Une nouvelle réunion est prévue ce jeudi à 17 h 30 : les organisations lycéennes échangeront avec Édouard Geffray en visioconférence, pour la troisième fois, sur le bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps. Après la rencontre du 8 octobre, l’Union syndicale lycéenne et l’association Les Lycéens ! s’étaient dites insatisfaites. Les lycéens, eux, regardent déjà vers samedi 17 octobre, journée d’action nationale que plusieurs organisations de jeunesse ont appelé à rejoindre aux côtés des « gilets jaunes », au début des vacances de la Toussaint.

Partagez cet article : 

PEOPLE

FOR PRINT MOSUKE46557

Mory Sacko

Bérengère Krief.

Bérengère Krief

Niels Schneider. (Crédits: Nicolas Valois, Charlotte Studio)

Niels Schneider

Céline Dion. ( Crédits: Roy Rochlin via WireImage)

Céline Dion

Isabelle Adjani. (Crédits: Stéphane Feugère)

Isabelle Adjani

George Clooney assiste à la cérémonie des « Albies », organisée par la Fondation Clooney pour la justice, à la Bibliothèque publique de New York, le 28 septembre 2023, à New York. (Photo : Gotham/FilmMagic)

George Clooney

Bonnie Tyler. (Crédits: Aldara Zarraoa/Redferns)

Bonnie Tyler

Jeudi 11 juin, David Guetta a performé au Stade de France, un accomplissement qu’il considère comme « le moment le plus important de [sa] vie ». (Photo by Kristy Sparow/Getty Images)

David Guetta