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Attentat de Trappes : la garde à vue du suspect levée pour raisons psychiatriques, l’enquête se poursuit

Camion de police derrière ruban "Zone Interdite" (Crédit : Manuel Blondeau - Corbis / Getty Images)
Trois jours après l’attaque qui a fait un mort et cinq blessés dans les Yvelines, Kévin T., 39 ans, a été transféré en observation psychiatrique. Il avait auparavant affirmé aux enquêteurs souffrir de schizophrénie. Les investigations se poursuivent sur la motivation raciste de l’attaque.

« Ça n’enlèvera pas le qualificatif d’attentat terroriste, que les choses soient claires » : lundi 26 octobre, sur BFMTV-RMC, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé la qualification terroriste retenue après la fusillade qui a endeuillé les Yvelines. Cette prise de parole intervient alors que la garde à vue de Kévin T., 39 ans, a été suspendue à la suite d’un examen psychiatrique. Selon une source proche de l’enquête, l’homme avait auparavant déclaré aux policiers souffrir de schizophrénie et suivre un traitement médical.

Le suspect a donc été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris pour une période d’observation susceptible de durer 48 heures. Selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), cette mesure doit permettre de déterminer si son état de santé est compatible avec la reprise des auditions. Les analyses toxicologiques ont par ailleurs révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang », a indiqué le PNAT.

Les premiers éléments de l’enquête étayent la piste d’une motivation raciste. Le suspect aurait déclaré aux policiers avoir voulu s’en prendre « aux Noirs et aux Arabes » pour « venger » des commerçants dont les établissements avaient été pillés lors des débordements du 17 octobre. Des tracts du Rassemblement national ont par ailleurs été retrouvés dans sa voiture. Selon Le Monde, plusieurs membres de sa famille l’auraient décrit comme « raciste », sans pour autant le présenter comme un militant engagé de l’ultradroite.

« On ne baissera jamais la tête face à la haine »

Armé d’un pistolet-mitrailleur, Kévin T. avait ouvert le feu à plusieurs reprises à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, faisant cinq blessés et un mort : Pengo Bossio Wangi, 26 ans. Le jeune homme pratiquait le MMA à l’Atch Academy, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Samedi 24 octobre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes pour lui rendre hommage. Le lendemain, une marche blanche organisée à l’initiative de son club a réuni plus d’un millier de personnes à Aubervilliers.

Le maire de la commune, Sofienne Karroumi, a pris la parole devant les participants. « Il avait 26 ans, toute la vie devant lui et de vrais rêves, dont celui de pratiquer son sport au plus haut niveau », a-t-il déclaré. Il a également dénoncé la haine raciste : « Nous ne baisserons jamais la tête face au racisme, nous ne baissons jamais la tête face à la haine de l’autre. »

Parmi les cinq blessés figure également une fillette de 12 ans, touchée par huit balles. Samedi, son état était toujours jugé en « urgence absolue », selon le PNAT. Dimanche, le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a indiqué que son état s’améliorait, d’après les nouvelles transmises par la mère de l’enfant. Les autres victimes ont également été prises en charge, certaines ayant été grièvement atteintes.

La famille réclame des réponses

La suspension de la garde à vue suscite des interrogations chez les proches de la victime. Dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP), l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, a estimé que cette décision « ne manque pas de nous étonner », jugeant ces levées de garde à vue pour motif psychiatrique « très rares » en pratique.

L’avocat s’inquiète également du risque que la question psychiatrique occulte la dimension idéologique des faits. « Il ne s’agit pas de contester l’expertise psychiatrique ni l’article 122-1 du code pénal sur l’irresponsabilité pénale, qui sont des principes fondamentaux de notre droit », a-t-il rappelé.

Sa demande porte sur l’égalité de traitement : « La symétrie doit être la règle : mêmes expertises, mêmes délais d’appréciation, quel que soit le profil idéologique du mis en cause », écrit-il. Il appelle ainsi à ce que l’expertise psychiatrique ne devienne pas « un raccourci commode pour éviter de nommer l’idéologie qui arme les bras ».

Quatre rassemblements sont prévus ce lundi dans l’Essonne pour commémorer la mémoire de Pengo Bossio Wangi et soutenir les autres victimes de Kévin T. Ils auront lieu à 18 h 30 devant les mairies de Vigneux-sur-Seine et de Montgeron, à la même heure sur la place de la Gare à Brunoy, et à 19 h devant la mairie de Crosne.

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