Après avoir tourné en orbite autour de la Lune, le retour sur Terre approche. L’équipage d’Artémis 2 a mis le cap en direction de la Terre ce lundi 6 avril après un survol autour de la Lune historique dans sa face cachée. Le vaisseau Orion et ses quatre astronautes sont passés à seulement 6 545 kilomètres de la surface lunaire dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 avril. Leurs observations ont duré plus de six heures et avaient pour objectif de cibler trente sites dans la face cachée de l’astre sélène à l’œil nu. Une mission historique : aucun astronaute ne s’est aventuré aussi loin de la planète bleue. Les scientifiques ont également pu observer des cratères lunaires qui n’avaient jamais été aperçus, un coucher et un lever de Terre ou encore une éclipse solaire.
L’astronaute Jeremy Hansen a notamment décrit auprès du quotidien texan Houston Chronicle des teintes verdâtres autour du plateau d’Aristarque : « L’éclairage était idéal pour observer les couleurs » visibles à la surface de l’astre en orbite autour de la Terre. L’astronaute canadien a également pu apercevoir des ombres marron, des couleurs qui pourraient permettre aux scientifiques d’identifier la composition ou même des caractéristiques et des différentes régions de la Lune. La connexion entre les postes de communications présents dans la région du Texas aux États-Unis et les quatre astronautes a été interrompue pendant 40 minutes, le temps pour le vaisseau Orion de faire le tour en orbite de la face cachée de la Lune.
Seulement 20 % de la face cachée visible
« Houston, bien reçu, on vous retrouve de l’autre côté », a déclaré l’astronaute Victor Glover depuis le vaisseau Orion aux alentours de 00 h 50, heure française. Le centre de contrôle a donné des consignes particulières sur l’observation de « flashs » qui pourraient selon eux montrer d’éventuels impacts de météorites sur cette face jamais observée.
Lors de leurs observations, les quatre astronautes ont rapporté avoir pu constater dans la face à ce moment précis éclairée par le Soleil, de grands bassins d’impact, de plus petits cratères ainsi que des mers lunaires. Lors de l’exploration, la Lune était en phase de gibbeuse décroissante, c’est-à-dire que le disque éclairé par le Soleil recouvrait en majorité sa face déjà observée et visible. Seulement 20 % de sa face cachée ont pu être perçus par l’équipage. À 1 h 02 du matin, heure de Paris, les quatre astronautes d’Artemis 2 sont devenus l’équipage qui s’est le plus éloigné de la planète Terre, avec une distance ayant atteint 406 771 kilomètres.
Carroll en hommage à la défunte épouse de Reid Wiseman
Les astronautes ont identifié deux cratères sans nom dans la face observée pour la première fois. Ils ont proposé de baptiser ces cratères « Integrity » en référence à leur vaisseau ainsi que « Caroll », en l’honneur de la défunte épouse du commandant Reid Wiseman, emportée par un cancer en 2020 alors âgée de 46 ans. La NASA a affirmé soumettre une demande en ce sens auprès de l’Union astronomique internationale, l’autorité qui nomme officiellement les sites extraterrestres.
« Il y a un relief dans un bel endroit sur la Lune, à la frontière entre la face visible et la face cachée », a expliqué Jeremy Hansen lors d’une retransmission, ajoutant qu’ « à certains moments du transit lunaire, vous pourrez le voir depuis la Terre ». Il a ensuite annoncé : « C’est un point clair sur la Lune, nous voudrions le baptiser Carroll. » Une séquence forte en émotion où le commandant Reid Wiseman a fondu en larmes avant que ses coéquipiers le prennent dans leurs bras. Jeremy Hansen a alors lancé le prochain défi de la NASA : « Nous choisissons ce moment pour lancer un défi à cette génération et à la prochaine pour que ce record soit de courte durée », a-t-il lancé.
Donald Trump au bout du fil
Le président américain Donald Trump est entré en contact par appel téléphonique avec l’équipage lundi 6 avril dans la soirée pour les féliciter après leur survol de la Lune. « Aujourd’hui, vous êtes entrés dans l’Histoire et vous avez rendu toute l’Amérique vraiment fière, incroyablement fière », a-t-il affirmé lors de l’appel vocal aux trois Américains et au Canadien Jeremy Hansen, membres de la mission Artémis 2 de la Nasa. « Vous êtes vraiment les pionniers de notre époque, tous », a-t-il souligné, avant d’ajouter que « l’un d’entre eux se trouve être un voisin. Vous savez de qui il s’agit, n’est-ce pas ? Vous avez quelqu’un de spécial là-bas, un voisin, et nous aimons notre voisin ». Le président républicain entretient parfois des relations tendues avec son voisin du nord, le Canada.
Donald Trump a ensuite posé une succession de questions aux astronautes, en leur demandant notamment ce qu’ils avaient pu ressentir au moment de la coupure des communications avec la planète bleue. L’astronaute Victor Glover a expliqué avoir « fait une petite prière » puis avoir « dû continuer à avancer ». « J’étais en train d’enregistrer des observations scientifiques de la face cachée de la Lune », a-t-il ajouté. Le président américain a promis de les inviter à la Maison-Blanche à leur retour : « Vous êtes vraiment extraordinaires. Tout le monde en parle. J’ai hâte de vous recevoir dans le Bureau ovale à la Maison-Blanche, où nous célébrerons vos incroyables réussites et victoires », a-t-il assuré.
La mission Artémis vise aussi à renvoyer d’ici 2028 des humains sur la Lune et à y installer à sa surface une base durable. Christina Koch, Reid Wiseman, Jeremy Hansen et Victor Glover devraient être de retour sur Terre en fin de semaine. Il faudrait compter environ quatre jours pour que le vaisseau Orion effectue le voyage retour et amarre dans l’océan Pacifique, près de San Diego.




