Parmi les cinq rapatriés de la croisière devenue le foyer de l’hantavirus, une passagère française du navire de croisière MV Hondius a en effet été testée positive à l’hantavirus, a annoncé ce lundi 11 mai la ministre de la Santé. Stéphanie Rist a également fait état de 22 cas contacts identifiés. Les cinq Français rapatriés ont été, à leur arrivée en France, transportés chacun dans une ambulance escortée par plusieurs véhicules des forces de l’ordre pour ensuite être placés en isolement à l’hôpital Bichat de Paris. Dans la nuit, l’état de santé d’une femme s’est « malheureusement dégradé » et les « tests sont revenus positifs », a-t-elle déclaré au micro de France Inter.
Les cinq passagers sont par conséquent « hospitalisés dans des chambres avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », « ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu’à nouvel ordre », pour une période minimum de 15 jours, a-t-elle précisé. Selon le décret publié au Journal officiel, les personnes concernées peuvent être maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement pour une durée totale de 42 jours. De son côté, le premier ministre Sébastien Lecornu « tiendra une nouvelle réunion », ce lundi 11 mai dans l’après-midi à Matignon, afin de pouvoir « suivre au plus près l’évolution de la situation » sur des cas d’infection.
Une volonté de « ne pas créer de panique »
« Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d’un virus que l’on connaît, d’où les quarante-deux jours d’isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français », a notamment tenté de rassurer la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur l’antenne de BFM-TV. Elle a également demandé à « ne pas créer de panique », et lorsqu’on l’a questionnée sur la similitude avec le début de l’épidémie mondiale du Covid-19, elle a répondu : « Nous n’en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là. »
Concernant la vingtaine de cas contacts, la ministre de la Santé a confirmé que huit parmi les passagers du vol ayant décollé le 25 avril entre l’île de Sainte-Hélène dans l’océan Atlantique et la métropole sud-africaine de Johannesbourg « ont été mis à l’isolement rapidement », et 14 passagers ont été identifiés à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam. « Nous demandons » à ces 14 passagers « qu’ils nous contactent parce qu’il faut qu’on puisse renforcer l’isolement », a insisté Stéphanie Rist.
Une croisiériste néerlandaise qui a été infectée par le virus alors qu’elle était passagère du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg est depuis décédée. La passagère était également montée brièvement à bord de l’avion à destination d’Amsterdam mais n’avait finalement pas voyagé à bord. La variante du virus nommée hantavirus Andes qui a été détectée à bord du navire MV Hondius est une souche rare qui peut se transmettre d’humain à humain, généralement après un contact étroit et prolongé. Son délai d’incubation qui peut aller jusqu’à 42 jours.
Un placement en « isolement strict »
À la suite d’une première journée de débarquement dans le port de Granadilla, à Tenerife, dans les îles Canaries, le 10 mai, une centaine de passagers et de membres d’équipage du MV Hondius ont démarré des opérations d’évacuation. Des mesures qui doivent se terminer ce 11 mai avant que le bateau de croisière où a été détecté un foyer d’hantavirus comptant quelque 150 passagers reparte vers les Pays-Bas. Au cours de cette première journée « très intense » d’évacuation, 94 passagers et membres d’équipage ont pu quitter le navire pour 23 nationalités différentes, a annoncé à la presse la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.
Les premiers à quitter le navire sous étroite surveillance ont été les Espagnols, vêtus chacun d’une combinaison de protection jetable et de masques FFP2, suivis par les passagers français. Les 14 Espagnols évacués, par ailleurs asymptomatiques, ont déjà été mis en isolement à l’hôpital militaire Gómez Ulla, dans le sud-ouest de Madrid. Pour ce qui est des cinq passagers français du Hondius, ils ont atterri en fin d’après-midi le 10 mai au nord de Paris. L’un d’entre eux, probablement la passagère testée positive, a « présenté des symptômes dans l’avion », a annoncé le Premier ministre Sebastien Lecornu, ce qui a poussé les autorités à les placer « tout de suite en isolement strict jusqu’à nouvel ordre ».
Combattre un virus sans vaccin et sans traitement
Au fil de la journée, les évacués ont pu quitter en avion l’archipel espagnol pour rejoindre leur pays. La multiplication de cas contacts potentiels provoque depuis plusieurs jours une inquiétude qui se propage dans le monde, ravivant des souvenirs remontant à la crise sanitaire de l’épidémie mondiale du Covid-19 en 2020. Des vols de rapatriement sont arrivés ce 11 mai aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et d’autres sont partis en direction de l’Irlande, du Canada, de la Turquie, et le dernier vol de la journée doit partir vers les États-Unis.
Toutefois, les autorités sanitaires appellent à la prudence sans céder à la panique. Selon le dernier bilan publié par l’ECDC au 10 mai, huit cas avaient été recensés, dont six confirmés et deux probables, ainsi que trois décès. Les symptômes de la maladie peuvent notamment se manifester par de la fièvre, des douleurs musculaires, des troubles digestifs ou des difficultés respiratoires. Pour l’heure, il n’existe pas de vaccin ni de traitement antiviral spécifique contre l’hantavirus Andes, la prise en charge reposant sur un suivi médical et des soins de soutien.




