Le Premier ministre veut consolider les mesures sanitaires mises en place. Sébastien Lecornu a annoncé avoir « demandé aux ministres de renforcer immédiatement la coopération avec les États voisins », dans le but de « casser les éventuelles chaînes de transmission », a-t-il écrit dans un message publié sur X. Cette déclaration intervient alors que le bateau de croisière MV Hondius, où le virus Andes, une souche de hantavirus, a été identifié, a accosté aux Canaries avant la fin du débarquement et du rapatriement de ses passagers. En France, une femme passagère du navire qui a été rapatriée la veille a été diagnostiquée positive au virus.
« Il faut briser la chaîne de contamination », a déclaré le Premier ministre ce mardi 12 mai, demandant à mettre en place « une coordination plus étroite » des protocoles sanitaires entre les pays de l’Union européenne et de l’espace Schengen. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « a déjà échangé avec plusieurs pays européens » dans ce sens, a-t-il assuré.
Cinq de nos compatriotes ont été rapatriés hier depuis le HM Hondius et sont placés à l’isolement strict à l’Hôpital Bichat. Quatre sont toujours testés négatifs. Notre compatriote positive à l’Hantavirus est toujours en réanimation dans un état stable.
Huit Français, qui ont…
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) May 11, 2026
La veille, au cours d’une réunion interministérielle à Matignon, Sébastien Lecornu avait annoncé que le gouvernement allait durcir les règles mises en place en France concernant les cas contacts. « Pour tous les cas contacts, sans exception », une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier » sera nécessaire, a-t-il affirmé sur le réseau social X.
Des symptômes différents du coronavirus
Les cinq croisiéristes français ayant séjourné sur le navire MV Hondius ont été immédiatement, à leur arrivée sur le sol français, placés en quarantaine à l’hôpital, pour permettre de procéder à une évaluation complète de leur situation médicale et épidémiologique. Une évaluation qui peut conduire à un isolement ou à une surveillance pouvant aller jusqu’à 42 jours après la dernière exposition à risque.
Le virus Andes, contrairement à la plupart des hantavirus, peut se transmettre entre humains, mais cette transmission reste limitée et nécessite généralement des contacts étroits et prolongés. Elle diffère de celle du Covid-19, dont la diffusion est beaucoup plus efficace par voie respiratoire au sein de la population générale. Selon l’OMS, l’infection par les hantavirus survient d’abord par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, ou avec des surfaces contaminées. Dans le cas du virus Andes, une transmission interhumaine a été documentée, notamment lors de contacts rapprochés.
10 000 et 100 000 cas par an dans le monde
D’après les informations étudiées à partir de cas détectés en Argentine, le virus se propage surtout lors de contacts rapprochés et prolongés, notamment dans des espaces clos ou au sein d’un foyer. De plus, une personne semble surtout contagieuse dans la phase précoce de la maladie, même si l’OMS précise que la transmission présymptomatique ne peut pas être totalement exclue. Lors de l’épidémie mondiale du covid-19, les personnes aux quatre coins du monde avaient pris l’habitude d’appliquer des « gestes barrières », en se nettoyant régulièrement les mains ou en portant des masques FFP2. Dans le cas du virus Andes, il n’est pas question de mesures généralisées comparables à celles du Covid-19 pour l’ensemble de la population. En revanche, l’OMS recommande une hygiène régulière des mains, l’isolement en cas de symptômes, et le port d’un respirateur lorsque des symptômes respiratoires apparaissent chez une personne exposée.
Alors que plusieurs hantavirus existent à travers le monde et varient entre eux, ils sont le plus souvent transmis par des rongeurs sauvages. À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique approuvé ni de vaccin autorisé contre les infections à hantavirus, la prise en charge reposant principalement sur des soins de support, notamment en réanimation dans les formes graves. Selon l’OMS, entre 10 000 et plus de 100 000 infections à hantavirus seraient estimées chaque année dans le monde, avec le plus lourd fardeau en Asie et en Europe. Dans la région des Amériques, huit pays ont déclaré 229 cas et 59 décès en 2025, tandis que l’Union européenne et l’Espace économique européen ont recensé 1 885 cas en 2023, selon l’ECDC.
« On ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur »
Afin de prévenir au mieux les risques de propagation du virus en France, le gouvernement a publié le 11 mai un décret qui précise les « mesures sanitaires applicables aux personnes exposées à un risque d’infection », note le site gouvernemental. À ce jour, les autorités sanitaires ont identifié une vingtaine de cas contacts. Contrairement au Covid-19, avec l’hantavirus, « on n’est pas du tout dans le même contexte », a souligné Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine AP-HP au micro de RTL dans la matinale du 12 mai.
Les premiers symptômes s’apparentent souvent à un syndrome grippal, avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires, parfois accompagnés de troubles digestifs comme des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements. Selon l’ANRS MIE, agence autonome de l’Inserm, le virus peut causer deux types de syndromes « dont la létalité diffère » : « une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, avec un taux de létalité de 0,4 à 10 % ; ou un syndrome cardio-pulmonaire sévère d’apparition brutale avec défaillance respiratoire et cardiaque, avec un taux de létalité de l’ordre de 30 à 60 % ».
L’hantavirus est, selon l’infectiologue, « un virus qu’on connaît bien, et cette souche Andes […] localisée dans des zones particulières d’Amérique du Sud existe là-bas depuis très longtemps. Ça a toujours été des petites épidémies », a-t-elle tenté de temporiser. « Avec les moyens de protection en place, on ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur » dans le monde, a-t-elle assuré.




