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Présidentielle 2027 : la main tendue de Gabriel Attal ne trouve pas preneur

Gabriel Attal, (Crédits: Antoine Gyori - Corbis/Corbis via Getty Images)
Dans un entretien accordé au Parisien samedi 3 octobre, Gabriel Attal a proposé une large coalition allant de la gauche social-démocrate à la droite, en vue de l’élection présidentielle de 2027. Pour l’heure, aucun des partis concernés n’a rallié son projet.

« La seule chose qui peut nous permettre de l’emporter, c’est une grande coalition rassemblant des électeurs de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine », plaide Gabriel Attal dans un entretien accordé au Parisien, samedi 3 octobre. Cette coalition engloberait le MoDem, Horizons, Renaissance, mais aussi Les Républicains et Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann. C’est justement dans cet espace politique, situé entre LFI et le RN, qu’il estime que « personne n’est favori ou en situation de battre Marine Le Pen ».

Mais pourquoi faire cette annonce maintenant ? Engagé dans la campagne présidentielle depuis quatre mois, Gabriel Attal cherche à se faire une place dans un espace politique déjà saturé par les candidatures. Avec cette proposition de coalition, l’ancien Premier ministre tente ainsi d’impulser une nouvelle dynamique et de rassembler au-delà de son propre camp.

Partant de ce constat, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron s’adresse directement aux « électeurs tentés par Raphaël Glucksmann », ainsi qu’à ceux de la droite républicaine. Selon lui, « il y a des électeurs, de gauche comme de droite, qui aimeraient un autre choix qu’un candidat qui n’aura aucune chance d’être au second tour ».

Pour concrétiser cette idée de rassemblement, Gabriel Attal propose également l’organisation d’une primaire.

Le centre et la droite ferment la porte

À droite, Bruno Retailleau, président des Républicains et lui-même candidat à la présidentielle, rejette la proposition. « Le macronisme saison 3, ce sera sans nous ! », lance-t-il sur X, fermant la porte à une coalition avec Renaissance. Pour le président de LR, l’enjeu est d’abord de préserver une ligne politique propre à la droite. Bruno Retailleau défend une rupture avec le macronisme et estime que les différences de programme restent trop importantes pour envisager une candidature commune. Il assume notamment une ligne plus conservatrice sur l’immigration, la sécurité et la souveraineté.

Du côté d’Horizons, le refus porte davantage sur la méthode. Christophe Béchu, secrétaire général du parti de centre droit, écarte l’hypothèse de la primaire proposée par Gabriel Attal : « Pour organiser une primaire, il faut du temps, nous ne l’avons plus, et il faut un espace politique qui ne soit pas morcelé. Et la proposition de Gabriel Attal, elle ne clarifie rien. Elle vient ajouter de la confusion. »

À gauche, le camp Glucksmann dit aussi non

La proposition de Gabriel Attal a aussi rapidement été balayée par le camp de Raphaël Glucksmann. Pour ses soutiens, pas question de s’associer à l’ancien Premier ministre et au camp présidentiel. « Même pas en rêve », répond notamment Yannick Jadot, soutien de l’eurodéputé.

Même son de cloche chez Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et proche de Raphaël Glucksmann. Sur X, il demande à Gabriel Attal de « laisser Raphaël Glucksmann en dehors de ses coups de communication ».

Pour les soutiens de Raphaël Glucksmann, le désaccord est avant tout politique. Ils refusent ainsi de s’inscrire dans la continuité des années Macron. C’est sur cette même ligne que Sacha Houlié, député de Place publique, annonce sur X « exclure définitivement toute entreprise loufoque de cette nature ».

Pourtant, à quelques jours de la primaire de la gauche, prévue les 9 et 10 octobre, la capacité des candidats du PS et de Place publique à accéder au second tour de la présidentielle est incertaine. Selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, publié le 3 octobre, 72 % des Français doutent des chances du candidat désigné par la primaire de gauche de se qualifier pour le second tour.

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