Une semaine après un premier débat télévisé sur LCI, les cinq candidats de la primaire à gauche, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Ségolène Royal se retrouvaient ce jeudi 1er octobre pour un nouveau débat sur France 2 et France Inter. Tous ont un objectif : se démarquer avant le premier tour de la primaire, prévu les 9 et 10 octobre. Parmi les principales lignes de fracture entre les candidats figure la question d’une éventuelle alliance entre le Parti socialiste et La France insoumise (LFI).
« Pour moi, ils ne sont pas de gauche », affirmait déjà Raphaël Glucksmann dans la matinale de France Inter le 23 mars. Le candidat exclut tout accord électoral ou gouvernemental avec LFI et défend une ligne social-démocrate distincte de celle de Jean-Luc Mélenchon. Une position également défendue par Jérôme Guedj. Lors du premier débat sur LCI, le député socialiste rappelait : « Moi, j’ai refusé l’accord avec LFI en 2024, j’ai pris le risque et j’ai été élu. »
Un rassemblement malgré tout
Ségolène Royal défend de son côté le rassemblement et refuse de fermer la porte aux électeurs insoumis. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 souhaite une alliance avec les écologistes et les communistes, tout en excluant de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon. Elle se distingue ainsi de Raphaël Glucksmann et de Jérôme Guedj.
Olivier Faure défend lui aussi une stratégie de rassemblement. Le premier secrétaire du Parti socialiste refuse d’exclure LFI d’une éventuelle coalition gouvernementale et revendique l’héritage des précédentes alliances de la gauche, de la NUPES au Nouveau Front populaire.
Emmanuel Maurel se distingue également par son approche de la question du rassemblement. Lors du débat sur France 2, il refuse de spéculer sur son choix dans l’hypothèse d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Il affirme toutefois que, si Marine Le Pen accédait à la présidence, il faudrait constituer un front républicain allant au-delà de l’union de la gauche.
Des stratégies distinctes, des écarts dans les sondages
À une semaine du premier tour, chacun cherche à mettre en avant sa propre stratégie. Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio, Raphaël Glucksmann recueille 11 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, dans l’hypothèse où Édouard Philippe représente le bloc central. Ces résultats ne mesurent pas les intentions de vote à la primaire. Pour convaincre les électeurs, il poursuit ses déplacements sur le terrain. Fin septembre, il était notamment à Hornaing, dans le Nord, une commune où le Rassemblement national est devenu la première force politique lors des précédents scrutins.
Testés séparément dans d’autres hypothèses de candidature à la présidentielle, Ségolène Royal, Olivier Faure et Jérôme Guedj recueillent chacun 3 % des intentions de vote. Ségolène Royal mise sur son expérience politique. Dans un entretien accordé à Libération, elle revendique son parcours : « Femme socialiste, j’ai fait mes preuves dans l’exercice difficile du commandement démocratique local, national et international. » Olivier Faure, lui, met en avant le rassemblement de la gauche. « Il faut rassembler, réunir, fédérer », a-t-il défendu lors du débat du 1er octobre. Jérôme Guedj se présente quant à lui comme le candidat d’une « gauche républicaine », « universaliste » et « laïque ».
Emmanuel Maurel, lui, obtient le score le plus faible parmi les cinq candidats testés. Avec 1 % des intentions de vote dans l’hypothèse où il représente cette famille politique à la présidentielle, il continue de porter son projet de transformation de la société reposant notamment sur des « ruptures tranquilles, mais indispensables », selon la présentation de son entretien du 29 septembre publiée par la Gauche républicaine et socialiste.
Pour confronter leurs propositions, les candidats se feront face lors d’un dernier débat ce dimanche 4 octobre sur BFMTV.



