Des milliers de policiers sont mobilisés à Athènes à l’occasion de la visite du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. Il s’agit de la deuxième étape de sa tournée européenne, après l’Islande, et son arrivée dans la capitale grecque se fait sous tension. En cause : des manifestations annoncées par des syndicats étudiants et des groupes de gauche pour protester contre sa venue. Les organisations mobilisées dénoncent notamment le renforcement de la coopération militaire entre la Grèce et les États-Unis. Le déplacement intervient également alors qu’Athènes doit acquérir 20 avions de chasse F-35 américains. Face aux appels à manifester, la police grecque a interdit les rassemblements dans une partie du centre d’Athènes de mercredi 7 octobre à 6 heures jusqu’au jeudi 8 octobre à 6 heures, jour du départ prévu de Marco Rubio.
Mais derrière cette forte mobilisation sécuritaire, Washington veut surtout renforcer ses relations avec Athènes. Le déplacement doit permettre d’engager un « dialogue stratégique » sur la sécurité régionale et les questions énergétiques, selon le département d’État américain. Marco Rubio doit ainsi s’entretenir mercredi avec son homologue grec, George Gerapetritis, ainsi qu’avec le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Avant son déplacement, le secrétaire d’État américain avait d’ailleurs souligné l’importance de cette relation : « La Grèce est un allié très important des États-Unis », a-t-il déclaré à des journalistes.
Un passage par l’Islande placé sous le signe de la coopération
Si la Grèce constitue la deuxième étape de la tournée de Marco Rubio, son déplacement avait commencé par une arrivée en Islande lundi 5 octobre au soir. À Reykjavik, il s’est entretenu mardi avec les autorités islandaises, notamment la ministre des Affaires étrangères Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir et la Première ministre Kristrún Frostadóttir. Cette première étape était notamment consacrée aux enjeux de sécurité dans l’Arctique. Dès son arrivée, Marco Rubio a affiché la volonté de Washington de renforcer ses liens avec l’Islande. Sur X, il a évoqué la nécessité de construire « un Arctique sûr, des liens commerciaux et énergétiques plus forts et une coopération renforcée en matière de défense ». Face à la presse, il a également souligné la place centrale de l’Islande dans la sécurité occidentale, alors que les tensions et les rivalités s’intensifient dans le Grand Nord.
Mais derrière cette volonté affichée de coopération, les relations entre Reykjavik et Washington se sont récemment refroidies. Au début du mois de septembre, Donald Trump avait notamment provoqué une polémique en publiant sur Truth Social une carte sur laquelle le drapeau américain recouvrait notamment l’Islande, le Groenland et une large partie du continent américain. Le gouvernement islandais avait alors convoqué l’ambassadeur américain pour protester officiellement. Les déclarations de certains représentants américains avaient également contribué à tendre les relations. Billy Long, avant sa prise de fonctions comme ambassadeur des États-Unis en Islande, avait notamment plaisanté sur l’idée de faire de l’Islande le « 52e État américain » et de devenir son gouverneur. Il s’était ensuite excusé pour ces propos, qui avaient suscité l’irritation en Islande, déjà préoccupée par les ambitions de Donald Trump dans l’Arctique.
Des tensions aussi attendues au Portugal
« Marco Rubio n’est pas le bienvenu au Portugal » : c’est sous ce mot d’ordre que le Conseil portugais pour la paix et la coopération (CPPC) appelle à manifester contre la venue du secrétaire d’État américain. Prévue le 7 octobre à 18 heures, au Largo de São Domingos, à Lisbonne, la manifestation est organisée « en défense de la paix et des droits des peuples, contre la politique de confrontation et de guerre promue par les États-Unis ». Les organisateurs entendent notamment réclamer la « paix dans le monde », dire « non à la guerre » et demander la « fin du génocide du peuple palestinien » ainsi que la « fin de l’agression contre Cuba ».
Le secrétaire d’État américain devra donc, à Lisbonne, défendre une coopération que ses opposants portugais dénoncent déjà. Une dernière étape qui s’annonce, elle aussi, marquée par la contestation.



