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La loi olympique permettant de faciliter l’organisation des JO d’hiver 2030 finalement adoptée

La cérémonie d'ouverture des JO d'hiver de Milan-Cortina a lieu ce vendredi 6 février. (Photo par Francesco Scaccianoce/Getty Images)
La tant attendue loi olympique a définitivement été adoptée ce jeudi 5 février par le Parlement. Les députés l'avaient adoptée à 390 contre 99 voix également ce mardi 3 février. Cependant, le comité d’organisation Alpes 2030 se heurte à des difficultés.

Après des mois de long périple parlementaire, la loi olympique a été adoptée ce jeudi 5 février au Parlement. Qualifiée de « boîte à outils essentielle à la bonne livraison des Jeux » par la ministre des Sports, Marina Ferrari, le texte a été largement approuvé au Sénat. La loi devrait permettre aux organisateurs de faciliter l’organisation des Jeux olympiques d’hiver attendus dans les Alpes en 2030. Les députés en avaient fait de même le mardi 3 février avec 390 voix pour et 99 voix contre. Les parlementaires de La France insoumise et les écologistes se sont prononcés contre lors de ce vote.

C’est une étape déterminante pour la concrétisation du projet Alpes 2030 qui reste néanmoins en difficulté après la démission de plusieurs de ses gouvernants au sein de son comité d’organisation. Le Comité international olympique s’est lui-même réjoui de cette « bonne nouvelle » dès mardi en qualifiant son adoption de « bonne étape franchie », dixit Pierre-Olivier Beckers, chargé de superviser les préparatifs de ces jeux d’hiver organisés par les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.

La société Solideo face à des procédures devant des tribunaux administratifs

Le projet de loi a mis du temps avant d’arriver dans l’hémicycle. Il avait pourtant été adopté dès sa première lecture en juin 2025 par la chambre haute, puis mis en suspens pendant la séquence budgétaire. Le texte permet d’appliquer des dérogations temporaires au droit commun en matière d’urbanisme, de logement, de santé, de travail ainsi que de sécurité. Dans une partie de la gauche, certaines mesures du volet sur la sécurité ont été dénoncées, jugées comme étant liberticides. C’est notamment le cas de l’expérimentation prolongée jusqu’en 2027 d’un dispositif de vidéosurveillance algorithmique, dont une phase de test lancée lors des Jeux olympiques de Paris 2024 a pris fin en mars dernier. La possibilité pour les agents privés de sécurité de procéder à l’inspection visuelle de véhicules et de leur coffre est également prévue. La question environnementale a aussi été au cœur des débats tout au long de l’examen. La ministre des Sports a déclaré mardi que « l’artificialisation liée aux Alpes 2030, soit environ 20 hectares, sera bien décomptée » dans les quotas de l’objectif zéro artificialisation nette. Elle a également tenu à souligner que cette mesure s’appliquerait « au niveau national » afin de ne pas pénaliser les communes concernées.

Marina Ferrari a également mis en avant un amendement porté par le gouvernement qui imposera au comité d’organisation des Jeux olympiques « l’organisation d’au moins une réunion publique physique par bassin de vie accueillant des épreuves ou un site olympique ». Elle dénonce l’absence « de participation du public au processus décisionnel » avant la candidature comme depuis l’attribution des Jeux olympiques de 2030. Par ailleurs, le collectif citoyen JOP 2030 a lancé trois procédures devant les tribunaux administratifs de Lyon et de Marseille ainsi qu’à Genève auprès d’un organe de l’ONU pour demander plus de transparence autour des projets liés à ces jeux. À la fin du mois de janvier, le tribunal de Marseille a réclamé à la société chargée de livrer les ouvrages olympiques pour 2030, la Solideo, plus de transparence dans l’accès à l’information concernant ses projets et dans sa communication.

« L’organisation Alpes 2030 n’appelle guère […] à l’optimisme »

La société s’est pourvue en cassation, indiquant être « d’ores et déjà pleinement engagée dans une démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages ». Le projet Alpes 2030 a également subi une crise ouverte au sein même de son comité d’organisation, nommé le Cojop, après la démission de plusieurs de ses cadres. En deux mois, le comité a vu démissionner la directrice des opérations, son directeur de la communication et le président du comité des rémunérations. Ce dernier, Bertrand Méheut, était l’ancien président du groupe Canal+ et ex-patron du Pari mutuel urbain (PMU). Il avait pointé du doigt dans un courrier une « dérive importante » qui l’aurait conduit « à douter du succès du projet, que ce soit en matière de délais et de coûts ».

L’adoption de cette loi doit permettre « une prise de conscience de tous les acteurs de ce dossier, y compris au sein du Cojop, de la nécessité de travailler ensemble et de donner une image unie à la représentation nationale, aux habitants et aux acteurs économiques du territoire », a expliqué jeudi 5 février le sénateur centriste des Hautes-Alpes et rapporteur du projet de loi, Jean-Michel Arnaud. De son côté, le député du Parti socialiste, Belkhir Belhaddad, a relevé que « les dernières informations autour de l’organisation d’Alpes 2030 n’appellent guère pour l’instant à l’optimisme ». Il se dit également inquiet en sa « qualité de coprésident du groupe de travail chargé du suivi de la préparation de ces JOP ». Le député PS « s’interroge » également « de l’enveloppe budgétaire de l’organisation », notamment par « l’absence » de date ou encore de « soutien de certains partenaires privés de premier plan ». En novembre 2025, le Cojop souhaitait « pouvoir annoncer de premiers partenariats pour [les JO] Milan-Cortina », dont la cérémonie d’ouverture est attendue ce vendredi 6 février.

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