Ads

Édition française du magazine TIME – Abonnement 1 an 4 n°, 41 € (économisez 10%)

« Des peines d’inéligibilité seront bien entendu requises » : au procès en appel sur les assistants parlementaires du RN, l’heure des réquisitions 

En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à cinq années l'inéligibilité avec exécution immédiate. (Photo par Chesnot/Getty Images)
Dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national, le parquet général prend ses réquisitions ce mardi 3 février. La candidature présidentielle de Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité, dépend de ce procès.

Un procès dont dépend la ligne de départ de la prochaine élection présidentielle. Les réquisitions du parquet général contre Marine Le Pen, le RN ainsi que dix cadres du parti sont au programme de l’audience de ce mardi 3 février, au procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national. Les deux représentants de l’accusation, Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, prennent successivement la parole pendant environ six heures pour leur réquisitoire, qui a commencé à 13 heures. « Nous allons vous demander de confirmer très largement la responsabilité pénale de première instance, et des peines d’inéligibilité seront bien entendu requises », ont-ils prévenu. À partir du mercredi 4 février, les avocats de la défense se succéderont pour plaider, avant une délibération et un jugement qui doit être rendu d’ici cet été.

Avant les réquisitoires, Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen, a déclaré pendant sa plaidoirie sur le ton de l’ironie que ce procès, « c’est un peu la théorie de la confiture : « J’ai mis la main dans la confiture, mais personne ne m’a dit que c’est de la confiture » ». Ce dernier a regretté que, dans les heures qui ont suivi la décision du tribunal correctionnel, la prise de parole de la députée du Pas-de-Calais « n’a pas été une critique, cela n’a pas été une protestation, cela a été véritablement une mise en cause des juges qui ont rendu cette décision ».

C’est après onze jours de débats que les deux avocats généraux ont prévu de démontrer la culpabilité des mis en cause pour détournement de fonds publics entre 2004 et 2016. À l’époque, le Front national était mené par Jean-Marie Le Pen avant que sa fille, Marine Le Pen, ne lui succède en 2011. Les enveloppes du Parlement européen rémunéraient les assistants des eurodéputés du Front national, dont l’activité n’aurait été qu’au seul bénéfice du parti. 

Le Front national, un « grand désordre » ?

En première instance, le tribunal correctionnel avait condamné, le 31 mars dernier, Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, et 200 000 € d’amende. Mais ce sont surtout les cinq années d’inéligibilité avec exécution immédiate qui ont de quoi inquiéter la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale. La leader d’extrême droite ne pourrait concourir à l’élection présidentielle de 2027 que si une éventuelle peine d’inéligibilité prononcée contre elle était inférieure à deux ans et que la cour d’appel rendait sa décision « d’ici l’été ». La cheffe de file pourrait également être condamnée à porter un bracelet électronique, ce qui pourrait rendre plus compliqué pour elle de mener une campagne électorale.

Le dossier a mis en évidence le peu de preuves du travail montrant que les assistants ont bien travaillé pour leurs élus. Par ailleurs, le dossier à leur encontre est alourdi par des correspondances équivoques, voire accablantes. Si pour Marine Le Pen, le dossier est « déséquilibré », les débats sur le fond ont confirmé le fonctionnement chaotique du parti et de ses eurodéputés vis-à-vis de ces « assistants ».

Fernand Le Rachinel, ancien député européen, a expliqué que ces collaborateurs « travaillaient vraiment, mais pas dans les bonnes cases ». D’après lui, c’était Jean-Marie Le Pen, le président du parti, « qui décidait ». L’eurodéputé Nicolas Bay a lui « reconnu » que son assistant, Timothée Houssin, l’a « aidé » dans ses « activités politiques nationales ». Le député Julien Odoul a admis « ne pas avoir travaillé » pendant ses premiers mois de mandat pour l’eurodéputée Mylène Troszczynski dont il était l’assistant. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, mis en cause également dans ce procès, a fait état d’un « grand désordre » dans le parti à l’époque des faits, quand l’eurodéputé Bruno Gollnisch avait fini par consentir qu’il y avait à redire sur cette « organisation », mais pas sur ce « système », un terme qu’il dit trouver « délictueux ». En réponse à ces propos ce mardi matin, l’avocat du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, a répliqué : « Et maintenant monsieur Gollnisch trouve que le mot organisation est plus élégant que système […] mais c’est quand même dire la même chose », rapporte France Info.

Un procès aux conséquences politiques

Pour sa part, la présidente du RN a, dès le lancement du procès, contesté toute « intention » de commettre une infraction. Marine Le Pen a rappelé faire preuve de « bonne foi » tout en mettant en cause « l’administration du Parlement européen ». Le 21 janvier 2025, à l’issue de son interrogatoire qui avait duré treize heures, étalées sur deux jours, elle avait affirmé : « Est-ce que c’était lié à la désorganisation [du parti] ? Peut-être. Est-ce que les uns et les autres ont eu le sentiment de commettre un délit ? Je suis convaincue que non. Est-ce que le parti a commis un délit de manière intentionnelle ? Je crois que non. » Elle avait poursuivi en affirmant que s’il y avait en effet des assistants qui auraient « fait bénéficier leur force de travail au parti », pour elle, ce n’était pas « volontaire de leur part ». 

La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale joue gros : elle risque de voir sa peine d’inéligibilité confirmée. Si c’est le cas, la députée RN, candidate à trois reprises à l’élection présidentielle, ne sera pas en mesure de se présenter au scrutin présidentiel de 2027.

Partagez cet article : 

PEOPLE

Mylène Farmer  au 78e Festival de Cannes au Palais des Festivals le 15 mai 2025 (Crédits :  Laurent KOFFEL/Getty Images)

Mylène Farmer

Crédits: Grant Thomas

Angèle

FOR PRINT MOSUKE46557

Mory Sacko

Bérengère Krief.

Bérengère Krief

Niels Schneider. (Crédits: Nicolas Valois, Charlotte Studio)

Niels Schneider

Céline Dion. ( Crédits: Roy Rochlin via WireImage)

Céline Dion

Isabelle Adjani. (Crédits: Stéphane Feugère)

Isabelle Adjani

George Clooney assiste à la cérémonie des « Albies », organisée par la Fondation Clooney pour la justice, à la Bibliothèque publique de New York, le 28 septembre 2023, à New York. (Photo : Gotham/FilmMagic)

George Clooney