Bruno Retailleau s’attaque aux maires LFI. Après avoir fait du mouvement sa cible prioritaire lors des élections municipales, l’ancien ministre de l’Intérieur et patron des Républicains annonce ce vendredi 3 avril mettre « sous surveillance » des villes dirigées par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Une parole qui donne lieu à un acte : Bruno Retailleau a annoncé lancer un « observatoire des villes LFI », mis en place à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne aux côtés de la maire LR Kristell Niasme qui a battu le député insoumis Louis Boyard et qui a été reconduite dès le premier tour des municipales à la tête de l’Hôtel de Ville en février 2025.
Documenter des « preuves » contre des maires LFI
Une ville de banlieue, où, selon les dirigeants LR, la droite a contribué à faire barrage à la gauche radicale. Un terrain qui était pourtant considéré comme étant favorable à LFI, qui lors des élections municipales de mars dernier a revendiqué une percée dans les quartiers populaires de grandes agglomérations. Parmi elles, Saint-Denis, Roubaix, Vénissieux et Vaulx-en-Velin y figurent. Pour l’ancien ministre de l’Intérieur qui a déclaré au début du mois de février se lancer dans la course pour la présidentielle de 2027, « la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas notre France ».
L’observatoire que ce dernier souhaite mettre en place sera présidé par Kristell Niasme et aura pour mission de documenter et de « nourrir des preuves à travers les déclarations, les méthodes et les pratiques » des maires LFI. L’objectif sera d’ensuite mettre ces « preuves » à disposition des citoyens, des associations ainsi que des élus. Bruno Retailleau a évoqué la possible saisine de la Justice par son parti dans certains cas afin de dénoncer des mesures qui seraient adoptées par ces nouveaux maires de gauche radicale, ou à propos des déclarations tenues par les élus municipaux concernés.
« Leader maximo », « terrorisme intellectuel », « séditieux »…
Lors de la conférence de presse de ce vendredi 3 avril, le sénateur LR n’a pas pris de gants pour s’attaquer à la France insoumise. Il a notamment traité le patron de LFI de « leader maximo » et a dénoncé « le communautarisme », le « racialisme », le « terrorisme intellectuel » ainsi que la « violence » de LFI, mouvement que Bruno Retailleau a traité de « séditieux ». Il a également affirmé s’engager « à ne rien laisser passer » aux Insoumis.
« Pour faire gagner du temps à [Bruno] Retailleau, je lui révèle les raisons de nos succès politiques », a réagi le député insoumis Paul Vannier auprès de l’AFP. Son parti est selon lui comme « un mouvement populaire à la ligne claire [dont] les élus ne trahissent pas les électeurs ». Le député LFI souligne que « des facteurs de réussite » seraient selon lui « hors de portée pour l’animateur contesté d’un microparti en voie de dissolution dans le lepénisme ».
Lors de la campagne des élections municipales, qui ont eu lieu dimanche 15 et dimanche 22 mars 2026, Bruno Retailleau avait dénoncé des « accords de la honte » entre des socialistes ou des écologistes et LFI dans une centaine de villes. Il a appelé au « barrage » contre le mouvement mélenchoniste. Le parti de Bruno Retailleau a par ailleurs remporté des villes face à des alliances entre les divers partis de gauche et LFI, notamment dans le sud-ouest de la France, à Toulouse et Besançon, mais n’est pas parvenu en revanche à remporter Lyon ou Nantes.
« Open bar » pour s’attaquer à LFI
Dans les deux plus grandes villes de France, Paris et Marseille, les candidats socialistes Emmanuel Grégoire et Benoît Payan sont sortis victorieux de ces tumultueuses élections en refusant de s’allier aux Insoumis. L’un des cadres des Républicains reconnaît que la direction a donné carte blanche à tous ses membres, en affirmant notamment : « Là, c’est open bar » pour attaquer les insoumis.
Ce même cadre chez les Républicains a ajouté auprès de l’AFP que « le RN s’en moque et leur fait des mamours sur les plateaux TV ». Le responsable trouve Édouard Philippe et Gabriel Attal plus prudents sur LFI que le camp de Bruno Retailleau, « alors que
l’électeur de droite éprouve une terreur quasi existentielle » envers la gauche radicale, et par conséquent envers LFI. Bruno Retailleau le confirme lui-même : « Nous sommes farouchement hostiles à LFI », en ajoutant vouloir « combattre un mouvement qui est un vrai ennemi » à tout prix. Par ailleurs divisés, les Républicains se retrouvent cette fois unis sur cette ligne. Un député LR affirme que Bruno Retailleau « a raison » de dire du mal de Jean-Luc Mélenchon plutôt que des macronistes, qui pourraient se tourner vers le parti pour 2027.




