Le PDG d’EDF dit apporter « sa pierre à l’édifice ». Le groupe électricien français EDF a annoncé ce mercredi 8 avril un plan de 240 millions d’euros pour accélérer le passage à l’électricité des ménages modestes et des petites entreprises. L’objectif est de rendre accessibles et de mettre à disposition des pompes à chaleur et des camions électriques afin de moins dépendre des conséquences de la guerre au Moyen-Orient et des importations d’hydrocarbures, mais aussi de soutenir l’implantation d’activités industrielles comme les centres de données qui demandent énormément d’électricité.
Le gouvernement doit présenter prochainement son plan d’électrification pour réduire la dépendance de la France au pétrole ainsi qu’au gaz sans donner de date. C’est dans cette attente que l’entreprise publique EDF apporte « sa pierre à l’édifice » dans un contexte où l’entreprise fête son 80ᵉ anniversaire ce mercredi 8 avril. « Ces 240 millions, si on les propose aujourd’hui, trois fois 80 millions à l’occasion de nos 80 ans », expliquent-ils, c’est « pour montrer que nous prenons notre part et [qu’]on aide concrètement les Français à passer à l’électrique », déclare le PDG d’EDF, Bernard Fontana, au micro de Franceinfo. Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, « il y a tout un enjeu à passer à l’électrique », ajoute le dirigeant. Une énergie qui, selon lui, est « compétitive », « souveraine » à 95 % et aussi « décarbonée » grâce au nucléaire et aux renouvelables.
Une prime de 1 000 euros pour 80 000 ménages
Le PDG constate que « les prix de l’électricité vont rester stables dans les prochains mois, l’électricité en France est faite essentiellement à partir du nucléaire, de l’hydraulique et des renouvelables. Nous dépendons très peu des énergies fossiles », rappelle-t-il. Bernard Fontana insiste toutefois sur l’écart de prix sur l’électricité avec nos pays voisins qui affichent tous des prix plus élevés.
La France importe chaque année en moyenne l’équivalent de 60 milliards d’euros d’énergies fossiles. Le plan d’EDF prévoit donc le versement à 80 000 ménages modestes ou très modestes d’une prime de 1 000 euros, « répondant aux meilleurs standards français et européens », souligne le PDG. Les ménages peuvent cumuler avec les aides existantes pour les pousser en les soutenant financièrement « à passer à la pompe à chaleur, ce qui leur permet de bénéficier de factures d’énergie moins chères », indique le PDG d’EDF. Cet investissement colossal permettra d’abaisser le reste à charge à 3 000 euros environ, ce qui représente un coût inférieur à celui du remplacement d’une chaudière à gaz, selon EDF. L’objectif derrière cette aide apportée aux ménages est qu’à l’usage, l’électrique soit quoi qu’il arrive moins cher que le gaz et qu’il permette au consommateur d’être à l’abri des incertitudes des marchés internationaux, liées à l’instabilité internationale.
Accélérer « les délais d’implantation industrielle »
Pour les TPE-PME spécialisées dans le transport routier, EDF a prévu de verser 30 millions d’euros d’aides aux entreprises qui souhaitent démarcher pour passer au poids lourd électrique. Une prime moyenne allant jusqu’à 15 000 par camion dans la limite de deux par entreprise sera possible. Pour compléter ce coup de pouce, 50 millions d’euros seront consacrés à l’installation de 180 bornes de recharge pour les poids lourds réparties sur tout le territoire métropolitain d’ici 3 ans. Ces deux catégories d’usagers peuvent se rendre sur la plateforme « jepassealelectrique.fr » et doivent fournir les justificatifs des aides déjà perçues, « indépendamment du fait qu’elles sont clientes ou non chez EDF », souligne Béatrice Bigois, directrice exécutive Groupe Clients, Services et Territoires chez EDF auprès de l’AFP.
Le groupe, détenu entièrement par l’État, va consacrer 80 millions d’euros du montant à l’installation de nouvelles activités très consommatrices d’électricité comme les industries ou les centres de données. « EDF proposera des terrains clés en main disposant d’une connexion au réseau électrique, permettant ainsi de réduire les délais d’implantation industrielle », précisait Bernard Fontana. D’après Béatrice Bigois, « l’idée est d’investir dans l’achat et le prééquipement de terrains, qui seront raccordés au réseau électrique, afin de fournir des solutions clés en main à des nouveaux acteurs », indique-t-elle, ajoutant que l’objectif est également de réduire les délais d’implantation par deux. Le patron d’EDF insiste sur ses intentions : « Ces 240 millions sont proposés pour montrer que nous prenons notre part », tout en restant conscient que les montants nécessaires pour passer à l’électrique se chiffrent en dizaines de milliards d’euros.




