Les ateliers de prêt-à-porter de Celine, installés dans l’hôtel Colbert de Torcy, rue Vivienne, n’avaient jamais accueilli le public. Depuis ce vendredi 16 octobre, ils lui sont ouverts, comme l’atelier historique de Louis Vuitton à Asnières, la tonnellerie Hennessy à Cognac ou la manufacture de lunettes Thélios, près de Longarone, en Italie. Pour la sixième édition de ses Journées Particulières, créées en 2011 et gratuites jusqu’à ce dimanche 18 octobre, LVMH mobilise une quarantaine de sites en France et près de 70 dans le monde.
Le rendez-vous revient plus tôt que prévu, mais en format réduit. La cinquième édition, en 2022, alignait 93 lieux, 57 maisons et 15 pays, pour plus de 200 000 visiteurs revendiqués. Après une pause en 2024, année des Jeux olympiques de Paris, Antoine Arnault, qui pilote l’événement pour le groupe, pensait le relancer en 2027. Les dirigeants des maisons, relayant des artisans, ont obtenu qu’on avance. Une quarantaine des 75 maisons participent cette fois. « Nous sommes dans une approche less is more », assure-t-il, en écartant tout enjeu commercial ou marketing.
Diadèmes, malles et barriques
Le thème, « Aux racines du rêve », se décline en nature, culture et geste. La nature, c’est le cachemire de Loro Piana, filé d’une fibre venue des hauts plateaux de Mongolie. La culture, le Domaine des Lambrays, dont les terres sont citées dès 1365 dans les archives de l’abbaye de Cîteaux. Le geste, les artisans de Loewe, qui tressent le cuir selon des techniques vieilles de plus de 180 ans.
À Paris, Chaumet ouvre son hôtel particulier de la place Vendôme, où l’on suit la création de diadèmes, une tradition remontant à l’impératrice Joséphine. La Galerie Dior dévoile ses ateliers, Guerlain sa Réserve des Sublimes, Paris Match une salle d’archives photo jamais montrée au public. Louis Vuitton ouvre Asnières, où la malle se façonne encore à la main, et l’abbaye Vendôme, dans le Loir-et-Cher, dédiée aux cuirs précieux. Dior ouvre en soirée le château de la Colle Noire. Hors de la capitale, la tonnellerie Hennessy montre le travail du bois et des fûts. En Champagne, sept sites s’ouvrent, dont des caves creusées à près de 40 mètres sous terre, l’hôtel du Marc et le manoir de Verzy.
Le luxe cherche ses artisans
À l’étranger, la Fabrique du Temps Louis Vuitton, en Suisse, ouvre sur l’horlogerie, Loewe dévoile le tressage à Madrid, Loro Piana le tricot à Ghemme, Tiffany & Co. le sertissage à New York, autour du Bird on the Rock. Belmond ouvre le Mount Nelson au Cap, et plusieurs maisons se retrouvent à Shanghai, dans le quartier historique de Zhangyuan. En Italie, Thélios, créé en 2017 et détenu à 100 % par LVMH depuis 2021, accueille dans ses manufactures de Longarone : 40 000 m², plus de 1 300 salariés, environ 5 millions de montures par an, notamment pour Dior, Fendi ou Celine.
Antoine Arnault promet « une expérience concrète et des échanges directs avec les artisans au travail », plutôt qu’une exposition passive. Le public visé est large, familles et jeunes compris, et l’enjeu est aussi interne. Les métiers de la main, en joaillerie, horlogerie ou vins et spiritueux, peinent à recruter. LVMH en recense plus de 280 et dit avoir formé plus de 3 800 apprentis par son Institut des Métiers d’Excellence depuis 2014. Un week-end pour susciter des vocations.



