Une éclaircie tricolore. À peine une saison à égrener son talent sur les circuits et voilà que Red Bull déroule le tapis rouge à Isack Hadjar pour venir former un nouveau binôme au côté du quadruple champion du monde, Max Verstappen.
Un défi colossal mais aligné sur l’ambition et le talent du jeune prodige qui épate son monde sur les circuits du monde entier. « Il a un vrai profil atypique. Il adore les sports de combat, c’est un peu un boxeur en combinaison de formule 1 avec une exigence énorme envers lui-même », confie à TIME France Julien Fébreau, la voix de la Formule 1 sur Canal plus et qui a pris l’habitude de commenter les fulgurances du phénomène.
Boxeur ou pas, il lui faudra réussir là où ses nombreux prédécesseurs ont échoué (Daniel Ricciardo, Pierre Gasly, Alexander Albon, Sergio Perez, Liam Lawson, Yuki Tsunoda) pour tenir le rythme et les exigences de l’écurie britannique.
Septième pilote à tenter sa chance dans l’ombre, et peut-être plus, du champion du monde néerlandais, il a déclassé le Japonais Yuki Tsunoda invité à retourner attendre son tour en tant que pilote de la réserve.
De là à voir chez Hadjar un futur de numéro 1 ?
« Effectivement, c’est le potentiel successeur de Max Verstappen. Red Bull n’a pas vocation à former des numéros deux. C’est la vérité de la piste qui tranchera et avec les nouveaux règlements, en 2026 on repart d’une feuille blanche et nul ne sait pendant combien d’années Verstappen voudra continuer en F1 », présage Julien Fébreau.
Passé par la filière des jeunes pilotes Red Bull, Hadjar a déjà acquis la maturité des plus grands à une vitesse supersonique. « Pour sa première saison en F1, il a fait preuve d’une grande maturité et s’est révélé être un élève rapide. Plus important encore, il a démontré la vitesse brute qui est la qualité numéro un requise dans ce sport », a souligné Laurent Mekies, le patron de sa nouvelle écurie par la voix d’un communiqué.
Une nouvelle maison pour le pilote français où seules les performances comptent, avec une réputation intransigeante à faire et défaire les carrières au gré des résultats.
« Savoir que ça va être dur, c’est déjà un bon début ». Isack Hadjar
Une réalité dont semble avoir totalement conscience le « petit Prost », comme le surnomme Helmut Marko, le conseiller spécial de Red Bull, qui pour la première fois de sa jeune carrière va se retrouver sur la piste en tant que numéro deux, au côté d’un coéquipier plus fort que lui à tous les niveaux sur le papier.
« Face à mes coéquipiers, j’ai toujours été plus fort. Là, ça va être la première fois que je vais être à côté du meilleur au monde. C’est une opportunité de fou d’apprendre. Savoir que ça va être dur, c’est déjà un bon début », glissait-il à l’AFP en marge de sa promotion.
« Il va falloir qu’il apprenne la patience mais si la situation doit se prolonger éternellement, quel que soit son environnement, si sa volonté viscérale n’est pas de battre son coéquipier, il faudra faire autre chose que pilote de Formule 1 », prophétise encore Julien Fébreau.
Mais cette rage de victoire semble faire partie intégrante de la personnalité du jeune pilote qui, à l’inverse de certains de ses compères, n’a pas bénéficié de tout le support financier familial pour arriver jusqu’au plus haut niveau.
À l’image d’un Lewis Hamilton plus jeune, Isack Hadjar aurait pu voir ses rêves de F1 s’anéantir bien plus tôt sans le soutien de Red Bull qui l’a intégré à ses jeunes pilotes.
« On ressent chez lui une forme d’instinct de survie, il sait qu’il n’a pas de joker et personne ne sera là pour le sauver si les résultats ne sont pas là », détaille encore Julien Fébreau.
L’actuel 10e au classement général du championnat du monde s’est dit « excité plus qu’autre chose » par le défi qui l’attend ». Plus jeune français à monter sur un podium de F1, lors du Grand Prix des Pays-Bas fin août, il pourrait prétendre à une première victoire en grand prix sous ses nouvelles couleurs dès mars 2026.
Un père physicien qui lui transmet le goût du volant
La fibre pour l’automobile, il la doit à un père physicien et pilote amateur ainsi qu’au film « Cars » qui le captive.
À huit ans, le jeune Isack commence à passer les vitesses sur les pistes de karting qui marqueront le début d’une ascension folle.
En 2019, il fait ses débuts en Formule 4 où il sera repéré par Red Bull, qui le soutient pour son arrivée en Formule 3 trois ans plus tard.
Après une saison pleine de promesses, (4e), il découvrira l’année suivante la F2, véritable antichambre de la F1.
Réputé pour ses prises de parole sans filtre, Isack Hadjar comprend qu’il est proche de rejoindre l’élite et déclare alors ne pas vouloir « perdre (son) temps en F2 ».
Il deviendra vice-champion de la catégorie avant de découvrir en 2025 la F1 chez Racing Bulls, l’écurie sœur de Red Bull. « Mentalement, il n’y a pas plus solide que moi sur la grille », clame-t-il aujourd’hui haut et fort.
Pour son dernier Grand Prix sous les couleurs de Racing Bulls, à Abou Dabi le 7 décembre, avant de clôturer la saison, le jeune pilote a déjà promis une course «mémorable». Avant de prendre un virage vers un autre monde.





