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Avant même son coup d’envoi, la Coupe du monde 2026 accumule déjà les polémiques

Le président Donald lors de l'annonce de la date du tirage au sort de la Coupe du monde de la FIFA 2025, le 22 août 2025. (Photographie officielle de la Maison-Blanche par Daniel Torok)
Pollution, chaleurs extrêmes, contrefaçon, manifestation, paris sportifs, journalistes surveillés, fouilles abusives, discrimination… La Coupe du monde s’ouvre ce jeudi 11 juin à Mexico et oppose pour le premier match le Mexique à l’Afrique du Sud. Un tournoi qui a déjà commencé avec son lot de polémiques.

Le Mondial 2026 apporte son lot de controverses. En effet, la Coupe du monde de football s’ouvre à Mexico au stade Aztèque ce jeudi 11 juin : la cérémonie d’ouverture et son premier match opposant le Mexique à l’Afrique du Sud se lancent dans un contexte où les polémiques ont pris le dessus sur l’engouement que cet évènement a toujours su susciter. Pollution, contrefaçon, manifestation, mondial trumpiste, paris sportifs, journalistes surveillés, chaleurs extrêmes, Gianni Infantino ou encore fouilles abusives de certaines équipes africaines… Voici tout ce qu’il faut savoir avant la cérémonie d’ouverture.

La Coupe du monde de football 2026 semble parfaitement coller cette année avec le 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des États-Unis, l’un des trois hôtes du Mondial, une vraie aubaine pour Donald Trump, qui espère redorer son image dans un contexte international tendu. Même si le football est bien moins populaire auprès des Américains, le Mondial semble s’être trumpisé, avec le soutien de la FIFA et de son président, Gianni Infantino.

Ce dernier a donné sa dernière conférence de presse avant le coup d’envoi, en rendant hommage au journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis une année. Le journaliste français a par ailleurs obtenu une accréditation… pour couvrir toute la Coupe du monde 2026, qui a lieu du 11 juin au 19 juillet, d’après l’AFP, qui a obtenu ces informations de l’ONG Reporters sans frontières, saluant « une manifestation de soutien fort » de la FIFA.

La compétition « la plus polluante de l’histoire » confrontée aux chaleurs extrêmes

Le président de l’organisation mondiale du football avait également très à cœur de « vendre » son tournoi à 48 équipes pour 104 rencontres. Des retombées financières qui, selon les estimations, devraient être records pour la FIFA : plus de 13 milliards de dollars, soit 11,3 milliards d’euros de recettes, seraient attendus pour le cycle de 2023 à 2026. Un chiffre également très élevé est celui de l’impact que l’événement aura sur l’environnement. En effet, la compétition devient « la plus polluante de l’histoire » selon le New Weather Institute, Scientists for Global Responsibility, l’Environmental Defense Fund et Cool Down – Sport for Climate Action.

« Depuis la dernière fois que les États-Unis ont accueilli la Coupe du monde, en 1994, le risque de canicule a doublé », a souligné Simon Stiell, le secrétaire général de l’ONU-Climat, au début du mois de mai. « Cela mettra en danger les joueurs et les supporters », a-t-il alerté, alors que quatorze stades dépasseraient les seuils de sécurité pour les critères de chaleur extrême, d’inondation et de sécheresse. En tout, six villes seront particulièrement exposées : Miami, Atlanta, Houston, Dallas et Kansas City aux États-Unis, ainsi qu’un autre site nord-américain particulièrement vulnérable aux épisodes de chaleur. Cinq stades seulement disposent de toits rétractables ainsi que de climatisation. Le risque de foudre est aussi particulièrement probable à cette période de l’année, et pourrait entraîner des interruptions de match ou des évacuations temporaires des terrains et des tribunes.

Une étude du think tank New Weather Institute accuse la FIFA de rejeter le triple des émissions de CO₂ de ce que l’organisation avait annoncé dans son dossier de candidature. Le taux de CO₂ se fixe en effet à 9 millions de tonnes contre 3,6 millions prévus par les pays co-organisateurs. Cette hausse s’explique notamment par l’ouverture à plus de pays que prévu les années précédentes au tournoi : passant de 32 à 48 pays en compétition. En tout, 85 % de l’empreinte carbone viendra du transport aérien entre les différentes villes des trois pays hôtes.

Qui dit Coupe du monde dit aussi production d’articles et de produits promotionnels. Les autorités hongkongaises ont annoncé ce jeudi 11 juin l’arrestation de six personnes dans le cadre d’une opération qui visait à exporter à hauteur de 80 % des marchandises vers les pays hôtes de la compétition des produits dérivés contrefaits liés à la Coupe du monde. Des marchandises illégales qui représentent en tout près de 20 millions de dollars. Les agents ont intercepté environ 230 000 articles, dont 30 000 maillots soupçonnés d’être des contrefaçons, pour une valeur marchande se situant à 156 millions de dollars de Hong Kong, ce qui vaut 17,2 millions d’euros. Ce n’est pas la première fois que les douanes locales parviennent à saisir un lot similaire de maillots contrefaits, incluant notamment des tuniques de la championne du monde en titre, l’Argentine.

Fouille disproportionnée, interrogatoire excessif, expulsions injustifiées ?

À l’arrivée de nombreuses délégations aux États-Unis, les politiques autoritaires et discriminatoires de son président républicain enflamment déjà l’opinion aux quatre coins du monde.

« Je ne suis qu’un simple arbitre qui tente de réaliser son rêve, le plus grand rêve de ma vie : assister à la Coupe du monde », a confié l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, depuis la capitale culturelle de la Turquie, à Istanbul, le lendemain de son expulsion des États-Unis.

« J’avais tous les papiers en règle. J’avais le visa nécessaire », assurait le meilleur arbitre d’Afrique qui, à son arrivée à l’aéroport de Miami, a été interrogé par les douanes américaines pendant 11 heures après avoir été détenu pendant plusieurs heures dans une « cellule de rétention séparée », rapporte le New York Times. De leur côté, les services de douanes n’ont pas donné d’explication précise sur le renvoi immédiat et l’interrogatoire de l’arbitre pourtant sélectionné par la FIFA.

Le patron de l’équipe de la Maison-Blanche en charge de l’organisation du tournoi a justifié l’expulsion d’Omar Abdulkadir Artan car : « Nous voulons également nous assurer que nous n’allons pas permettre qu’un tournoi de football devienne l’occasion pour des terroristes d’entrer potentiellement dans le pays ou pour quiconque de communiquer avec eux », a-t-il assumé. L’arbitre somalien n’est pas le seul à avoir été détenu sans justification précise par les douaniers américains en interrogatoire : Aymen Hussein, attaquant irakien, est resté environ sept heures à l’aéroport O’Hare de Chicago. La vedette de son pays avait en main un visa bien valide et a pu, finalement, entrer sur le territoire américain.

Dans cette même lignée, les équipes ouzbèke et sénégalaise ont rapporté avoir subi des fouilles disproportionnées. Une vidéo a notamment été publiée par le média sportif ESPN Centroamérica lundi 8 juin, où l’équipe ouzbèke est soumise à des fouilles à la sortie d’un bus, toujours chez l’hôte américain. Dans d’autres vidéos publiées sur les réseaux sociaux, ce sont cette fois les joueurs sénégalais qui subissent des fouilles. La Fédération sénégalaise a tenté d’apaiser les tensions en expliquant que le « contrôle ne s’est pas déroulé à l’arrivée de l’équipe à San Antonio [Texas], mais bien au moment de l’embarquement à l’aéroport de Raleigh [Caroline du Nord] », avant d’ajouter que « cette procédure s’est déroulée dans le respect des règles de sûreté aéroportuaire en vigueur et qu’aucun incident particulier n’a été signalé ».

Les paris sportifs en France… sans prévention ?

Alors que la délégation iranienne a rencontré de nombreuses difficultés ces dernières semaines pour pouvoir arriver sur le territoire américain, l’agence iranienne ISNA rapporte qu’Ahmed Donyamali, ministre iranien des Sports, a annoncé que les autorités iraniennes avaient adressé un message à la FIFA visant à prévenir certains débordements.

« Nous avons informé la FIFA que si [des protestations] hostiles à l’équipe nationale sont scandées […], le sélectionneur de l’équipe sera sans aucun doute tenu de suspendre le match », a-t-il prévenu.

D’après de nombreux journalistes de différentes nationalités, « des collègues iraniens, des collègues africains » auraient reçu « des visas à entrée unique » pour entrer aux États-Unis. « Nous nous trouvons confrontés à un problème persistant et inacceptable pour nous, journalistes : le refus de visas d’entrée à nos confrères régulièrement accrédités », a dénoncé dans un courrier envoyé à la FIFA le 5 juin dernier l’Association internationale de la presse sportive. Des accréditations qui empêchent les journalistes concernés de circuler librement entre les trois pays hôtes et donc de couvrir le tournoi.

En France cette fois-ci, le gouvernement fait actuellement face à une polémique concernant les paris sportifs et le secteur de la santé publique. Des agents de Santé publique France et des organisations syndicales ont dénoncé un report de la campagne de prévention sur les paris sportifs, pourtant habituellement centrale à quelques jours du coup d’envoi de compétitions sportives, car elle permet de sensibiliser les Français aux risques d’addiction liés à ces jeux. Une décision prise par le gouvernement alors que les mises devraient commencer et atteindre des niveaux records cet été à l’occasion de la Coupe du monde.

La ministre des Sports, Marina Ferrari, a de son côté assuré que la campagne sur les paris sportifs n’avait pas été mise de côté :

« J’ai lu dans la presse que nous aurions interdit une campagne, pas du tout. La campagne, on est en train de la retravailler. Elle va sortir », a-t-elle affirmé devant la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport de l’Assemblée nationale.

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