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Notre-Dame, Légion d’honneur, dîner d’Etat : ce que Léon XIV a refusé à Macron

Par Ricardo Stuckert — https://www.flickr.com/photos/157736962@N05/54851452841/, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=176987037 Foto: Ricardo Stuckert / PR
Du 25 au 28 septembre, Léon XIV doit effectuer son premier déplacement en France. Le Vatican a écarté plusieurs propositions de l’Élysée, de la Légion d’honneur à un tête-à-tête à Notre-Dame, pour préserver la vocation principalement pastorale du voyage.

Quelques minutes, pas plus. C’est ce qu’Emmanuel Macron espérait passer seul avec Léon XIV à l’intérieur de Notre-Dame de Paris, le 25 septembre, pour lui montrer le chantier de restauration, financé grâce à la générosité de particuliers et d’entreprises. Selon La Croix, qui a révélé l’affaire le 14 septembre, la demande, transmise par la voie diplomatique, n’a pas franchi les portes de la Secrétairerie d’État du Saint-Siège. L’affaire illustre les tractations protocolaires entre Paris et Rome.

Robert Francis Prevost, élu pape le 8 mai 2025 et devenu à cette occasion le premier souverain pontife américain de l’histoire, doit se rendre pour la première fois en France depuis son élection. Les deux hommes se sont déjà rencontrés le 10 avril 2026, lors d’une audience privée au Vatican. Cette fois, c’est un tout autre exercice : quatre jours, trois villes, Paris, Lourdes et Metz. Le séjour est présenté comme un « voyage apostolique », et non comme une visite d’État. Cette distinction place les rencontres avec les fidèles au cœur du déplacement, sans exclure les échanges avec les autorités françaises.

Un menu à la carte, pas un buffet

À l’Élysée, on avait pourtant envisagé les grands classiques. Garde républicaine et tambours pour l’accueil du 25 septembre, remise de la grand-croix de la Légion d’honneur, déjeuner ou dîner d’État en présence du chef de l’État. Selon les informations de La Croix, le Saint-Siège a écarté ces options une à une. Léon XIV doit loger et prendre ses repas à la nonciature apostolique de Paris, loin du faste présidentiel.

L’entourage d’Emmanuel Macron dément toute brouille. « Il y a eu un dialogue, comme ça se fait à chaque fois entre l’Élysée et les représentants du chef d’État qu’est le pape », assure-t-on à la présidence, qui évoque une « polémique inutile ». Une source proche du dossier file la métaphore du restaurant : entre tartare, filet de bœuf et onglet, impossible de tout commander à la fois. Version élyséenne, donc : rien n’a été refusé, tout a été discuté, puis tranché.

La Conférence des évêques de France abonde dans ce sens. Elle salue la disponibilité de l’Élysée, du protocole d’État et des préfectures, tout en rappelant une règle simple : un voyage apostolique ne se pilote pas comme un sommet diplomatique. Le pape a beau être, statutairement, chef de l’État de la Cité du Vatican, « il est d’abord accueilli comme chef de l’Église », résume l’organisation.

Notre-Dame, symbole disputé

Le cas Notre-Dame cristallise ces divergences protocolaires. Pour l’Élysée, la cathédrale rouverte en décembre 2024 reste aussi une vitrine de la reconstruction française, un chantier suivi de près par Emmanuel Macron depuis l’incendie de 2019. Pour le Vatican, elle demeure avant tout un lieu de culte, où Léon XIV doit présider les vêpres. La presse évoque également les désaccords entre les autorités françaises et l’Église sur la fin de vie, sans établir qu’ils expliquent les arbitrages protocolaires. Le caractère pastoral du déplacement est l’explication avancée par le Saint-Siège. Aucune des deux parties ne parle officiellement de crise.

Reste un programme dense, largement tourné vers le contact avec les fidèles. Emmanuel Macron doit accueillir Léon XIV à Orly avant leur entrevue à l’Élysée, puis retrouver le pape le 28 septembre à Metz, dernière étape du séjour. Le déplacement prévoit notamment les vêpres à Notre-Dame, une veillée avec les jeunes au Stade de France, une messe place de la Concorde et un passage par Lourdes, où il doit prier à la grotte de Massabielle et rencontrer les évêques de France.

Ce format n’a rien d’inédit. Jean-Paul II et Benoît XVI avaient eux aussi effectué des voyages apostoliques en France. Notre-Dame donne toutefois à cette visite une portée symbolique particulière : rouverte en décembre 2024 après l’incendie de 2019, la cathédrale est à la fois un lieu de culte et un symbole de la restauration du patrimoine français. Les arbitrages autour de cette étape illustrent la priorité donnée par le Saint-Siège au programme religieux, sans supprimer la dimension diplomatique du séjour.

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