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Mouvement lycéen : 1 % de blocages à la rentrée, mais l’équation reste à résoudre

Des élèves français manifestent contre les problèmes touchant les établissements scolaires. (Crédits: Antoine Gyori - Corbis/Corbis via Getty Images)
Selon le ministère de l’Éducation nationale, 41 lycées sur 3 700 étaient bloqués au matin du 2 novembre. Mais entre concessions jugées insuffisantes et journées de mobilisation déjà fixées, le mouvement, lancé le 21 septembre, n’a pas dit son dernier mot.

« Les lycées seront bloqués dès lundi. » Ce 1er novembre, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens!, ne laissait guère de place au doute. Mais ce lundi 2 novembre, le ministère de l’Éducation nationale a livré son décompte du matin : 41 lycées bloqués, soit environ 1 % des 3 700 établissements retenus dans ce bilan, et aucune perturbation dans trois quarts des départements. Sur France Inter, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a évoqué un mouvement « résiduel », en citant notamment des blocages ou des tentatives de blocage en Île-de-France, dans le Nord et à Toulouse. Il a rappelé que les blocages sont « illégaux », tout en jugeant l’année scolaire « en risque » pour plusieurs centaines de milliers d’élèves.

Le gouvernement veut y voir un reflux, mais maintient sa vigilance. La police doit renforcer ses effectifs aux abords des établissements, selon un message de la Direction nationale de la sécurité publique consulté par l’AFP. À l’Élysée, l’entourage d’Emmanuel Macron estimait la veille que « le temps d’un retour en classe est venu », tout en reconnaissant que ce genre de mouvement « ne se termine jamais de manière absolument nette ». Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, a lui aussi appelé à reprendre les cours, tout en maintenant le dialogue avec les organisations syndicales.

Six semaines de mobilisation, plus de 5 000 interpellations début octobre

Il y a un mois, le rapport de force n’avait rien de résiduel. Lancé le 21 septembre, le mouvement s’était rapidement étendu : le jeudi 1er octobre, l’Intérieur recensait 1 027 établissements concernés, dont 222 bloqués. Le lendemain, plus de 400 établissements étaient fermés, notamment pour des raisons de sécurité, et des mesures d’enseignement à distance étaient prévues. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, annonçait 1 747 interpellations pour la seule journée du 2 octobre, plus de 5 000 depuis le lundi 28 septembre. Barricades en feu, proviseurs agressés, blessés ou pris pour cible en Normandie, à Clermont-Ferrand ou dans le Pas-de-Calais : les violences ont durablement marqué la mobilisation.

Après le départ en vacances des lycéens, le 16 octobre, le mouvement a changé de nature. Dès le lendemain, les cortèges lycéens ont été rejoints par la mobilisation « contre la vie chère » et pour les services publics, qui a réuni des centaines de milliers de manifestants dans toute la France. De nouvelles manifestations ont eu lieu les samedis 24 et 31 octobre.

« Des miettes » ou 5 milliards ?

Ce 26 octobre, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont abattu leurs cartes : remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, annulation des suppressions de postes prévues dans le second degré, création de 500 postes de professeurs supplémentaires, plafond de 28 élèves par classe de seconde générale et technologique, d’abord dans la moitié des lycées les moins favorisés en 2027, puis dans tous les lycées en 2028, et 15 000 places en plus dans le supérieur. Un « premier pas », ont répondu les organisations de jeunesse, qui réclament 10 milliards d’euros d’investissement et l’abrogation de Parcoursup. L’Union étudiante a parlé de « miettes ». Le plan annoncé pour les bâtiments représente 5 milliards d’euros, dont 4 milliards de prêts à taux préférentiels pour la rénovation scolaire et 1 milliard d’investissement pour les campus.

Sur Parcoursup, le désaccord porte autant sur le calendrier que sur le principe. Le gouvernement prévoit deux temps : des critères d’examen des candidatures plus transparents dès la campagne 2027, puis le remplacement de la plateforme en 2028, avec des modifications législatives si nécessaire. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, veut que ce soit « dès 2027 ».

Dans la classe politique, les lignes se dessinent à six mois de la présidentielle. Raphaël Glucksmann juge les demandes des lycéens « parfaitement légitimes » et dénonce une stratégie du « pourrissement ». Gabriel Attal, lui aussi candidat, insiste pour que les cours reprennent et que les élèves voient les effets concrets des engagements pris. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, estime quant à elle que « le blocage durable des établissements ne peut pas être une solution ».

Le calendrier, lui, ne laisse guère de répit. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à bloquer de nouveau les 3 et 5 novembre, l’Unef à faire du 3 novembre une « journée noire » dans les universités. Le jeudi 5 novembre, l’intersyndicale appelle les salariés à faire grève et à manifester : plus de 200 manifestations hors de Paris sont annoncées selon la CGT, tandis qu’un parcours entre Bastille et Concorde a été demandé pour le cortège parisien. Prochain test dès mardi 3 novembre, au matin, devant les grilles.

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