Le taux de chômage retrouve son plus haut niveau depuis cinq ans. En France, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point au premier trimestre 2026, rapporte l’Insee ce mercredi 13 mai. Il atteint à présent 8,1 %, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021. Sur un an, la hausse s’élève à 0,7 point. Au sens du Bureau international du travail, le nombre de personnes sans emploi et recherchant activement un emploi a augmenté de 68 000 par rapport au trimestre précédent, à 2,6 millions de personnes.
Sur le premier trimestre, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans recule de 0,4 point pour s’établir à 21,1 %. Il augmente en revanche de 0,4 point chez les 25-49 ans à 7,3 %, tandis qu’il reste quasi stable chez les seniors, à 5,2 %. L’Insee précise par ailleurs que depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi en janvier 2025, « les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage ».
Un objectif de 5 % qui s’éloigne
Même si une partie de la hausse est liée à l’évolution du suivi des bénéficiaires du RSA et des jeunes inscrits à France Travail, l’objectif d’Emmanuel Macron est de ramener le taux de chômage à 5 % d’ici la fin de son second mandat en 2027… un pari qui paraît désormais de plus en plus difficile à atteindre.
Aux 2,6 millions de personnes considérées comme étant au chômage au sens du BIT, c’est-à-dire comprenant les personnes qui recherchent activement un emploi dans un délai de quelques mois, s’ajoutent également 1,8 million de personnes qui souhaitent travailler sans être comptabilisées comme chômeuses, parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles. Elles constituent ce que l’Insee appelle le halo autour du chômage. Leur nombre diminue nettement sur le trimestre, de 62 000 personnes, indique l’Institut.
Au premier trimestre cette année, 4,4 % des personnes qui travaillent sont en réalité en situation de sous-emploi, c’est-à-dire des personnes qui ont un emploi à temps partiel mais souhaitent travailler davantage, ou qui ont involontairement travaillé moins que prévu, notamment en raison d’une période de chômage partiel. Cette part reste stable sur le trimestre, mais progresse légèrement sur un an. L’Insee note toutefois qu’en moyenne sur le premier trimestre, 16,9 % des « participants au marché du travail » se retrouvent « contraints » dans leur offre de travail, que celle-ci soit sous-utilisée, voire pas du tout utilisée.
La jeunesse dans une mauvaise passe
Parmi les problématiques recensées dans le monde du travail, celle de la place de la jeunesse. En effet, ce trimestre, la part des jeunes de 15 à 29 ans « qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études » a de nouveau augmenté pour atteindre 13,1 %. Elle se situe 0,4 point au-dessus de son niveau d’il y a un an et 0,9 point au-dessus de son niveau de la fin de l’année 2019. Selon l’institut national, le taux d’activité des jeunes inscrits à France Travail a augmenté de 1,1 point sur le trimestre, et de 1,4 point depuis fin 2024. Sur un an, le taux de chômage a augmenté pour toutes les tranches d’âge… mais pas seulement.
Alors que « le taux de chômage des femmes est quasi stable sur le trimestre (+0,1 point), à 7,7 % », les hommes rencontreraient plus de difficultés à trouver un emploi. Le taux de chômage « des hommes augmente de 0,3 point, à 8,5 %, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021 », souligne l’Insee.
L’institut spécialisé dans les études économiques affirme également que le taux de chômage de longue durée est « en légère hausse » depuis un an, atteignant 2 % de la population active. « Parmi les chômeurs, 626 000 personnes en moyenne déclarent au premier trimestre 2026 être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an, soit 36 000 de plus qu’au trimestre précédent », peut-on lire dans le rapport de l’institut national.





