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Présidentielle 2027 : Natacha Polony s’élance dans la course à l’Élysée

Natache Polony. (Crédits: Eric Fougere/Corbis via Getty Images)
L’ancienne patronne de Marianne a officialisé, ce 14 octobre, sur France Inter sa candidature pour 2027. Sans parti, avec un mouvement lancé en septembre et 60 000 soutiens revendiqués, elle doit d’abord franchir l’obstacle des 500 parrainages.

L’ancienne patronne de Marianne a officialisé, ce 14 octobre, sur France Inter sa candidature pour 2027. Avec un mouvement lancé en septembre et 60 000 soutiens revendiqués, elle doit d’abord franchir l’obstacle des 500 parrainages.

Impuissance, illisibilité, irresponsabilité, incapacité à penser le temps. Quatre « I » pour résumer l’offre politique actuelle, selon Natacha Polony, qui les a égrenés, ce 14 octobre, au micro de Benjamin Duhamel, sur France Inter. Quelques minutes plus tard, la directrice de la revue L’Audace a levé le suspense, entretenu la veille par un message sibyllin publié sur X : « Oui, je suis candidate à l’élection présidentielle. »

À 51 ans, l’ancienne directrice de la rédaction de Marianne a lancé en septembre un mouvement qui, assure-t-elle, a déjà rassemblé « 60 000 personnes », censées incarner les « orphelins de la politique ». Ce chiffre n’a pas pu être vérifié indépendamment. Le nombre de candidatures ne l’effraie pas : il y a déjà « beaucoup de candidats », reconnaît-elle, mais cela n’a, selon elle, pas débloqué la situation.

Une « politique de production » contre le « chaos »

Son diagnostic tient en un mot : « chaos ». Une « crise lycéenne tragique », faite de violences, une « crise de la dette », une « crise internationale », et surtout « une perte totale de rang de la France » sur l’économie, l’indépendance et la souveraineté. Le remède se veut concret. Elle promet de « prioriser la production française dans la commande publique », pour recréer de l’activité et faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État. Elle propose aussi de supprimer toutes les aides aux entreprises qui ne sont pas conditionnées à une production sur le sol français.

Elle n’arrive pas en inconnue. De 2011 à 2014, la polémiste a tenu sa place dans « On n’est pas couché », l’émission de Laurent Ruquier sur France 2, avant de devenir une habituée des plateaux et des studios de radio, et l’autrice de nombreux essais. À la tête de Marianne, elle a défendu une ligne souverainiste, antilibérale en économie et critique des élites. Plus loin dans le temps, il y a eu Jean-Pierre Chevènement, dont elle fut la compagne de route jusqu’à se présenter aux législatives de 2002, à Paris. Un engagement bref, resté sans suite.

Vingt-quatre ans plus tard, elle défend un souverainisme de gauche. Selon le HuffPost, son positionnement est post-chevénementiste et proche d’Arnaud Montebourg, et une partie de son équipe vient de l’Engagement, le micro-parti créé à l’origine pour soutenir l’ancien ministre du Redressement productif. En septembre, elle expliquait au JDD être dans une phase de structuration de son équipe et de préparation des financements. Un site de campagne est désormais en ligne, avec un mot d’ordre : « Nous sommes la France ».

Pas question, en tout cas, de jouer les candidates de témoignage. Elle se présente « bien sûr » pour l’emporter au printemps. Devant Benjamin Duhamel, elle a décrit un paysage coupé en deux : d’un côté, deux offres perçues par la majorité des Français comme « une offre qui fracture » ; de l’autre, des responsables qui ont exercé le pouvoir, dont les idées ont déjà été portées. « Malgré ce nombre de candidats, vous avez un effondrement », plaide-t-elle. Quant aux journalistes qui basculent en politique, elle rappelle qu’il y en a eu beaucoup dans l’histoire de France, de Jean Jaurès à Georges Clemenceau.

Le mur des 500 parrainages

Avant de séduire, il faudra convaincre les élus. Pour figurer sur la ligne de départ, il lui faudra réunir 500 parrainages d’élus habilités avant le 12 mars 2027, une étape redoutée des équipes de campagne sans implantation locale. Interrogée sur le nombre de promesses déjà obtenues, Natacha Polony n’a pas donné de chiffre et a qualifié le dispositif de « règle aberrante ».

Le précédent de 2022 invite à la prudence. Éric Zemmour, qui bénéficiait d’une forte exposition médiatique, avait obtenu 7,07 % des suffrages exprimés au premier tour. Natacha Polony, elle, affirme vouloir « perturber le jeu politique ». Les prochains mois diront si elle y parvient avant même le premier tour.

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