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Salon de l’auto 2026 : Macron annonce un accord franco-allemand imminent pour défendre l’industrie européenne

SHENZHEN, CHINA - MAY 30: People visit the 2026 Guangdong-Hong Kong-Macao Greater Bay Area International Auto Show on May 30, 2026 in Shenzhen, Guangdong Province of China. The Guangdong-Hong Kong-Macao Greater Bay Area (Crédits : VCG/VCG / Getty Images)
À l’ouverture du Salon de l’automobile, lundi 12 octobre, Emmanuel Macron a annoncé un accord imminent avec l’Allemagne pour protéger l’industrie européenne face à la concurrence chinoise. Bruxelles entend également limiter les importations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an dès 2027.

Emmanuel Macron a annoncé un « accord imminent » avec l’Allemagne pour défendre l’industrie automobile européenne, lors de l’ouverture de la 91e édition du Mondial de l’automobile.

Attendu depuis plusieurs mois, l’accord franco-allemand sur l’Industrial Accelerator Act serait sur le point d’aboutir, selon le chef de l’État. Ce projet de règlement européen prévoit notamment des critères de contenu européen pour l’accès aux aides publiques et aux marchés publics dans l’automobile. Il reste en cours de négociation au niveau européen. L’objectif : rééquilibrer la concurrence face à la Chine et soutenir les constructeurs du continent.

Car derrière les nouveautés présentées au Salon se joue une bataille industrielle majeure. Face à la concurrence chinoise, Paris défend le principe d’une industrie européenne plus autonome : les aides publiques devraient favoriser les véhicules intégrant une part significative de valeur ajoutée produite dans l’Union européenne, batteries et composants compris. Pour Emmanuel Macron, la transition électrique ne doit pas se faire au détriment des industriels européens.

Un premier accord pour limiter les importations de véhicules hybrides chinois

Au-delà de cet accord franco-allemand en préparation, Bruxelles entend déjà freiner la progression des constructeurs chinois sur le marché européen. BYD, MG, Jaecoo ou encore Omoda misent notamment sur les motorisations hybrides pour gagner des parts de marché. Ces modèles échappent aux surtaxes instaurées en 2024 sur les voitures 100 % électriques fabriquées en Chine, qui peuvent atteindre 35,3 %, en plus des droits de douane habituels de 10 %.

C’est précisément sur ce terrain que l’Union européenne vient d’obtenir une première avancée. Après deux jours de négociations à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a annoncé vendredi 9 octobre que la Chine avait accepté de modérer ses exportations de véhicules hybrides et hybrides rechargeables vers l’UE. Cet accord pourrait empêcher l’arrivée de « plusieurs millions d’unités sur une période de quatre ans » et « ouvre la perspective d’une réduction de plus de moitié des exportations chinoises », a-t-il expliqué.

Les chiffres donnent la mesure du défi. Près de 380 000 voitures hybrides fabriquées en Chine avaient déjà été exportées vers l’Union européenne au cours des sept premiers mois de 2026. Le plafond envisagé de 350 000 véhicules pour la première année représenterait ainsi une baisse d’environ 56 % par rapport aux 800 000 véhicules attendus cette année. Ce quota serait ensuite relevé de 6 % par an pendant trois ans. Selon des responsables de la Commission européenne cités par Reuters, le dispositif pourrait entrer en application dès début décembre 2026.

Emmanuel Macron a salué cet accord, qui doit permettre de « mieux protéger le marché européen de la concurrence déloyale ». « Il est le fruit d’un travail de plusieurs années », a ajouté le chef de l’État. Une première étape pour Bruxelles, qui cherche désormais à inscrire cette protection dans une stratégie industrielle plus large.

Pékin accusé de pratiques commerciales déloyales

Car au-delà des volumes importés, c’est l’équilibre même de la concurrence entre les deux puissances qui est en question. De nombreux industriels et responsables européens dénoncent des produits chinois vendus à des prix particulièrement compétitifs, susceptibles de fragiliser des secteurs entiers et de menacer des emplois. Ils pointent notamment les subventions publiques accordées aux entreprises chinoises et les obstacles auxquels se heurtent les entreprises européennes pour accéder au marché chinois.

Pékin rejette ces accusations, défend les performances de son industrie et renvoie l’Europe à ses propres fragilités économiques. Samedi, la Chine a salué les compromis conclus avec l’Union européenne, estimant qu’ils avaient permis d’« éviter une escalade » et constituaient « un nouveau départ ».

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