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66,17 % des voix : Glucksmann plie la primaire de la gauche dès le premier tour

Raphael Glucksmann. (Crédits: Remon Haazen/Getty Images)
Avec 66 % des voix dès le premier tour, l’eurodéputé écrase Olivier Faure (14 %). Il doit maintenant rassembler une gauche sociale-démocrate fracturée, entre écologistes réticents, LFI hostile Avec 66 % des voix dès le premier tour, l’eurodéputé écrase Olivier Faure (14 %). Il doit maintenant rassembler une gauche sociale-démocrate fracturée, entre écologistes réticents, LFI hostile et bras de fer budgétaire avec le gouvernement.et bras de fer budgétaire avec le gouvernement.

Ségolène Royal l’avait traité de « stagiaire » en plein débat télévisé, Olivier Faure l’avait pris pour cible jusque dans la dernière ligne droite. Raphaël Glucksmann a raflé la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour, ce 11 octobre, avec 66,17 % des suffrages contre 14,46 % pour le premier secrétaire du PS. Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel n’ont franchi la barre des 10 % ni les uns ni les autres. Un peu plus de 120 000 personnes ont voté, et Olivier Faure accuse plus de 60 000 voix de retard.

Chez les proches du patron du PS, c’est la sidération. « C’est une branlée, on s’est fait rouler dessus. Il va falloir plusieurs jours pour digérer ça », souffle l’un d’eux. Ses soutiens avaient bien étudié le scénario d’une défaite au premier tour, mais pas celui d’une déroute pareille. Leur explication : les sondages. Depuis l’officialisation de sa candidature fin août, Olivier Faure plafonnait souvent sous les 5 % d’intentions de vote, quand l’eurodéputé en recueillait entre 10 et 13 %. « Les gens ont envie de gagner », résume un cadre fauriste. Les offensives lancées dans la dernière ligne droite n’y ont rien changé. Chez Place publique, dont les rangs se sont approchés de 30 000 militants à l’occasion du scrutin, on reconnaît ne pas s’être attendu à un tel raz-de-marée, tout en demandant qu’on n’écrive surtout pas que l’on est surpris.

Un PS sonné, une gauche à recoudre

Ce 12 octobre sur France Inter, le vainqueur a tendu la main à son rival battu, qu’il souhaite voir « faire partie de cette campagne », tout en notant qu’Olivier Faure « n’est plus majoritaire au sein de son propre parti ». Son mandat pourrait d’ailleurs être remis en jeu. Les félicitations, elles, affluent. François Hollande, probable candidat lui aussi, salue par la voix de son entourage « une première étape » qui doit « donner de l’élan ». Bernard Cazeneuve appelle à rassembler la gauche « sans alliance avec LFI ». Sophie Binet, patronne de la CGT, juge que la gauche « a besoin de s’unir pour gagner ». Nicolas Mayer-Rossignol, maire PS de Rouen et responsable du programme du candidat, fait valoir qu’une victoire à 51 % aurait été étriquée, quand ce score écarte toute contestation.

L’eurodéputé a demandé à Jean-Luc Mélenchon de « désavouer formellement » ses supporters.

Marine Tondelier, elle, ne se joint pas au concert : la patronne des Écologistes a déploré la victoire de « celui qui fait le choix du repli ». L’entourage de Raphaël Glucksmann affecte de ne pas s’en émouvoir. Le sénateur écologiste Yannick Jadot, déjà rallié, doit bientôt présenter les « 100 jours de la révolution écologiste » promis par le candidat, qui a lancé un appel aux citoyens « écologistes, humanistes » et « républicains ». Place publique veut constituer une équipe large, puis « s’élargir au reste de la gauche démocratique », selon Jérôme Auslender, l’un de ses responsables.

Enfariné après sa victoire, il vise LFI

À peine sorti d’un bar du 20e arrondissement de Paris, Raphaël Glucksmann a reçu du riz sur la tête, lancé par une jeune femme se disant « mélenchoniste », puis un sac de farine, déversé par une personne postée derrière lui alors qu’il rejoignait un taxi. Des sympathisants insoumis scandaient « Mélenchon, président ! » depuis un bar voisin. Ce 12 octobre, l’eurodéputé a demandé à Jean-Luc Mélenchon de « désavouer formellement » ses supporters, évoquant un phénomène « récurrent » et citant un déplacement récent à Nancy. Il affirme ne pas avoir « peur ».

Rien ne permet encore de dire si l’auteur de l’enfarinage est un militant insoumis. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé un « engrenage de violence » qu’elle impute à LFI ; Jordan Bardella, une « violence inacceptable ». Côté insoumis, le député Paul Vannier a lâché sur X : « Sortie de route. Fin de parcours. » Sur scène, le candidat avait déjà fixé le cap : « rupture avec le macronisme » et fin de « l’hégémonie de Mélenchon sur la gauche », même si l’adversaire principal reste « l’extrême droite ».

Un autre front s’ouvre côté gouvernement. Sur France Inter, Raphaël Glucksmann a jugé le budget « inacceptable » en l’état, promettant la censure si la copie de Sébastien Lecornu ne bouge pas, mais une discussion si le gouvernement l’entend, notamment sur la taxation des plus hauts patrimoines et des plus grands héritages. Prochaine étape : une convention d’investiture est à l’étude, avec un grand meeting envisagé les 7 ou 8 novembre.

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