À peine quelques jours après l’appel à l’aide de Donald Trump, les alliés des États-Unis se préparent à prêter main forte. Dans un communiqué conjoint publié jeudi 19 mars 2026, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon se disent « prêts à contribuer » à la sécurisation du détroit d’Ormuz, hautement perturbé par la guerre en Iran depuis le samedi 28 février 2026.
Cette artère maritime, par laquelle transite en temps normal près de 20 % du pétrole mondial, est désormais à l’arrêt. La fermeture de ce corridor bordé par Oman, les Émirats arabes unis et l’Iran provoque une inquiétude inédite sur les prix du gaz et de l’or noir, le Brent frôlant, ce vendredi 20 mars 2026, les 110 dollars. Une situation critique que cherchent à débloquer les six pays, à une seule condition.
« Nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit »
L’annonce des six pays intervient dans un contexte de franche escalade au sein du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, marqué par des frappes ciblant désormais les infrastructures énergétiques dans le Golfe. L’ombre d’une guerre du gaz et du pétrole se profile suite aux missiles tombés ce mercredi 18 mars 2026 sur les plus grands gisements de gaz naturel liquéfié (GNL) du monde, parmi lesquels celui de Ras Laffan (Qatar) et South Pars (Iran).
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté les récentes attaques menées par l’Iran contre des navires commerciaux non armés dans le Golfe, les attaques contre des infrastructures civiles, notamment des installations pétrolières et gazières, ainsi que la fermeture de fait du détroit d’Ormuz par les forces iraniennes », ont déclaré les dirigeants français, allemand, italien, japonais, néérlandais et britannique.
Dans un contexte d’« escalade du conflit », les six pays se disent « prêts à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit ». D’après l’Organisation maritime internationale (OMI), près de 20 000 marins patientent à bord de 3 200 bateaux sur les eaux du détroit d’Ormuz, devenues le terrain de mines iraniennes.
La contribution des six pays « alliés » de Donald Trump repose néanmoins sur la condition non négociable d’un cessez-le-feu entre les belligérants : « Nous appelons à un moratoire immédiat et complet sur les attaques visant les infrastructures civiles, y compris les installations pétrolières et gazières ».
Emmanuel Macron a esquissé de son côté, jeudi 19 mars 2026, les contours d’une future mission chapeautée par l’Organisation des Nations-Unies (ONU). Si le président de la République a affirmé que « la France était prête, avec d’autres nations, à prendre la responsabilité d’un système d’escorte de navires dans le détroit », il a réfuté toute mission offensive. « Nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours », a-t-il assuré.
Un revirement de stratégie soudain
La déclaration conjointe des six pays répond directement à l’appel à l’aide de Donald Trump, lancée samedi 14 mars sur son réseau Truth Social. « Les pays du monde recevant du pétrole par le détroit d’Ormuz doivent s’assurer de la sécurité de ce passage, et nous les aiderons – BEAUCOUP ! », peut-on lire sur son compte. « Les États-Unis se coordonneront avec ces pays afin que tout se passe rapidement, doucement et d’une bonne manière », précise le président américain.
Jusqu’à jeudi 19 mars 2026, aucun des pays mentionnés par le président des États-Unis (parmi lesquels se trouvaient la Chine, la Corée du Sud et les alliés européens) n’avait daigné répondre ou soutenir sa demande. Face au refus clair de l’Australie, du Japon et de la France, Donald Trump envisageait des « conséquences très mauvaises » pour l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
À l’occasion du Conseil de défense du mardi 17 mars, Emmanuel Macron a réitéré sa position sur la guerre au Moyen-Orient en affirmant que « jamais la France ne prendra part à des opérations d’ouverture du détroit d’Ormuz ». Une déclaration qui avait outré son homologue étasunien, lequel s’était contenté de dire que « le président Macron [allait] finir son mandat très bientôt de toute façon ».
La sécurisation du détroit par les six pays demeure, à ce jour, à un « stade très précoce », d’après Al Carns, le secrétaire d’État aux Forces armées britannique. Les alliés se contentent pour l’heure de « conceptualiser la totalité du problème et de s’assurer qu’il y a un chemin clair vers la prochaine étape ». Tant que la guerre en Iran reste figée à un stade de tensions aussi élevé, aucune mission de sécurisation ne devrait être mise en application.





