Sur la côte méditerranéenne, des archéologues égyptiens ont exhumé 18 tombes gréco-romaines, dont plusieurs étaient encore scellées depuis l’Antiquité. Plus au sud, dans le désert occidental, les vestiges d’une ville byzantine oubliée éclairent la vie quotidienne d’une communauté installée dans l’oasis de Dakhla.

Un sarcophage au couvercle encore scellé. Des dalles funéraires jamais déplacées depuis l’Antiquité. À Marina El-Alamein, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Alexandrie, des archéologues égyptiens viennent d’exhumer 18 tombes gréco-romaines, dont certaines étaient restées closes depuis près de 2 000 ans. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a annoncé la découverte ce samedi 4 juillet.

L’état de conservation du site frappe immédiatement. Plusieurs sépultures étaient encore fermées par leurs dalles d’origine, tandis qu’un sarcophage en granit de 2,5 mètres conservait son couvercle intact, laissant penser que ces tombes sont restées scellées depuis l’époque gréco-romaine.

De l’or pour les morts

À l’intérieur, restes humains, poteries, amphores et objets funéraires se sont accumulés au fil des siècles. Mais ce sont 24 objets en or, placés dans la bouche de plusieurs corps, qui intriguent le plus les chercheurs. Cette pratique funéraire, connue sous le nom de « langues d’or », renvoyait à des croyances liées au passage vers l’au-delà et à la capacité des défunts à parler dans l’autre monde.

Le site correspondrait à Leukaspis, une cité portuaire active sur les routes commerciales de la Méditerranée orientale. Fondée à l’époque hellénistique, elle aurait connu son apogée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère, avant de prospérer jusqu’à l’époque romaine tardive. Les fouilles permettent aujourd’hui d’en reconstituer peu à peu l’histoire. Depuis son identification en 1986, lors de travaux de construction, 44 tombes ont été recensées à Marina El-Alamein.

Une ville ressurgit du désert

Plus au sud, le désert occidental réservait une deuxième surprise de taille. Dans l’oasis de Dakhla, ancien carrefour des routes caravanières reliant la vallée du Nil à la Libye, les archéologues ont exhumé les vestiges d’une ville byzantine à Aïn El-Sabil, datée du IVe siècle après J.-C. Cette fois, il ne s’agit plus d’une nécropole mais d’une ville. Son plan apparaît encore avec une étonnante netteté : rues organisées, places publiques, quartiers résidentiels et église de type basilical dessinent les contours d’une communauté installée au cœur du désert.

Les fouilles continuent d’en préciser le fonctionnement. Une basilique du milieu du IVe siècle se détache au cœur de l’agglomération, tandis que deux tours de guet témoignent de son système défensif. Les chercheurs ont également mis au jour près de 200 ostraca rédigés en copte et en grec – des fragments de poterie utilisés comme supports d’écriture – ainsi que des monnaies de bronze et d’or. Certaines datent du règne de l’empereur Constance II, preuve que la cité était intégrée aux réseaux politiques et commerciaux de l’Empire romain tardif.

Ces deux découvertes, annoncées en l’espace de 24 heures, s’inscrivent dans une stratégie désormais bien rodée des autorités égyptiennes. Chaque nouvelle campagne de fouilles alimente la mise en valeur d’un patrimoine devenu un levier économique majeur. Le tourisme représente l’une des principales sources de devises du pays, aux côtés du canal de Suez et des transferts des Égyptiens vivant à l’étranger. En 2025, l’Égypte a accueilli un record de 19 millions de touristes, selon les chiffres officiels cités par l’Associated Press.