Son mini-concert au parc de Disneyland Paris est demeuré secret jusqu’au bout. Affublée d’une longue cape blanche et d’une tresse blonde tombante sur le côté, Santa ne faisait plus qu’un, le 28 mars, avec le personnage d’Elsa dans le film d’animation La Reine des Neiges. Devant le nouveau décor scandinave représentatif du village fictif d’Arendelle, Santa a interprété plusieurs chansons tirées du film de Disney. Après sa performance, l’artiste a pris le temps de se livrer à TIME France. L’occasion d’en savoir davantage sur ses prochains projets.
Dans quelques jours, le 2 avril, vous serez sur la scène de l’Accor Arena. Que représente cette étape dans votre carrière ?
Cela représente la fin de la tournée. C’est aussi la fin d’un chapitre, et je vais de surprise en surprise, de magie en magie et de rêves en rêves. C’est vrai que c’est une grande étape de remplir une si grande salle. La tournée a été merveilleuse parce que j’ai eu la chance de faire le show que je voulais faire, avec tous les rendez-vous magiques, et de le voir s’achever.
Il y a, je crois, une petite part de nostalgie. Mais il faut lutter contre la nostalgie : j’ai déjà le prochain album en tête.
Votre marque de fabrique, c’est la voltige. Vous vous mettez très souvent en scène dans les airs, que ce soit pour votre clip de Popcorn salé ou encore votre saut en tyrolienne pour le Téléthon 2025. Que se cache-t-il derrière ce goût du risque ?
Alors en premier, l’amusement. Il y a, aussi, le geste artistique total d’habiller les chansons, parce que j’aime la mise en scène. De la même manière que j’arrange une chanson avec tous ses instruments – parce que je suis pudique – je pense que je mets en scène les chansons pour amener une forme de cohérence esthétique autour de ce projet, et autour de moi. Je ne dis pas « ce projet », en fait, c’est moi le projet.
C’est aussi une façon de m’amuser, parce que je trouve qu’on a besoin de belles images en ce moment, d’amener une part de fantaisie et de rêve autour de la musique et de l’entertainment. Beaucoup d’enfants viennent me voir, et je trouve très gai de les voir sourire et s’émerveiller quand le piano vole, par exemple.
Vous vous êtes particulièrement illustrée en décembre 2025, lorsque vous occupiez le rôle de marraine du Téléthon avec un don de 99 999 €. Le 9, c’est votre chiffre favori, le « chiffre de l’espoir », selon vous…
C’est un chiffre qui représente l’espoir. Même si c’est une naïveté que je cultive, j’ai envie d’y croire, encore et encore. Le Téléthon, c’est ça : c’est ne rien lâcher et y croire. Parce qu’il y a 40 ans, c’était encore impalpable, et parce qu’ils y ont cru, nous sommes aujourd’hui à l’aube d’avancées scientifiques immenses.
C’est aussi une fierté française, parce qu’on a été les pionniers dans cette recherche génétique-là. Il y a donc en moi cette envie de continuer à croire en ce « 9 » de l’espoir, parce que c’est devenu une discipline d’essayer d’avancer là-dedans.
Quels espoirs vous animent quand vous songez à l’avenir ?
Ce serait une réponse beaucoup trop longue. Je vais essayer de continuer de trouver de belles mélodies et de rendre les chaos harmonieux. C’est ce que j’essaie de faire humblement, parce que derrière un piano, on ne peut pas changer le monde. Mais on peut l’aider.
Aujourd’hui, tout semble vous réussir. Popcorn salé est certifié disque de diamant, vous participez à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Paris, vous apparaissez dans The Voice Kids et la Star Academy, Disneyland Paris pour son ouverture, rien ne vous résiste…
Oh là là ! C’est drôle, parce que c’est souvent en interview que je m’aperçois qu’on a quand même fait pas mal de choses. J’ai l’impression d’ouvrir la fenêtre sur l’autoroute et de prendre toutes les infos en plein visage ! C’est vrai que ça a été des étapes vraiment remplies de joie.
« J’essaie de faire en sorte que chaque événement me raconte pour que je puisse raconter quelque chose qui marque. Il faut être à la hauteur du souvenir d’une sorte d’iconographie française. Toutes ces étapes ont marqué ma vie. »
Aux Victoires de la musique de l’année dernière, vous avez décroché le trophée de l’album de l’année pour Recommence-moi et dédié cette victoire à vos parents disparus « Un peu de vos voix sont passées dans mon chant et vous vivez un peu puisque je vous survis ». Cette énergie permanente, est-ce une manière de leur rendre hommage ?
C’est vraiment la victoire que je souhaitais le plus au monde. Je ne dirais pas qu’il s’agit de « rendre hommage » parce que ce sont de grands mots qu’on essaie de mettre sur de la mélancolie, et souvent, je le fais mieux en chanson qu’en interview.
Du reste, c’est une paraphrase de Marguerite Yourcenar que j’ai empruntée, parce que quand je perds mes mots, j’aime bien employer ceux des autres. C’est une manière de continuer et de célébrer la vie.
Qu’est-ce que vous diriez à la jeune Santa, celle que vous étiez enfant à Nice ?
Je me suis permis d’arrêter l’école parce que j’étais très – peut-être trop – en avance et trop sensible pour ce système scolaire. Ça m’a permis, justement, de prendre le temps pour être derrière mon piano et lire énormément.
Je ne lui dirais absolument rien, parce que je pense qu’à aucun moment, je voudrais troubler la naïveté et la pureté de l’enfance.
Comment les émotions impactent-elles votre vie ?
L’émotion que je m’interdis est la nostalgie parce qu’elle devient souvent pathétique, pour moi. Et celle qui me guide est l’amour. Franchement, c’est la seule émotion qui pourra tous nous sauver.
Votre prochain rêve à accomplir ?
J’ai beaucoup de projets ! Le prochain est le deuxième album. J’aimerais qu’il soit à la hauteur de mes ambitions avec, encore, un grand spectacle qui l’accompagne. Mais tout en musique. Je pense que la base de tout ça part d’une chanson, bien nouveau. J’aimerais poursuivre la belle histoire. On verra, si elles viennent. Je ne suis que doute.





