« L’interdiction de frapper les raffineries est levée. Ça suffit. » Ce jeudi 15 octobre, Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes. Dans un entretien accordé au Financial Times, le président ukrainien justifie cette décision par la poursuite des bombardements russes contre les infrastructures énergétiques de son pays.
Les forces russes ont notamment ciblé des infrastructures énergétiques ukrainiennes, dont des centrales électriques, privant des habitants d’électricité. Pour Kiev, impossible, dans ces conditions, de maintenir la pause dans les frappes, observée à la demande de Washington.
Le même jour, une raffinerie appartenant au groupe pétrolier russe Rosneft, située dans la région de Riazan, à environ 200 kilomètres au sud-est de Moscou, a été touchée par une attaque de drones, selon le gouverneur régional, Pavel Malkov. Un incendie a été signalé sur le site. En reprenant ces frappes, Kiev entend répondre aux attaques russes, mais aussi perturber les installations qui contribuent au financement de l’effort de guerre de Moscou.
Face à Washington, Zelensky cherche des garanties en Europe
Alors que le soutien américain devient incertain, Volodymyr Zelensky se tourne vers ses alliés européens. Jeudi 15 octobre, à Bruxelles, il a rencontré Emmanuel Macron en marge du sommet européen. L’objectif : maintenir les livraisons d’armes et renforcer la protection des infrastructures ukrainiennes. « Il est capital que nous donnions collectivement à l’Ukraine tous les moyens nécessaires pour se défendre et pour protéger sa population civile et ses infrastructures », a déclaré le président français dans un message publié sur X après leur rencontre.
Ce vendredi 16 octobre, lors du deuxième jour du sommet, Volodymyr Zelensky a appelé les Vingt-Sept à renforcer leur aide avant l’hiver. À son arrivée, il a affirmé vouloir une fin rapide de la guerre, tout en estimant que la Russie ne montrait aucun signe de volonté d’y mettre fin. Kiev réclame notamment davantage de systèmes de défense antiaérienne, une aide énergétique et des financements pour maintenir le pays à flot.
Les Européens entendent également maintenir la pression sur Moscou. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé la préparation d’un 22e paquet de sanctions contre la Russie. Cette mobilisation vise à limiter les ressources dont dispose le Kremlin pour poursuivre la guerre. Elle prend aussi une importance particulière alors que les relations entre Kiev et Washington se tendent.
Un nouveau bras de fer avec Donald Trump
Si les Européens réaffirment leur soutien à Kiev, Donald Trump, lui, critique ouvertement la stratégie ukrainienne. Le président américain reproche à Volodymyr Zelensky d’avoir repris les frappes contre les raffineries russes malgré la pause qu’il lui avait demandé d’observer. Interrogé jeudi 15 octobre par la chaîne américaine Newsmax, il a dénoncé les conséquences de ces attaques sur les marchés pétroliers : « Tout ce qu’il fait, c’est faire grimper les prix mondiaux du pétrole. Je pense que c’est une honte. » Donald Trump est même allé plus loin, comparant ses relations avec les deux dirigeants. « Je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine », affirme-t-il.



