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FMI : le boom de l’IA stimule la croissance mondiale, mais la dette inquiète

Chiffres en bourse (Crédits : BING FUNG / Getty Images)
Les ministres des Finances et les banquiers centraux du monde entier se retrouvent cette semaine à Bangkok, sous l’égide du FMI et de la Banque mondiale. Au programme : choc énergétique, endettement public et essor de l’intelligence artificielle, devenue un moteur inattendu de la croissance mondiale.

« L’intelligence artificielle, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, elle est déjà là. » Le constat de Kristalina Georgieva est sans détour. À l’ouverture des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, lundi 12 octobre à Bangkok, la directrice générale du FMI a souligné le rôle des investissements dans l’IA, qui permettent à l’économie mondiale de maintenir une croissance d’environ 3 % cette année, malgré le choc énergétique. En Asie, cette dynamique pourrait même relever la croissance des économies avancées de 0,5 à 1 point de pourcentage, selon ses estimations.

« C’est cette accélération qui permet à l’économie mondiale de continuer à croître à un rythme d’environ 3 %, malgré le choc lié à l’approvisionnement énergétique », a-t-elle insisté. Mais si l’IA soutient l’activité, ses bénéfices restent inégalement répartis. Les investissements se concentrent dans les pays qui fabriquent les puces et les équipements informatiques, laissant d’autres économies à l’écart. Le marché du travail pourrait lui aussi être profondément bouleversé : selon le FMI, l’intelligence artificielle pourrait concerner près de 40 % des emplois dans le monde, et jusqu’à 60 % dans les économies avancées. Une transformation qui pourrait creuser les inégalités entre travailleurs, selon leur capacité à s’adapter à ces nouvelles technologies.

Une dette mondiale qui atteint des sommets

Mais cette dynamique ne doit pas masquer les fragilités de l’économie mondiale. Si les investissements dans l’IA soutiennent la croissance, les finances publiques restent sous pression. « Le stock de la dette publique mondiale a gonflé à un niveau rivalisant avec le pic d’après la Seconde Guerre mondiale et sa trajectoire le poussera au-delà de 100 % du PIB avant la fin de la décennie », a averti Kristalina Georgieva.

Cette situation est particulièrement préoccupante pour les pays les plus pauvres. Entre les conséquences de la guerre en Iran, la hausse des taux d’intérêt dans les économies occidentales et les effets du changement climatique, leurs finances publiques sont mises à rude épreuve. « Le FMI et la Banque mondiale ne sont pas à la hauteur », estime Kevin Gallagher, du Global Development Policy Center de l’université de Boston. Il appelle à des financements d’urgence et à des investissements de long terme pour rendre ces économies moins vulnérables aux crises.

Même inquiétude du côté d’Alexander De Croo, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). La flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation « ne laisse aucune marge de sécurité à des millions de familles ». Les États doivent ainsi arbitrer entre le soutien aux populations frappées par la crise et les investissements nécessaires à leur développement. Un équilibre difficile à trouver, alors que les perspectives de croissance restent incertaines.

Des prévisions économiques très attendues

C’est dans ce contexte que les prochaines prévisions du FMI sont particulièrement attendues. Publié mardi 13 octobre, le rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale doit permettre de mesurer plus précisément les conséquences des tensions géopolitiques, des perturbations énergétiques et du boom de l’intelligence artificielle sur la croissance.

Avant même la publication de ce rapport, Kristalina Georgieva a résumé le dilemme auquel les gouvernements sont confrontés : « L’économie mondiale est tiraillée entre un choc négatif sur l’offre d’énergie, qui exacerbe l’inflation, et un choc positif sur la demande liée à l’IA, qui dope la croissance. » Plusieurs figures manqueront toutefois à l’appel, dont le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.

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