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Procès OpenAI : Sam Altman concède ne pas avoir « toujours dit la vérité »

« Je ne pense pas que nous connaîtrons le type d'apocalypse de l'emploi que certaines entreprises de notre secteur prédisent ou évoquent », estime le PDG d'OpenAI, Sam Altman. (Photo by YOSHIKAZU TSUNO/Gamma-Rapho via Getty Images)
Deux semaines après le début du procès intenté par Elon Musk contre OpenAI, le PDG de la société, Sam Altman, a été contraint de s'exprimer sur sa réputation d'insincérité, admettant face à l’avocat du milliardaire qu’il lui était arrivé, au cours de sa vie, de ne pas toujours dire la vérité.

Ce 12 mai au procès opposant Elon Musk à OpenAI, c’est l’intégrité de Sam Altman, son PDG, qui a été remise en cause. Le patron de la société d’intelligence artificielle (IA) a dû se résoudre à répondre à Steven Molo, avocat d’Elon Musk, qui lui a demandé s’il était une personne « totalement digne de confiance ». « Je le pense », a d’abord bredouillé Sam Altman, accusé d’avoir trahi la vocation non lucrative de sa société et d’avoir détourné les millions de dollars investis par Elon Musk.

Toutefois, au fur et à mesure que les questions sur sa transparence se sont succédées, le PDG d’OpenAI s’est vu contraint de nuancer ses propos, jusqu’à affirmer qu’il lui était arrivé, à un moment de sa vie, de ne pas dire la vérité. Le duel enclenché entre Sam Altman et Steven Molo a ainsi offert à l’accusation l’un des échanges les plus tendus de cette audience, dans un procès historique pour l’avenir d’OpenAI.

« Dites-vous toujours la vérité ? »

Après Elon Musk, PDG de Tesla et de SpaceX, Satya Nadella, PDG de Microsoft, et Greg Brockman, président d’OpenAI, Sam Altman a à son tour été appelé à la barre. Le PDG d’OpenAI, entreprise étasunienne derrière l’agent conversationnel ChatGPT, a dû faire face à une série de questions formulées par Steven Mollo, l’avocat d’Elon Musk. « Êtes-vous totalement digne de confiance ? », s’est-il enquis au début de son contre-interrogatoire. « Je crois que oui », a répondu Sam Altman, dont la réputation est au cœur de la stratégie judiciaire du camp Musk.

S’il est unanimement salué pour son parcours entrepreneurial brillant et précoce, le PDG d’OpenAI traîne aussi une réputation controversée auprès d’anciens proches et collaborateurs. Lors de son éviction éclair d’OpenAI en novembre 2023, le conseil d’administration lui avait reproché de ne pas avoir toujours été franc dans ses échanges avec lui. Sam Altman avait été réintégré moins d’une semaine plus tard, grâce à la mobilisation des employés, lesquels avaient presque tous menacé de démissionner.

« Dites-vous toujours la vérité ? », a ensuite poursuivi Steven Molo, ce à quoi Sam Altman a répondu, toujours aussi hésitant : « Je crois que je suis une personne sincère ». « Ce n’était pas ma question », l’a repris l’avocat d’Elon Musk. Après un silence, le PDG d’OpenAI a fini par concéder : « Je suis sûr qu’il m’est arrivé, à un moment de ma vie, de ne pas le faire ». Cet échange, dont la conclusion présente sûrement une étape importante dans le procès, pourrait influencer les neuf citoyens américains chargés de trancher dans cet affrontement inédit entre les deux magnats de la tech.

Le ton entre Sam Altman et Steven Molo s’est rapidement tendu, l’avocat d’Elon Musk rappelant plusieurs témoignages à charge entendus pendant le procès.

« Vous avez été traité de trompeur et de menteur, même par des gens avec qui vous faisiez du business, n’est-ce pas ? », a demandé l’avocat. « J’ai entendu dire ça », lui a répondu Sam Altman.

Sam Altman dément avoir volé une organisation caritative

Alors que le procès d’OpenAI entame sa troisième semaine, Sam Altman a tenu, ce 12 mai 2026, à défendre sa position face aux accusations d’Elon Musk, qui lui reproche d’avoir trahi la vocation non lucrative d’OpenAI. L’homme le plus riche de la planète, qui avait investi 38 millions de dollars dans l’entreprise, estime avoir été trompé par son ancien partenaire, alors qu’OpenAI s’est progressivement structurée autour d’un modèle à but lucratif. L’entreprise, valorisée 852 milliards de dollars lors d’une récente levée de fonds, prépare une possible entrée en Bourse susceptible de la valoriser jusqu’à 1 000 milliards de dollars.

Interrogé par son avocat devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, Sam Altman a réfuté l’idée selon laquelle il aurait volé une organisation caritative, comme le prétend Elon Musk. Le PDG de l’entreprise d’IA estime qu’il est « difficile de seulement concevoir une telle formulation » et dit espérer qu’« OpenAI continue de prospérer ». Avec près d’un milliard d’utilisateurs réguliers, Sam Altman affirme que ChatGPT « ne correspond pas à ma conception de ce que signifie détourner une organisation philanthropique ».

La bataille judiciaire initiée par Elon Musk reste toutefois fragilisée par plusieurs éléments versés au dossier, notamment ceux suggérant que le milliardaire cherchait lui-même à contrôler OpenAI. Celui-ci se présente comme un bienfaiteur de l’humanité et rappelle constamment le « danger considérable pour le monde entier » que présente une personne « qui n’est pas digne de confiance aux commandes de l’IA ». Mais le procès a aussi mis en lumière les ambitions de contrôle d’Elon Musk, qui aurait réclamé jusqu’à 90 % d’OpenAI et envisagé un rapprochement avec Tesla.

Sam Altman a adopté une défense persuasive pendant son audition, ce 12 mai, en assurant qu’Elon Musk avait déjà eu vent de la trajectoire aujourd’hui contestée d’OpenAI. Le PDG de Tesla et de SpaceX savait pertinemment que la survie de la société reposait sur des investissements à hauteur de dizaines de milliards d’euros. Ces sommes faramineuses seraient indispensables pour faire élever l’entreprise, recruter les meilleurs talents ou encore financer les recherches. Selon Sam Altman, cette affaire judiciaire initiée par Elon Musk n’est rien d’autre qu’une procédure de « campagne de harcèlement motivée par l’égo, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent ». OpenAI a, dans ce cadre, déposé des contre-plaintes contre Musk, accusé d’adopter un comportement anticoncurrentiel spécifiquement dédié à faire grandir xAI, à la tête du controversé chatbot Grok. Bien que très médiatisée, cette IA demeure bien moins populaire que ChatGPT.

Dans ce procès historique entre les deux magnats de la tech américaine, Elon Musk réclame de lourdes sanctions à l’encontre de Sam Altman, dont son départ d’OpenAI. L’homme le plus riche de la planète exige notamment une redistribution de 134 milliards de dollars à la structure non lucrative d’OpenAI : un montant contesté par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui sortirait selon elle « de nulle part ». Il défend également l’idée d’un retour au statut de fondation pour OpenAI, ce qui obligerait l’entreprise à revoir en profondeur ses liens avec ses investisseurs privés, au premier rang desquels Microsoft et Amazon. Les jurés pourraient commencer à délibérer sur la responsabilité des défendeurs d’ici le 18 mai, avant que la juge Yvonne Gonzalez Rogers ne tranche sur cette confrontation entre deux titans.

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