« El Niño est bien établi et s’intensifie rapidement. Selon les prévisions de l’OMM, la probabilité qu’il persiste jusqu’en février 2027 est proche de 100 %, ce qui pourrait en faire l’un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950 », a déclaré Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), dans un communiqué.
Ce phénomène climatique naturel se caractérise par un réchauffement des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. Mais ses conséquences dépassent largement cette région. En perturbant la circulation atmosphérique, il modifie les régimes de précipitations et favorise, selon les territoires, les sécheresses ou les pluies intenses. À ces perturbations s’ajoute un autre facteur : le réchauffement climatique d’origine humaine, qui accentue déjà les températures mondiales.
Cette prévision repose sur un consensus entre treize centres nationaux et internationaux. Pour affiner leurs estimations, les spécialistes croisent en temps réel les données de bouées océanographiques, de satellites et de radiosondes. Selon l’OMM, le phénomène devrait encore gagner en intensité avant d’atteindre son pic en décembre. Même après ce maximum, El Niño pourrait continuer de produire ses effets pendant plusieurs mois.
Un El Niño qui pourrait faire grimper les températures mondiales
Les thermomètres affichent déjà des niveaux exceptionnels. En août 2026, la température moyenne mondiale a atteint 16,96 °C, un record pour un mois d’août, selon les données de Copernicus citées par l’OMM.
Et la situation pourrait encore s’aggraver. Dans le centre et l’est du Pacifique tropical, les températures de surface de la mer pourraient dépasser de 3,7 °C les normales entre octobre et décembre 2026. Si cette prévision se confirme, l’anomalie dépasserait largement les 2,6 °C enregistrés entre novembre 2015 et janvier 2016, lors du précédent épisode particulièrement intense.
2027 : vers un nouveau record de chaleur ?
Un scénario inquiète désormais les climatologues : celui d’une nouvelle envolée des températures mondiales en 2027. L’année pourrait-elle devenir la plus chaude jamais enregistrée ? Il est encore trop tôt pour le savoir. Mais la combinaison d’El Niño et du réchauffement climatique pourrait favoriser de nouveaux records.
Car le phénomène ne fonctionne pas comme une source de chaleur indépendante. Il redistribue vers l’atmosphère une partie de l’énergie accumulée dans les océans. Or, « l’océan dans lequel il puise est le plus chaud que nous ayons jamais mesuré. Il y a tout simplement davantage de chaleur disponible à libérer », souligne Celeste Saulo. La menace ne se limite toutefois pas aux records de température. En modifiant les précipitations, El Niño fragilise aussi les récoltes et les ressources en eau. Des conséquences qui se font déjà sentir dans plusieurs pays.
Au Sri Lanka, la sécheresse exerce également une forte pression sur les ressources en eau. Selon l’Associated Press, les 74 réservoirs du pays ne contenaient récemment qu’environ un tiers de leur capacité. Pour les agriculteurs, ces réserves insuffisantes compliquent l’irrigation et menacent les récoltes. Chaleur extrême, sécheresses, inondations : les risques sont multiples. Le 23 septembre, l’OMM a appelé les pays à anticiper les conséquences sanitaires du renforcement d’El Niño.



