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Canicules à répétition, océan en surchauffe : Copernicus lance « son avertissement le plus sévère à ce jour »

La canicule à Perpignan, cet été 2026. (Crédits: Horacio Villalobos#Corbis/Corbis via Getty Images)
L’Europe occidentale vient de vivre son été le plus chaud jamais mesuré, marqué par des canicules à répétition, des débits fluviaux exceptionnellement faibles et un stress thermique record. Deux jours après son rapport sur l’état de l’océan, Copernicus documente les effets du réchauffement sur le continent.

L’Europe occidentale vient de vivre son été le plus chaud jamais mesuré, marqué par des canicules à répétition, des débits fluviaux exceptionnellement faibles et un stress thermique record. Deux jours après son rapport sur l’état de l’océan, Copernicus documente les effets du réchauffement sur le continent.

L’été 2026 a dépassé celui de 2003, l’année de la canicule qui a marqué toute une génération : l’Europe occidentale a compté 17 jours où au moins 60 % de son territoire affichait plus de 30 °C, contre 11 il y a plus de vingt ans et 7 l’été dernier. Dans son bilan, ce 2 octobre, le service européen Copernicus sur le changement climatique tranche : jamais l’ouest du continent n’avait connu un été aussi chaud.

La moyenne atteint 21,7 °C, soit 2,5 °C au-dessus de la normale 1991-2020, et dépasse le record de 2003. La chaleur a débordé les mois d’été : des températures quotidiennes inédites ont été relevées dès mai, et d’autres encore en septembre. L’année 2026 compte quatre des dix vagues de chaleur les plus sévères observées en Europe occidentale depuis 1950. Mais une nuance de taille persiste : sur l’ensemble du continent, l’été 2026 se classe troisième, derrière 2024 et 2022. Le record est donc d’abord occidental. À l’échelle du globe, juin-août égale 2024, et août partage avec juillet 2023 le record du mois le plus chaud jamais enregistré, annonçait Copernicus le 10 septembre.

Un continent sous cloche et des fleuves exsangues

Un niveau record de 52 % du territoire européen a subi au moins une fois au cours de l’été un stress thermique au moins « très fort », soit une température ressentie égale ou supérieure à 38 °C. Dans l’ouest, une moyenne de 41 jours de stress thermique au moins fort a été comptabilisée, cinq de plus qu’en 2003, dont 13 de stress très fort, un autre record. Samantha Burgess, responsable de la stratégie climatique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, qui met en œuvre le service climatique de Copernicus, y voit une chaleur de plus en plus étendue et durable.

La chaleur s’est doublée d’une sécheresse qui a laissé les fleuves exsangues : les débits estivaux ont atteint, à l’échelle européenne, leur plus bas niveau depuis le début de la série de données, en 1992, avec des niveaux exceptionnellement faibles sur le Rhin, le Danube, le Boug méridional et le Dniepr. Transport de marchandises perturbé, irrigation sous tension, refroidissement des réacteurs nucléaires et production hydroélectrique sous contrainte : la facture dépasse la météo. Les épisodes de sécheresse se multiplient en Europe depuis quarante-cinq ans. Le continent se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

L’océan, nouveau front de l’alerte

Le 30 septembre, Copernicus avait déjà sonné l’alarme ailleurs. Dans son dixième rapport annuel sur l’état des océans, nourri par 125 scientifiques, le service marin européen, piloté par Mercator Ocean International, parle de « son avertissement le plus sévère à ce jour », alors qu’un épisode El Niño probablement sans précédent se dessine dans le Pacifique, selon les termes de son communiqué. La température de surface a gagné 0,12 °C par décennie entre 1982 et 2025, mais le rythme du réchauffement a doublé en vingt ans. En août, la moyenne quotidienne de la température de surface des océans hors régions polaires a dépassé 21,1 °C, un record. Le contenu thermique de l’océan a aussi atteint en 2025 son plus haut niveau jamais mesuré, et la Méditerranée comme la mer Noire ont connu des canicules marines record en 2024.

Le niveau moyen mondial des mers suit : 4,2 millimètres par an entre 2012 et 2025, contre 2,6 entre 1993 et 2011. L’acidité de l’océan a aussi augmenté d’environ 17 % entre 1985 et 2025 à cause du CO₂ dissous, ce qui complique la fabrication des coquilles chez certains organismes marins. Aux pôles, les écarts sont plus brutaux encore : en Arctique, la température combinée de la surface de l’océan et de la banquise a augmenté de 4,2 °C entre 1982 et 2024, environ 1 °C par décennie, soit près de huit fois le rythme moyen de réchauffement de la surface de l’océan mondial. En mer de Kara, au nord de la Sibérie, cette hausse atteint 1,68 °C par décennie. Depuis 1979, la banquise arctique perd près d’un demi-million de km² tous les dix ans, l’équivalent de la superficie de l’Espagne.

En Antarctique, l’étendue exceptionnellement faible de la banquise en 2022 a coïncidé avec un premier échec de reproduction à grande échelle chez les manchots empereurs : les petits meurent s’ils tombent à l’eau avant d’avoir leur plumage imperméable. L’espèce a été reclassée « en danger » par l’UICN en avril, et plus de 90 % des colonies pourraient être quasi éteintes d’ici 2100 si la perte de banquise se poursuit au rythme actuel. Les petits États insulaires en développement sont également en première ligne : 65 % de la superficie cumulée de leurs zones économiques exclusives connaît une accélération de la montée des eaux depuis 1999. « L’océan se transforme sous nos yeux », résume Pierre Bahurel, directeur général de Mercator Ocean International. Le rapport doit nourrir les politiques d’adaptation et de protection du littoral.

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