Près d’une personne sur sept dans le monde souffre d’un trouble de santé mentale. Il y a donc de grandes chances qu’au moins un de vos proches soit concerné. Le problème, c’est que la plupart d’entre nous ont peu de connaissances à ce sujet, et ont parfois même des connaissances erronées ou inexactes. Si nous cherchons à mieux comprendre ces troubles, nous pourrions mieux identifier les moments de détresse chez nous-mêmes, et demander l’aide nécessaire, mais aussi accompagner des amis, des membres de la famille, des voisins ou des collègues. En tant que psychologue, j’estime que nous pourrions tous bénéficier d’une meilleure compréhension de la santé mentale.
Le concept de « littératie en santé mentale » a été formulé pour la première fois au milieu des années 1990 par un groupe de chercheurs australiens qui ont lancé une série d’études visant à comprendre les connaissances du grand public dans le domaine de la santé mentale. Depuis, des travaux de recherche approfondis ont été menés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Inde et au Japon, entre autres.
Les données issues de 16 études indiquent deux tendances majeures dans la sensibilisation du public à propos de la santé mentale. Premièrement, nous faisons des progrès dans la compréhension des troubles de santé mentale, puisque nous avons identifié qu’ils sont souvent d’origine biologique. Deuxièmement, le recours à une aide professionnelle semble plus démocratisé pour faire face à ces situations. Malheureusement, cela reste largement insuffisant.
Il n’est pas toujours évident de se renseigner sur la santé mentale. Certes, internet est une source d’informations éprouvées et peut répondre à certains besoins en la matière, mais les renseignements véritablement pertinents sont noyés au milieu d’autres informations hors propos. Par ailleurs, les informations que l’on trouve en ligne sont de qualité insuffisante et manquent souvent d’arguments scientifiques. Les recherches internet aléatoires font ainsi plus de mal que de bien aux personnes qui en ont pourtant le plus besoin.
Il existe toutefois des outils vérifiés qui permettent de se former sur la question de la santé mentale. C’est notamment le cas du MOOC « Savoir pour agir sur ma santé mentale », proposé gratuitement par le Centre Ressource de Réhabilitation Psychosociale. Il peut aider à identifier les signes précurseurs d’un trouble et fournir des informations concernant les recours et traitements disponibles.
Des lignes d’écoute sont également à la disposition des personnes qui souffrent d’un trouble de la santé mentale pour leur proposer un soutien psychologique par téléphone. Il en existe plusieurs, notamment Fil santé jeunes ou SOS Amitié. Certaines lignes d’écoute sont même spécialisées dans certaines professions, comme Médecin Organisation Travail Santé pour les professionnels de la santé. Enfin, Santé publique France propose aussi plusieurs ressources en ligne sur son site Santé Mentale info service, qui contient des ressources pour se renseigner et trouver de l’aide.
La sensibilisation à la santé mentale est l’affaire de toutes et tous, mais il convient d’en faire un usage raisonnable, surtout avec autrui. Prenons l’exemple des problèmes d’alcool : vous pouvez identifier les difficultés d’un proche liées à sa consommation d’alcool, mais, malgré votre soutien, s’il n’est pas en mesure d’accepter de l’aide, il convient de respecter ses limites. La littératie en santé mentale peut notamment permettre de déterminer les meilleures approches dans ce genre de situations.
Si vous ou l’un de vos proches êtes concerné(e) par une crise de santé mentale ou avez des pensées suicidaires, composez le 3114, le numéro national de prévention du suicide (confidentiel et gratuit). En cas d’urgence, n’hésitez pas à appeler le 15 ou à vous rendre à l’hôpital le plus proche ou chez un professionnel de la santé mentale.
- Article issu de TIME US - Traduction Mathilde PACE






