Le cancer est généralement une maladie qui se déclenche à un stade avancé de la vie. Pourtant, les chercheurs ont identifié que certains types de cancer (notamment du côlon, du sein, de l’estomac et du pancréas) touchent bien plus de personnes de moins de 50 ans qu’avant.
Dans le cadre d’un rapport récemment publié dans Annals of Internal Medicine, des chercheurs de l’université Vanderbilt aux États-Unis se sont concentrés sur un type de cancer relativement rare : le cancer de l’appendice. Ils en ont identifié des taux croissants, notamment chez les millennials.
Andreana Holowatyj, professeure adjointe d’hématologie et d’oncologie au centre médical de l’université Vanderbilt, a analysé avec ses collègues des données du programme National Cancer Institute’s Surveillance, Epidemiology and End Results, qui enregistre les cas de cancer sur des patients entre 1975 et 2019. La taille de l’ensemble de données a permis à l’équipe de rechercher des différences générationnelles dans les taux de cancer, se concentrant notamment sur le cancer de l’appendice, qui a été considéré à tort comme un cancer colorectal pendant des années (puisque l’appendice est un prolongement du gros intestin).
De récentes études ont montré une augmentation des cas de cancer colorectal chez les moins de 50 ans, et Andreana Holowatyj souhaitait savoir si la même tendance était constatée pour le cancer de l’appendice. Elle explique : « Nous ne connaissons pas les facteurs de risque pour le cancer de l’appendice, nous pourrions en savoir un peu plus en déterminant s’il existe des effets générationnels ».
Dans l’analyse, qui s’est penchée sur plus de 4800 personnes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’appendice, le taux de cancer a été multiplié par trois parmi les personnes nées en 1980 (et par quatre pour les personnes nées en 1985) par rapport à celles nées en 1945. Chaque année de naissance ultérieure à 1945 présente ainsi une augmentation progressive du taux de cancer. À cette époque, les taux d’appendicectomie étaient plus ou moins les mêmes, les chercheurs estiment donc qu’il y a peu de chances que les cas de cancer de l’appendice soient liés à cette intervention chirurgicale.
Selon Andreana Holowatyj, il s’agit sans doute d’une combinaison de plusieurs facteurs qui contribuent tous à l’augmentation du risque de cancer d’un groupe d’âge, comme l’augmentation de l’obésité et du syndrome métabolique, ou encore l’exposition à des facteurs environnementaux. La professeure précise : « Le défi actuel consiste à démêler les facteurs environnementaux, mais aussi les évolutions moléculaires provoquées par ces facteurs, ainsi que leurs conséquences sur nos cellules qui peuvent finir par augmenter le risque de formation de cancer ».
Pour autant, davantage de données sont encore nécessaires pour mieux comprendre le cancer de l’appendice, et tout commence avec une sensibilisation accrue et un meilleur diagnostic. Puisque cette forme de cancer est plus rare que le cancer colorectal, Andreana Holowatyj estime que les professionnels de la santé et le grand public devraient être plus conscients des symptômes potentiels, pour ne pas les ignorer ou les rejeter. Ceux-ci peuvent inclure par exemple des symptômes d’ordre général comme le ballonnement, les changements du transit et la perte d’appétit. S’ils persistent, il est important de consulter un médecin.
La moitié des cancers de l’appendice sont diagnostiqués après s’être propagés, ainsi une plus grande vigilance et une intervention anticipée pourraient être clefs. La professeure conclut : « Bien qu’il soit rare, le cancer de l’appendice devient de plus en plus fréquent. Les individus sont ceux qui connaissent le mieux leur corps, et s’ils constatent le moindre changement ou symptôme, il ne faut pas l’ignorer ».
- Article issu de TIME US - Traduction Mathilde Pace





