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Trump promet 5 000 dollars à chaque Américain adulte pour sauver les midterms

Le président Donald Trump. (Crédits: Tom Williams/CQ-Roll Call, Inc via Getty Images)
À Dallas, Donald Trump a promis 5 000 dollars à chaque citoyen américain adulte si les républicains conservent les deux chambres du Congrès le 3 novembre. Une mesure estimée à plus de 1 000 milliards de dollars, dont le financement reste à préciser.

Un « dividende », c’est le mot choisi par Donald Trump, ce 9 septembre, pour habiller sa dernière offre aux électeurs américains : 5 000 dollars versés à chaque citoyen américain adulte si son camp conserve la Chambre des représentants et le Sénat lors des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre. L’annonce est tombée à la fin d’un discours fleuve prononcé devant la convention nationale du Parti républicain, réunie à Dallas les 9 et 10 septembre, une grand-messe inhabituelle à moins de deux mois d’un scrutin qui s’annonce périlleux pour les siens.

La salle de l’American Airlines Center n’affichait pourtant pas complet. Des rangées entières sont restées vides pendant l’intervention présidentielle, et les podcasteurs pro-Trump, habituellement omniprésents pour relayer la parole présidentielle, brillaient par leur absence. Un signe, parmi d’autres, du peu d’enthousiasme suscité par cette convention hors calendrier électoral classique, la première du genre organisée par le parti avant des midterms.

Les perspectives électorales sont également préoccupantes pour les républicains. Les projections placent les démocrates en position de force pour reprendre la Chambre, et la bataille du Sénat s’annonce serrée. Une bascule qui réduirait fortement la marge de manœuvre législative de Donald Trump pour ses deux dernières années de mandat. Dans le Maine, la sénatrice sortante Susan Collins, pourtant l’une des rares voix critiques du président dans son propre camp, joue sa survie politique. Ailleurs, jusque dans des États acquis aux démocrates comme l’Illinois, des candidats républicains font le déplacement à Dallas pour tenter de grappiller des voix.

Un électorat fatigué qu’il faut remobiliser

« Je vous demande de faire comme si j’étais sur le bulletin », a lancé le président, en écho à une inquiétude bien réelle : une partie de son propre électorat de 2024 se dit lasse, dépitée par le coût de la vie, et peu pressée de retourner aux urnes. Pour la remobiliser, Donald Trump a repris son répertoire habituel : mise en garde contre un basculement vers le « communisme », défense de sa politique migratoire, justification du conflit avec l’Iran, avant de dégainer, en fin de discours, ce qu’il a lui-même présenté comme « le moment le plus important » de son intervention.

La promesse, elle, tranche par son ampleur. Coût estimé par plusieurs médias américains : plus de 1 000 milliards de dollars. Quant au financement, le président n’en a soufflé mot sur scène. C’est son vice-président, JD Vance, qui a tenté de préciser l’annonce dans la soirée, évoquant les recettes des droits de douane relevés par l’administration comme source possible, et suggérant que les foyers les plus aisés pourraient être exclus du dispositif. Sa mise en œuvre nécessiterait toutefois l’approbation du Congrès. Une condition a toutefois été fixée d’emblée par Trump lui-même : l’argent devra être dépensé sur le sol américain. « On ne veut pas que vous alliez au Canada, en Chine ou en Allemagne », a-t-il prévenu, avant de baptiser sa mesure « Trump dividend ».

Le précédent controversé d’Elon Musk

L’idée n’est pas totalement neuve. Donald Trump avait déjà évoqué, ces dernières années, l’idée de verser des « dividendes » aux Américains, d’abord grâce aux économies promises par le Département de l’efficacité gouvernementale confié à Elon Musk, puis grâce aux recettes douanières ; deux promesses restées sans suite. Le procédé, lui, rappelle un précédent controversé, dans un cadre différent : lors de la présidentielle de 2024, Elon Musk avait proposé de tirer au sort, chaque jour, un électeur inscrit dans un État clé pour lui verser un million de dollars, en échange de la signature d’une pétition conservatrice. Rick Hasen, professeur de droit électoral à l’UCLA, avait alors jugé la manœuvre illégale au regard d’une loi fédérale qui prévoit jusqu’à 10 000 dollars d’amende ou cinq ans de prison, ou les deux, pour quiconque « paie, offre de payer ou accepte un paiement » en échange d’une inscription sur les listes électorales ou d’un vote. Cette analyse du dispositif de Musk ne permet toutefois pas de conclure à l’illégalité de la promesse électorale de Trump.

Un parallèle que les opposants démocrates n’ont pas manqué de relever, dénonçant une tentative d’achat de voix à peine voilée. Le candidat démocrate au Sénat James Talarico, qui espère ravir au Texas le siège républicain, organisait justement ce même 9 septembre une collecte de fonds à Dallas pour les familles modestes, en écho à ses critiques répétées contre « les milliardaires donateurs » du camp présidentiel. De son côté, Donald Trump l’a qualifié de « type bizarre » depuis la tribune, sans s’attarder davantage sur les zones d’ombre budgétaires de sa propre promesse.

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