Gabriel Attal a affiché ses premières intentions en tant que candidat à la présidentielle 2027. Après avoir officialisé sa candidature quelques jours plus tôt en Aveyron, le patron de Renaissance a tenté samedi 30 mai de marquer les esprits lors de son premier meeting de campagne présidentielle à Paris, en vantant sa « force d’agir » pour réaliser sa « promesse française ». « Redevenir la première puissance d’Europe en dix ans », mais sans « le sang et les larmes », a également promis l’ancien Premier ministre.
Entre 3 000 et 4 000 personnes se sont rassemblées au parc des expositions de Paris, dans un hall climatisé contrastant avec l’étouffante chaleur dans les rues de la capitale, pour ce premier grand rendez-vous de campagne, une semaine après la déclaration de candidature de Gabriel Attal depuis l’Aveyron. La foule était majoritairement composée de jeunes, dont l’équipe était chargée d’animer la salle. Les personnes plus âgées, les Franciliens vainqueurs à l’applaudimètre, étaient déjà fidèles aux meetings d’En marche, neuf ans après la première victoire présidentielle d’Emmanuel Macron. Depuis, les relations avec le président de la République se sont tendues, notamment après la dissolution.
« Le président m’a fait confiance et ça, je ne l’oublierai jamais », a tenu à rappeler Gabriel Attal, qui s’est ensuite empressé de se présenter comme un candidat de « l’espoir », de « l’avenir » et de « l’optimisme », malgré son image d’ancien fidèle d’Emmanuel Macron, dont il peine encore à se défaire.
« Je laisse à d’autres le sang et les larmes. Moi je vous promets l’action et l’espoir », a-t-il lancé, dans une formule difficile à ne pas lire comme une flèche adressée à son grand rival au centre, le candidat Horizons Édouard Philippe.
Le RN et LFI comme principaux « adversaires » ?
Même si les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron sont en concurrence, avec la perspective d’un rassemblement au début de l’année 2027, Gabriel Attal a tenu à préciser que « mes adversaires, ce ne sont pas ceux avec qui nous avons gouverné jusqu’en 2024 ». Ses « adversaires », a-t-il poursuivi, sont « les marchands de haine, les apôtres du déclin, les artisans de la nostalgie », visant « La France insoumise et le Rassemblement national ».
« Que les Français retrouvent le goût de l’avenir, c’est tout l’enjeu de cette campagne », a-t-il affirmé, dans un discours aux forts accents macronistes. Il s’est notamment présenté comme un lanceur d’alerte face au risque d’une « fracture intergénérationnelle », tout en refusant le retour des vieux clivages politiques et des « conservatismes de gauche comme de droite ».
Devant son auditoire, le candidat Renaissance a formulé « deux promesses » : « redevenir la première puissance d’Europe en dix ans », puis « nous élever ensemble, pour que chaque Français ait la certitude que la génération de ses enfants, de ses petits-enfants, vivra mieux que la sienne ». Selon lui, « c’est la force de ces deux engagements qui nous permettra de briser la tenaille entre les extrêmes ».
Une campagne avec pour capitaux : école, travail, frontière et IA
Le programme complet de Gabriel Attal reste encore à préciser, mais le patron de Renaissance a déjà énuméré ses « quatre chantiers capitaux » : l’école, le travail, les frontières et l’intelligence artificielle. Il a prôné « une école qui rétablit l’exigence de niveau », dans laquelle « le pas de vague, c’est fini ». Il a notamment promis de reprendre des mesures issues du « choc des savoirs », une politique qu’il avait tenté de mettre en place lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale. Il entend également profiter de la baisse annoncée de la démographie scolaire pour viser une école primaire à « moins de 20 élèves par classe ».
À propos des salaires et du travail, il a exprimé son souhait de ne pas laisser ces mots au « monopole » de la gauche et entend présenter prochainement « une stratégie complète pour une hausse massive des salaires ». Concernant les « frontières », le sujet ne doit pas être abandonné « à la droite », a-t-il assuré, réitérant sa volonté de mettre en place une « préférence travail » pour l’immigration, via un système de quotas et en mettant l’accent sur la dimension européenne.
Le candidat à la présidentielle souhaite également faire de la France « la première puissance d’Europe sur l’intelligence artificielle » et s’inscrire ainsi dans la continuité des priorités portées par Emmanuel Macron. Il a aussi promis de résorber « deux dettes : la dette publique et la dette climatique ». Par là, il entend « résorber notre déficit en dix ans au plus tard » et « endiguer l’explosion des dépenses sociales ». Gabriel Attal a de nouveau défendu une réforme des retraites sans âge légal de départ, mais avec « une part de capitalisation ».
Un soutien mitigé et une affiche électorale non conforme
La France devra également « baisser de moitié dans les dix ans à venir [ses] émissions de gaz à effet de serre », a-t-il indiqué. Lors de ce premier grand rendez-vous public, plusieurs personnalités de Renaissance n’ont pas répondu à l’appel, notamment l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé et la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Gabriel Attal a toutefois mis en avant la présence de « 80 parlementaires ». Quatre ministres ont également répondu présents, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
Alors que certaines personnes présentes dans le public estiment Gabriel Attal plus proche des Français qu’Emmanuel Macron, le candidat Renaissance annonce une série de meetings. Sa campagne a toutefois déjà été rattrapée par une polémique autour de son affiche, sur laquelle apparaissent des drapeaux français et européens. Le visuel pourrait difficilement être utilisé tel quel dans le cadre de la campagne officielle, l’article R-27 du Code électoral interdisant, sur les affiches et circulaires à caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs bleu, blanc et rouge lorsqu’elle est de nature à entretenir une confusion avec l’emblème national.
À noter que le drapeau européen apparaît également sur l’affiche de Gabriel Attal. En 2017, la question de la présence des emblèmes français et européens dans les clips officiels de campagne avait déjà fait polémique, même si cette règle existait depuis plusieurs décennies. Le slogan « La force d’agir » rappelle aussi celui testé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2012, avant que le président sortant ne choisisse finalement « La France forte ».





