Un hélicoptère américain Apache a été abattu lundi 8 juin près du détroit d’Ormuz, avant une riposte américaine menée dans la soirée du mardi 9 juin. Donald Trump a lancé « des frappes d’autodéfense contre l’Iran » en représaille « sur ordre du commandant en chef ». L’embrasement reprend dans toute la région, mettant en péril les efforts diplomatiques en vue d’un accord américano-iranien.

Donald Trump promet de « répliquer » face à la destruction d’un de ses hélicoptères par l’Iran. L’armée américaine a mené mardi 9 juin des frappes contre l’Iran après qu’un de ses hélicoptères a été visé par Téhéran avant d’être abattu près du détroit d’Ormuz. « Des frappes d’autodéfense contre l’Iran » ont été menées « sur ordre du commandant en chef », a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), en référence à Donald Trump. « La mission est une réponse proportionnée à une agression iranienne injustifiée », a jugé l’armée américaine.

« La réponse devrait être très forte, très puissante », a déclaré le président américain, d’après des propos rapportés par la chaîne américaine ABC. Selon des médias iraniens, des explosions ont été entendues dans plusieurs lieux sur la côte sud de l’Iran, près du détroit stratégique, où le trafic maritime reste fortement perturbé. À la suite d’une période de calme de courte durée, une deuxième série d’attaques dans la même zone de la région a été attribuée aux États-Unis. Le média en ligne américain Axios rapporte que les frappes ont ciblé plusieurs systèmes de défense antiaérienne et des radars autour du détroit.

De nouvelles frappes iraniennes au Koweït, au Bahreïn et en Jordanie

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a assuré ce mercredi 10 juin sur X après la première vague de frappes que l’armée iranienne ne laissera « aucune attaque ni aucune menace sans réponse ». Donald Trump avait accusé un peu plus tôt les Iraniens d’avoir abattu la veille un hélicoptère militaire américain « de type Apache pendant qu’il survolait le détroit d’Ormuz », dont les deux personnes qui l’occupaient avaient pu au dernier moment s’éjecter. Le président américain, sous pression pour préserver la crédibilité de Washington dans ce conflit, a promis de « répliquer ».

Tôt dans la matinée de ce mercredi 10 juin, l’Iran a annoncé lancer des attaques contre des bases américaines au Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Au Koweït, l’armée a déclaré faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans pour autant préciser d’où provenaient ces attaques. La diplomatie iranienne a jugé plus tard dans la matinée, dans un communiqué, que les pays du Golfe avaient « la responsabilité légale et morale […] d’empêcher l’armée américaine et Israël d’utiliser leur territoire ou leurs installations pour planifier, organiser, exécuter ou soutenir des actions hostiles contre l’Iran ».

En Jordanie notamment, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir « visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F-35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain » d’Azraq. L’armée jordanienne a aussi déclaré avoir abattu cinq missiles iraniens, tandis qu’à Bahreïn, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir mené « une attaque de drones contre la Ve flotte » américaine.

Des conséquences sur le baril… et sur des vies déjà constatées

L’annonce de ces frappes a directement ravivé les tensions sur les marchés pétroliers. Le baril de WTI, référence américaine du brut, s’établissait à 88,06 dollars vers 10 h 08 GMT mercredi, tandis que le Brent reculait légèrement à 91,24 dollars, les investisseurs hésitant entre la crainte d’une escalade et le ralentissement de la demande chinoise. Avant les frappes américaines de cette semaine, le ministre des Affaires étrangères iranien semblait vouloir minimiser l’incident impliquant l’hélicoptère.

« Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d’être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu’elles partent », avait-il notamment affirmé dans un message publié sur X.

Sur un ton plus menaçant, le ministre iranien avait poursuivi : « Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d’autres langues. » Après plus de 100 jours de guerre et l’entrée en vigueur, le 8 avril dernier, d’un cessez-le-feu qui se tenait sur un fil, les attaques entre Israël et l’Iran ont repris dimanche 7 juin. Des frappes qui ont provoqué la mort de trois personnes supplémentaires et de deux militaires, en blessant 15 personnes en Iran, d’après un bilan rapporté par les chaînes de télévision d’État.

L’évacuation d’une ville libanaise à la frontière israélienne

Le président américain avait exhorté les deux pays à cesser « immédiatement » les hostilités, dans un délai de « deux à trois jours ». Alors que le conflit est impopulaire auprès de l’opinion aux États-Unis, Donald Trump semble chercher à mettre un terme à la guerre engagée avec Israël contre l’Iran le 28 février dernier. Téhéran avait d’abord annoncé un arrêt de son opération militaire contre Israël, qui avait ensuite fait de même.

D’après le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, ces nouvelles attaques entre l’Iran et Israël interviennent alors qu’un accord américano-iranien était proche d’être conclu. Téhéran exige par ailleurs que tout accord avec Washington visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient prenne en compte la fin des hostilités sur le front libanais, où s’affrontent depuis le 2 mars dernier son allié, le Hezbollah chiite, et Israël.

Dans la ville de Tyr, à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne dans le sud du Liban, les environs sont pilonnés par l’armée israélienne. Les bombardements ont fait au moins huit morts et plus de 30 blessés mardi 9 juin, selon le ministère libanais de la Santé, tandis que d’autres bilans faisaient état d’au moins 11 morts dans la ville et ses environs. Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre entre le mouvement chiite et l’État hébreu, l’armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris les personnes logeant dans le quartier chrétien. « Le quartier chrétien est désormais vide à 99 % », rapporte auprès de l’AFP Walid al-Tawil, membre du conseil municipal.

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, qui n’ont causé aucun blessé selon l’armée israélienne. L’armée, elle, a affirmé avoir abattu dans le nord d’Israël un homme qui aurait tiré sur des soldats après être parvenu à traverser la frontière depuis le Liban.