La croissance économique européenne se dirige-t-elle vers une impasse ? La zone euro devrait subir de lourdes difficultés en 2026, provoquées par l’envolée des prix de l’énergie, une conséquence directe causée par la guerre au Moyen-Orient selon les prévisions de l’OCDE, dévoilées ce 26 mars. L’organisation économique prévoit notamment une croissance affaiblie et une inflation en hausse, dans un contexte où l’incertitude règne toujours concernant la situation économique mondiale. Le conflit déclenché fin février suite aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont entraîné une flambée des prix du pétrole, du gaz et de produits agricoles comme les engrais, ce qui a bousculé les chaînes d’approvisionnement mondiales.
La zone euro pourrait ainsi subir l’un des plus gros contrecoups. Les principales économies du bloc monétaire sont aussi affectées : l’Allemagne et la France perdent notamment 0,2 point, à 0,8 % de leur PIB, tandis que l’Italie devrait perdre 0,2 point et l’Espagne, dans la même trajectoire, devrait perdre 0,1 point de son PIB. La croissance européenne augmenterait ensuite pour se fixer à 1,2 % en 2027, en partie portée par les dépenses dans le secteur de la défense.
Concernant l’inflation, l’OCDE explique relever nettement sa prévision pour 2026, de 0,7 point pour se positionner à 2,6 %, alors que pour 2027, l’inflation devrait décélérer pour atteindre ensuite 2,1 %. L’inflation dite sous-jacente resterait toutefois « modérée » et gagnerait 0,2 point pour se fixer à 2,3 %. L’OCDE estime que l’atténuation progressive des perturbations sur le marché de l’énergie pourrait avoir lieu d’ici à la mi-mai 2026, même si, selon elle, si la guerre au Moyen-Orient se poursuivait, cela pourrait continuer à amplifier l’impact économique.
Des conséquences sur l’alimentaire mondial
« Une période prolongée de hausse des prix de l’énergie aura pour effet d’augmenter sensiblement les coûts pour les entreprises et l’inflation mesurée par les prix à la consommation, avec des conséquences préjudiciables à la croissance », souligne l’organisation internationale, ajoutant qu’« en cas de prolongement des perturbations, on pourrait aussi voir apparaître des pénuries d’énergie importantes qui freineraient encore la croissance ».
L’Organisation de coopération et de développement économiques évoque notamment les prix de l’urée, qui est l’un des principaux engrais minéraux azotés essentiels à la production agricole, qui ont flambé de plus de 40 % depuis mi-février. « Si cette tendance à la hausse se poursuit, elle aura des répercussions défavorables sur les rendements des cultures et les prix mondiaux des produits alimentaires en 2027 », explique-t-elle.
Dernièrement, les cours du pétrole sont retombés mercredi 25 mars à la suite de l’annonce du déblocage par l’Iran du détroit d’Ormuz pour les navires « non hostiles », et après la transmission d’un plan de paix américain au pouvoir iranien. Mais tandis que Donald Trump se dit optimiste et répète que des pourparlers sont actuellement en cours avec l’Iran, le pouvoir des mollahs, au contraire, assure ne pas avoir l’intention de négocier avec les États-Unis.
Concernant l’économie mondiale, l’OCDE confirme sa prévision concernant une croissance de 2,9 % fixée pour l’année 2026, alors qu’en 2025 la prévision était de 3,3 %. L’OCDE souligne également que la croissance mondiale résistait déjà « bien » avant le déclenchement de la guerre et qu’avant cette escalade elle aurait déjà pu être relevée « d’environ 0,3 point de pourcentage ».
Des économies américaines et chinoises résilientes ?
Dans ce contexte actuel, les États-Unis tirent leur épingle du jeu. Après une croissance de 2,1 % en 2025, la prévision pour l’économie américaine est augmentée de 0,3 point pour se positionner à hauteur de 2 % du PIB américain. Selon l’organisation, « la forte expansion de l’investissement lié à l’IA étant partiellement compensée par un ralentissement de l’augmentation des revenus réels et des dépenses de consommation ».
De l’autre côté du Pacifique, la croissance chinoise devrait rester à 4,4 % puis à 4,3 % en 2027, comme le prévoyaient les prévisions. Concernant les éventuels facteurs de ralentissement du plus grand PIB mondial, l’OCDE cite la fin des subventions publiques en faveur de la consommation, l’augmentation des prix des importations énergétiques, la poursuite de l’ajustement du secteur immobilier qui freineront les investissements des entreprises.
Face au choc des prix énergétiques causé par le contexte international, l’OCDE demande aux banques centrales de « rester vigilantes ». « Si les tensions sur les prix se généralisent ou si les perspectives de croissance se détériorent sensiblement », un relèvement des taux directeurs pourrait être la solution, selon l’institution.




