M. Trump avait signé un décret similaire à son retour à la Maison-Blanche l’année dernière, rebaptisant le golfe du Mexique « golfe d’Amérique ». Ce dernier changement de nom s’inscrit dans une série de mesures de rétorsion prises dans le cadre d’une guerre commerciale sans merci entre les États-Unis et le Canada.
Mardi, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a appelé les habitants à ne pas se rendre aux États-Unis, sauf en cas d’absolue nécessité. « Je demande aux Britanno-Colombiens : si vous avez le choix, évitez de vous rendre aux États-Unis. Choisissez une autre destination pour vos voyages touristiques », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’information. « Si vous pouvez choisir un produit canadien plutôt qu’un produit américain, faites-le… En étant nos meilleurs clients, nous pouvons contribuer à soutenir les Canadiens aux quatre coins de ce merveilleux pays. »
Alors que David Eby mène la campagne en faveur d’un boycott des voyages depuis cette province canadienne, d’autres élus renforcent encore davantage le boycott des produits américains. « Quand on est en guerre, on protège les siens, on protège son propre territoire », a lancé mercredi le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. « On ne va pas aux États-Unis pour acheter un produit. Il n’y a rien que nous ne puissions fabriquer ici, en Ontario, ou ailleurs au pays. »
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a exprimé un sentiment similaire, en affirmant aux journalistes : « Le plus grand pouvoir dont nous disposons, chacun d’entre nous, c’est notre pouvoir d’achat. Nous pouvons choisir, lorsque nous allons à l’épicerie ou à la quincaillerie, d’acheter des produits canadiens. »
Les voyages des Canadiens aux États-Unis ont-ils diminué depuis le retour de Trump au pouvoir ?
Avant l’appel de M. Eby en faveur du tourisme, les voyages des Canadiens aux États-Unis avaient connu une hausse après un recul largement médiatisé. En mai, le nombre de Canadiens se rendant aux États-Unis a augmenté de 9,9 % par rapport au même mois de l’année précédente, selon Statistique Canada. En juin, le nombre de voyages aller-retour effectués par des résidents canadiens depuis les États-Unis a augmenté de 5,0 % en glissement annuel. Le nombre d’Américains se rendant au Canada était également en hausse, avec une augmentation de 6,1 % en glissement annuel.
Cependant, au premier trimestre 2026, les résidents canadiens ont effectué 5,5 millions de voyages comprenant une visite aux États-Unis, soit une baisse de 10,6 % en glissement annuel. Les dépenses des Canadiens lors de leurs séjours aux États-Unis au cours de cette période ont également diminué de 13,6 %.
Les chiffres du début de l’année 2026 s’inscrivent dans une tendance à la baisse des voyages des Canadiens vers les États-Unis depuis le retour au pouvoir de Donald Trump l’année dernière. Une analyse des données de téléphonie mobile publiée en mai par l’Université de Toronto a révélé une baisse médiane de 42 % en glissement annuel des voyages de Canadiens vers les zones métropolitaines américaines.
L’étude a également montré que « lorsque les Canadiens se rendent aux États-Unis, ils visitent moins de lieux et y restent moins longtemps qu’auparavant ». Certaines zones métropolitaines, telles que Myrtle Beach, en Caroline du Sud, et Panama City, en Floride, ont enregistré une baisse du tourisme canadien d’au moins 60 %. En Floride, le recul des visites s’est poursuivi, avec une baisse moyenne de un peu moins de 14 % dans l’ensemble de l’État au cours des six premiers mois de 2026.
Comment les négociations entre les États-Unis et le Canada ont débouché sur une guerre commerciale totale
Les relations entre les États-Unis et le Canada se sont encore détériorées depuis l’échec, la semaine dernière, de négociations commerciales cruciales, qui a entraîné l’entrée en vigueur, le 22 août, de droits de douane américains de 50 % sur divers produits canadiens, sans aucune exception prévue par l’AECG. Le gouvernement Trump a également relancé sa rhétorique consistant à qualifier le Canada d’« État », un clin d’œil à l’ambition affichée par Trump d’annexer le Canada et d’en faire le 51e État, une idée qu’il a évoquée à plusieurs reprises depuis son retour à la Maison-Blanche l’année dernière. Le vice-président J.D. Vance, lors d’un discours prononcé lundi à Brewer, dans le Maine, a déclaré : « Nous devons nous rappeler que le Canada est un État, pardon, lapsus freudien. »
Le Premier ministre canadien Mark Carney, quant à lui, a mis l’accent sur les relations commerciales florissantes du Canada avec d’autres pays. « Rien que l’année dernière, le Canada a signé plus de 20 accords commerciaux et de sécurité sur les cinq continents », a-t-il déclaré mercredi. « Le Canada est désormais l’économie la mieux connectée au monde », a-t-il affirmé, en évoquant les alliances commerciales avec des pays d’Asie du Sud et d’Europe.
En janvier, M. Carney a rencontré le président chinois Xi Jinping afin de forger ce qu’il a qualifié de «nouveau partenariat stratégique» visant à mettre fin à la dépendance économique du Canada vis-à-vis du marché américain. Lors de cette rencontre avec le deuxième plus grand marché d’exportation du Canada, M. Carney a accepté de réduire le droit de douane de 100 % appliqué par son pays aux voitures électriques chinoises en échange d’une baisse des droits de douane sur les produits agricoles canadiens, notamment les graines de colza, un produit d’exportation majeur du Canada.
- Article issu de TIME US - Traduction TIME France






