Donald Trump a indiqué jeudi 11 juin avoir annulé des frappes prévues contre l’Iran et assuré qu’un « très bon accord » pourrait être signé dans les prochains jours en Europe. De son côté, Téhéran a temporisé en affirmant ne pas avoir encore tranché. Les frappes israéliennes se poursuivent toujours au Liban.

Un accord entre les États-Unis et l’Iran est-il réellement sur le point d’être signé ? Téhéran a indiqué ce vendredi 12 juin ne pas avoir, pour le moment, pris de décision définitive concernant l’accord annoncé par le président américain quelques heures plus tôt, qui viserait à mettre fin à la guerre. La diplomatie iranienne a ainsi tempéré les dernières annonces de Donald Trump, qui a évoqué une signature entre les deux pays dès « ce week-end » en Europe. Le président américain a, par ailleurs, annulé la veille des frappes prévues contre l’Iran avant d’assurer qu’un « très bon accord » avait été trouvé.

« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.

Le marché mondial du pétrole revu à la baisse

« Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord », a de son côté affirmé le porte-parole iranien Esmaeil Baqaei aux médias d’État du pays. Donald Trump a estimé que le guide suprême d’Iran, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu’il a qualifié d’« accord-cadre très solide » avec les États-Unis. Il a ensuite assuré que son vice-président JD Vance pourrait aller le signer, éventuellement dès « ce week-end ». Le président américain n’a toutefois pas donné de détail sur le contenu du compromis trouvé, au-delà d’une possible réouverture du détroit d’Ormuz après la signature et d’engagements visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Dans un message publié sur le réseau social X par le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, Donald Trump aurait promis à l’État hébreu que tout accord final devait inclure « l’élimination de l’uranium enrichi » de Téhéran. Alors que les frappes avaient repris régulièrement en début de semaine, cette annonce d’une potentielle résolution du conflit a entraîné une baisse des cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s’affichait à 89,12 dollars vers 3H50 GMT, contre 93,65 dollars vers 16H00 GMT la veille.

Depuis plusieurs mois, les marchés asiatiques sont asphyxiés par ces prix élevés. C’est donc dans cette région du monde que l’annonce d’un possible accord a été accueillie avec le plus de soulagement ce vendredi 12 juin dans la matinée. L’indice Nikkei à Tokyo a notamment grimpé de plus de 3 %, tandis que le Kospi à Séoul a bondi de plus de 8 %.

Des promesses de paix dans le vent ?

Donald Trump avait, la veille, promis de frapper « très fort » l’Iran dans la soirée et menacé de « prendre l’île de Kharg », le principal terminal pétrolier de Téhéran. Mais, ensuite, le président républicain, « prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d’Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes », a annoncé sur son réseau Truth Social avoir « annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l’Iran ». Donald Trump avait déjà promis mardi 9 juin un accord imminent avec Téhéran. Selon un décompte de CNN cité par l’AFP, c’était la 38e fois depuis le début du conflit qu’il faisait une telle promesse.

Dans la soirée de jeudi 11 juin, l’Égypte a appelé Washington et Téhéran à saisir « l’opportunité » d’un accord pour mettre fin à la guerre, dans un communiqué. Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril dernier, avait globalement été respecté jusqu’au week-end dernier, avant une reprise des hostilités cette semaine.

L’armée américaine a indiqué avoir ciblé, dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 juin, « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays ». En riposte, l’Iran a tiré une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq, en Jordanie. Tous les missiles ont été interceptés. Téhéran a également ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. À Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

Le Liban au cœur des négociations ?

Du côté du Golfe persique, le détroit par lequel transitait avant le déclenchement de la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde a concentré de vives tensions : l’autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement « jusqu’à nouvel ordre », alors que le passage d’une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé. L’Iran le verrouille depuis le début du conflit, le 28 février, les États-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche 7 juin quand l’Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth. Téhéran insiste depuis le début des négociations pour que l’accord qui mettrait fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington, allié d’Israël, voulait traiter le sort dans un second temps.

Dans un hôpital de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, dix membres du personnel ont été blessés par un bombardement israélien jeudi 11 juin, a indiqué le directeur de l’établissement à l’AFP. Le Liban est, depuis le 2 mars dernier, aspiré dans cette guerre, lorsque le Hezbollah a visé l’État hébreu en soutien à l’Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, en revendiquant vouloir à tout prix « éliminer » le mouvement chiite. En tout, les opérations israéliennes ont tué plus de 3 700 personnes, principalement dans le sud du Liban, où son armée contrôle désormais une partie du territoire.