Dans les rues de Mexico, des milliers de policiers, militaires et agents privés se tiennent prêts à agir avant le lancement de la Coupe du monde de football 2026 qui s’ouvre jeudi 11 juin au stade Aztèque. Claudia Sheinbaum a promis une cérémonie d’ouverture « dans la paix » malgré des manifestations en cours.

À l’approche de l’un des évènements les plus attendus de l’été, le Mexique fait face à une vague d’instabilité dans sa capitale. À la veille de l’ouverture du mondial 2026, des milliers de policiers patrouillent dans les rues bondées de Mexico tandis que des forces spéciales se préparent à neutraliser d’éventuels membres des cartels mexicains. Les autorités mobilisées auront pour mission de garantir au mieux la sécurité des adeptes sportifs venus spécialement au Mexique pour assister à la Coupe du monde de football qui démarre ce jeudi 11 juin avec le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud. 

Trois mois et demi avant le tournoi, le pays a vécu la mort d’un puissant narcotrafiquant, Nemesio Oseguera dit « El Mencho », lors d’une opération de l’armée mexicaine, appuyée par les renseignements américains, ce qui a ensuite provoqué des violences dans toute une partie de l’ouest du pays. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a qualifié à la suite des manifestations d’enseignants de « provocation » mardi 9 juin car. Les protestations qui regroupaient des milliers de personnes bloquaient les rues de la capitale à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde de football 2026.

Des manifestations aux abords du stade Aztèque

Un groupe dissident du syndicat de l’éducation, la CNTE, est en grève depuis la semaine dernière pour exiger une augmentation de salaire et l’abrogation d’une loi sur les retraites, des demandes que le gouvernement juge irréalisables. La présidente mexicaine a toutefois appelé au dialogue et a exclu de donner l’ordre à la police de réprimer les manifestations.

La semaine passée, un groupe de manifestants a fait irruption dans le ministère de l’Éducation situé dans la capitale, lors d’une nouvelle journée de mobilisation. « Ils veulent nous amener à une répression à l’approche de la Coupe du monde », regrettait Claudia Sheinbaum. Des milliers d’enseignants ont formé mardi 9 juin un long cortège sur la route principale menant au stade Aztèque où se déroulent la cérémonie et le match d’ouverture. 

Des milliers de policiers leur ont bloqué l’accès et la manifestation s’est terminée sans incidents. Un nouvel appel à manifester pour exiger de meilleures conditions de travail a été lancé pour jeudi 11 juin, fameux jour J du Mondial 2026 devant le stade Aztèque. « Nous allons garantir » que la Coupe du monde « se déroule bien, dans la paix et la tranquillité », a déclaré Claudia Sheinbaum lundi 8 juin alors qu’elle doit assister au match d’ouverture. La présidente mexicaine ne doit toutefois pas assister au match dans l’enceinte du stade : elle a indiqué avoir offert son billet et prévoit de suivre l’ouverture depuis le Zócalo, la grande place centrale de Mexico.

Anticiper la sécurité de 5 millions de personnes 

Ces évènements ont mis les autorités mexicaines en alerte, tout comme les protestations sociales des dernières semaines de la part d’enseignants et de familles de personnes disparues en colère. Des regroupements qui pourraient sérieusement compromettre la sécurité du tournoi mondial. Le Mexique attend en tout la visite de 5 millions de personnes pendant la grand-messe du football, un chiffre qui est loin d’être inhabituel pour le pays d’Amérique du Nord qui est chaque année fréquenté par des dizaines de millions de touristes attirés par des compétitions de Formule 1, par ses gigantesques concerts ou son patrimoine.

« La ville a une énorme expérience dans l’organisation de ce type d’événements, dans la gestion des foules. La confiance est là », a assuré auprès de l’AFP le chef de la police de Mexico, Pablo Vazquez.

C’est la troisième fois que le pays organise une Coupe du monde. Cette année, c’est conjointement avec les deux autres pays de la région, les États-Unis et le Canada, que le Mexique co-organise le tournoi.

Dans la capitale mexicaine, la police a notamment mis en place d’importantes patrouilles dans les rues ainsi que dans les quartiers fréquentés la plupart du temps par les touristes comme Roma et Condesa. Le déploiement est encore plus important dans le centre, avec des unités antiémeute. Les quelques jours avant l’ouverture de la Coupe du monde ont surtout été marqués par des manifestations d’enseignants en grève, qui ont bloqué des routes, ce qui a par conséquent conduit le gouvernement à fermer via des barrières métalliques les accès à la grande place centrale, le Zócalo.

100 000 membres comprenant militaires, policiers, agents privés…

Après la mort du chef narcotrafiquant « El Mencho », son cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) a orchestré de violentes réactions provoquant le chaos dans l’ouest du Mexique, allant de blocages de routes, de voitures incendiées, d’attaques à des stations-service, de commerces et de banques jusqu’à des affrontements avec des autorités dans 20 des 32 États mexicains. À la fin du mois de février, la présidente mexicaine a affirmé qu’il n’y aurait « aucun risque » pour les supporters du Mondial et que « toutes les garanties » de sécurité devraient être réunies autour des matches programmés à Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco.

Le Mexique devrait accueillir 13 matches de la Coupe du monde, dont quatre à Jalisco, berceau du cartel qui porte son nom. Le pays a adopté pour le Mondial le « plan Kukulkan », qui prévoit le déploiement de 100 000 membres des forces de sécurité répartis entre militaires, policiers et agents privés. « Le principal défi est que cette Coupe du monde soit l’une des plus réussies de l’histoire », a affirmé, confiant, le lieutenant-colonel Manuel Cabrera, commandant en second, avant d’ajouter : « Soyez sûrs que la paix est garantie ici. » Pour en avoir le cœur net, rendez-vous jeudi 11 juin.