Emmanuel Grégoire répond à l’urgence du périscolaire parisien. Le nouveau maire de Paris a dévoilé ce vendredi 3 avril son « plan d’action », qui, depuis une semaine, est très attendu. Pour le sujet brûlant des violences sexuelles dans le périscolaire, le maire de Paris annonce chiffré à « une vingtaine de millions d’euros » et veut garantir une « transparence totale envers les familles ». Le maire socialiste élu la semaine dernière, dimanche 29 mars, va également mettre fin au poste de défenseur des enfants qui avait été créé en décembre dernier par l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo. Le poste était occupé par Dominique Versini, anciennement ministre sous la présidence de Jacques Chirac. « Il y a déjà un défenseur des enfants au niveau national », a indiqué l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo. Emmanuel Grégoire avait affirmé dès son élection vouloir faire du périscolaire la « priorité absolue » de son début de mandat.
La mise en place d’une « commission indépendante »
Emmanuel Grégoire est attendu au tournant par les associations et collectifs de parents d’élèves en colère à la suite des nombreuses révélations d’agressions sexuelles dans les écoles de la capitale qui se multiplient. Après avoir reçu lundi 30 mars les collectifs et associations, le maire a annoncé dans un entretien au Monde que son plan d’action à destination des écoles s’élève à « une vingtaine de millions d’euros ». Il a notamment promis de « communiquer chaque trimestre les statistiques et le nombre de suspensions d’animateurs », des données que les collectifs de parents d’élèves peinent à obtenir. Un « livret d’accueil » ainsi que des réunions de rentrée périscolaire seront mis en place dans « chaque école », déclare Emmanuel Grégoire, ajoutant qu’il s’engage « à ce que l’intégralité des conclusions des enquêtes administratives, quand il y a eu un signalement, soient restituées aux familles concernées ». L’ancien adjoint de l’Hôtel de ville poursuit qu’il installera aussi une « commission indépendante pour établir un état des lieux complet et nous rendre des préconisations ».
Une « chaîne de signalement simple, accessible et identifiée » devrait également s’installer comme ce que le collectif SOS Périscolaire avait déjà réclamé. Le mouvement citoyen #MeeTooEcole qui avait lancé une pétition qui avait recueilli plus de 22 300 signatures, a affirmé vouloir qu’une « enquête administrative globale » soit lancée, une demande qui avait été faite depuis un long moment par l’opposition. Les parents pourront à l’avenir « saisir directement » une « cellule d’écoute et de signalement », ajoute-t-il. Emmanuel Grégoire s’est également voulu intransigeant en affirmant que la mairie suspendrait « au moindre soupçon » les animateurs accusés.
78 animateurs suspendus depuis début 2026
« L’immense majorité des cas » de violences sexuelles « datent de 2024 et surtout de 2025 », souligne le successeur d’Anne Hidalgo, principalement dans les établissements pour les maternelles. L’année passée, trente animateurs avaient été suspendus à Paris, treize d’entre eux avaient été accusés de faits à caractère sexuel, selon des chiffres de la mairie. Depuis janvier 2026, neuf animateurs d’une même école maternelle dans le 12ᵉ arrondissement de la capitale ont été suspendus pour suspicions de violences physiques et sexuelles. Emmanuel Grégoire a également révélé que 78 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année. 31 d’entre eux sont suspectés de violences sexuelles, a-t-il déclaré ce vendredi 3 avril auprès du Parisien.
Emmanuel Grégoire avait quitté en 2024 son poste de premier adjoint afin de consacrer sa carrière en tant que député. « S’il y a eu une erreur collective, celle-ci a été de prendre ces affaires comme des cas isolés là où ils traduisent un risque systémique et peut-être même une omerta systémique. Il y a eu du silence, avec parfois des équipes managériales de proximité un peu isolées », a-t-il déploré. Plus jeune, le maire actuel de Paris a lui-même été victime de violences sexuelles en milieu périscolaire. Au-delà des mesures urgentes qu’il engage contre ces violences, l’édile souhaite mettre en place une convention citoyenne sur le périscolaire et les temps de l’enfant ». « Dès avril », le maire devrait réunir parents, professionnels éducatifs, experts, associations et un groupe d’enfants dans l’objectif d’organiser la semaine et la journée d’école organisées à la sensibilisation du milieu périscolaire.
Des semaines de 4 jours à Paris ?
Questionné sur les rythmes scolaires, Emmanuel Grégoire a affirmé qu’il n’aurait « aucun tabou » sur la semaine de 4,5 jours d’école en vigueur à Paris depuis 2013, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il « prend acte » que la convention nationale sur les temps de l’enfant a recommandé de conserver la semaine de 4,5 jours, mais dit entendre les arguments en faveur du retour à la semaine de 4 jours, qui permettrait aux enfants de ne pas avoir d’école le mercredi comme la plupart des écoles en France. Une mesure qui était prônée par sa concurrente aux dernières municipales, Rachida Dati.
« Cette organisation ne peut pas se faire au détriment de la sécurité des enfants, et le morcellement des temps a montré ses limites », constate Emmanuel Grégoire qui doit encore attendre les conclusions de la convention mi-juin pour pouvoir trancher. Dans les deux prochains mois, la formation sur la prévention des violences faites aux enfants sera « généralisée à tous les agents de la ville ». En septembre prochain, une « école parisienne du périscolaire » qui dispensera de deux jours de formation initiale obligatoires ouvrira.




