Vers une solution diplomatique ? L’Iran a appelé les émissaires du président américain Donald Trump au « respect mutuel » dans le cadre des pourparlers qui se tiennent ce vendredi 6 février. En fin de matinée, le gouvernement iranien a annoncé sur le réseau social X que les discussions étaient déjà entrées dans leur « deuxième phase ». Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a déclaré dans un message publié sur X que « l’égalité, le respect mutuel et l’intérêt réciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d’un accord durable ». À l’heure où les négociations s’ouvrent à Mascate, la capitale d’Oman, Abbas Araghchi, qui représente son pays aux pourparlers, rappelle que Téhéran souhaite strictement limiter les discussions à son programme nucléaire. Le représentant iranien a commencé par rencontrer ce vendredi matin son homologue du sultanat d’Oman, Badr al-Busaidi. Ils ont pu évoquer les « sujets bilatéraux, régionaux et internationaux les plus importants », rapporte l’agence de presse iranienne Mehr. L’agence a notamment publié une photo des deux diplomates se serrant la main avec des drapeaux de leur pays respectif.
Les nouveaux pourparlers se déroulent alors que Donald Trump a déployé des flottes, dont un porte-avions, dans la région du Golfe et n’a pas exclu de recourir une nouvelle fois à la force en cas d’échec des négociations. Le ministre des Affaires étrangères iranien a souligné que « l’Iran s’engagerait dans la voie diplomatique en toute lucidité » ainsi qu’en « gardant à l’esprit les événements de l’année écoulée ». Abbas Araghchi a ajouté vouloir agir dans la « bonne foi » et défendre « fermement » les droits de l’Iran. Pour les Américains, ces pourparlers seront menés par l’émissaire du président américain, Steve Witkoff. Les États-Unis interviennent à la suite des violentes répressions perpétrées par le pouvoir iranien lors de vastes manifestations qui ont débuté à la fin du mois de décembre à Téhéran. Cette vague de contestations contre le régime islamique a causé la mort de milliers de manifestants.
Des pourparlers portant sur le nucléaire iranien
Donald Trump s’est félicité ce jeudi 5 février. Les Iraniens « négocient », a affirmé le président américain, ajoutant : « Ils ne veulent pas que nous les frappions. » Il a également rappelé que les États-Unis avaient envoyé « une grande flotte » de guerre dans le Golfe. Après avoir menacé de frapper l’Iran ces dernières semaines en soutien aux manifestants réprimés, Donald Trump concentre désormais son discours sur le contrôle du programme nucléaire iranien. « Le président a clairement exprimé ses exigences envers le régime iranien. Il a été très explicite sur le fait qu’il souhaitait une capacité nucléaire nulle », a déclaré ce jeudi 5 février dans la soirée la porte-parole du gouvernement américain, Karoline Leavitt, soulignant également que le président américain est aussi « le commandant en chef de l’armée la plus puissante de l’histoire ». Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément. L’Iran souhaite faire valoir son droit à développer une filière nucléaire civile.
Téhéran a martelé vouloir discuter du dossier nucléaire, mais seulement dans l’objectif d’obtenir une levée des sanctions internationales qui continuent d’impacter fortement l’économie du pays. Le régime iranien a donc rejeté toute négociation sur son programme balistique ou son soutien à diverses organisations hostiles à Israël et à l’Occident, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. « Les pourparlers portent sur le nucléaire », a insisté le jeudi 5 février dans la soirée la télévision d’État iranienne, citant un responsable de la délégation.
« C’est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre »
Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, a lui aussi été catégorique : pour aboutir à un accord entre les deux parties, les négociations devront forcément « inclure certains éléments » comme « la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes », ou encore « le traitement réservé à leur population ». D’après l’Institute for the Study of War, basé aux États-Unis, « l’Iran continue de faire preuve d’inflexibilité face aux demandes des États-Unis », ce qui « réduit la probabilité » de trouver éventuellement « une solution diplomatique ». Face au maintien des menaces d’attaques et d’intervention militaire par Washington, Téhéran a répété qu’il riposterait contre des bases américaines dans la région en cas d’attaque, n’excluant pas le risque d’une escalade du conflit à l’échelle régionale.
Le général iranien Mohammad Akraminia, cité par la télévision d’État, a lui-même confirmé ces dires ce jeudi 5 février : « Nous sommes prêts à nous défendre, et c’est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre. » Il a également averti que l’État iranien avait un accès « facile » aux bases militaires américaines dans le Golfe. « L’Iran est pleinement prêt à faire face à toute menace et à tout ennemi étranger », a aussi déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères et conseiller de l’ayatollah Khamenei, Ali Akbar Velayati, selon l’agence iranienne Isna.
Ces discussions sont les premières depuis les frappes sur les sites nucléaires iraniens menées en juin 2025 par l’armée américaine. Ces attaques avaient eu lieu pendant la guerre de douze jours, déclenchée par une attaque de missiles israélienne contre des bases iraniennes. L’Iran et les États-Unis avaient mené des négociations lors d’un gel du conflit dans le sultanat d’Oman. Elles étaient cependant face à un mur quand il s’agissait de la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.




