C’est dans un contexte toujours tendu que les différentes parties s’apprêtent à se retrouver. Les négociateurs ukrainiens, russes et américains se retrouvent ce mercredi 4 février pour faire avancer les pourparlers et mettre fin à la guerre, malgré les tensions persistantes. Ces discussions ont lieu à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis. Au mois de janvier déjà, des discussions s’étaient déroulées entre les deux partis concernant le plan de paix proposé par Washington, sans réel succès.
Le président américain Donald Trump a affirmé la veille qu’il souhaitait que Vladimir Poutine « mette fin à la guerre », à la suite de frappes russes qui ont de nouveau visé Kiev ces derniers jours. Dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 février, des missiles et des drones ont touché les villes de Kharkiv, dans le nord-est, et d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine. Deux personnes ont péri dans une de ces frappes dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk, dans le centre-est du pays, ont annoncé les autorités locales.
« Ils continuent de miser sur […] la destruction de l’Ukraine »
Des attaques visaient des sites énergétiques ukrainiens. Kiev subit une nouvelle fois des coupures de chauffage et de courant, alors que les températures hivernales descendent la nuit jusqu’à -20°C. Volodymyr Zelensky a affirmé ce mardi 3 février que « chaque frappe russe de ce type confirme que l’attitude de Moscou n’a pas changé : ils continuent de miser sur la guerre et la destruction de l’Ukraine ». Le président ukrainien a assuré que Kiev serait prête à poursuivre les hostilités et que « le travail de l’équipe de négociation » ukrainienne sera « adapté en conséquence », sans apporter plus de précisions.
Du côté russe, les forces continuent de couvrir du terrain, occupant désormais près de 20 % du territoire ukrainien. Le Kremlin continue de faire pression et menace d’atteindre ses objectifs par les armes si la diplomatie échoue. L’agence officielle Tass a indiqué ce mercredi 4 février que la délégation russe était arrivée dans la capitale des Émirats arabes unis. Le principal négociateur russe sous sanctions occidentales et chef du renseignement militaire, Igor Kostioukov, représentera les intérêts du Kremlin, tandis que la délégation ukrainienne sera menée par le chef du Conseil de la sécurité nationale et ancien ministre de la Défense Roustem Oumerov. La délégation inclut également Kyrylo Boudanov, le nouveau chef de l’administration présidentielle et ancien chef du renseignement militaire ukrainien. Lors des précédentes négociations, la délégation américaine était dirigée par l’émissaire proche de Donald Trump, Steve Witkoff, ce qui devrait de nouveau être le cas.
Des négociations territoriales « mises en scène » ?
Les désaccords entre Russes et Ukrainiens portent principalement sur la question territoriale. Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent complètement des zones encore sous leur contrôle, notamment dans la région de Donetsk, à l’est de l’Ukraine. L’Ukraine refuse cette demande mais redoute que Washington appuie la position russe. Cette région minière et industrielle revendiquée par Moscou est le point central des combats depuis le début de la guerre et abrite les plus puissantes défenses ukrainiennes face aux assauts russes. Kiev penche de son côté pour un gel du front et un arrêt des combats à la ligne de démarcation actuelle. Sur le front, les troupes russes ont accéléré leurs avancées depuis le début de l’année, s’emparant de près de deux fois plus de territoires que le mois précédent, selon une analyse des données de l’Institut pour l’étude de la guerre américain par l’AFP.
Malgré les nouveaux pourparlers qui s’ouvrent ce mercredi 4 février, les Ukrainiens interrogés par l’AFP doutent qu’un accord puisse être conclu avec la Russie. Pour un habitant de Kiev, « tout cela n’est qu’une mise en scène […] Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur ». La guerre entre les deux pays s’est déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Depuis, elle est devenue le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, faisant des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.




